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[Cultures de l’imaginaire] Steampunk : un nouveau genre pour la littérature de l’imaginaire ?

30 juin 2014

Montre à gousset

Depuis quelques années, un nouveau courant littéraire s’est démocratisé au sein de ce que l’on nomme la littérature de l’imaginaire : le steampunk. Le terme reste assez mystérieux, nous allons donc tenter de le définir et de relater son évolution.

La littérature de l’imaginaire

Nous pouvons définir la littérature de l’imaginaire comme une littérature regroupant de nombreux genres différents, ayant comme point commun de situer leurs récits dans un univers différent de notre réalité. Les plus connus sont le fantastique, la science-fiction et la fantasy (appelée parfois « littérature fantaisie » ou « littérature du merveilleux ») :

  • Le fantastique situe l’action dans notre univers réaliste, mais ce dernier va peu à peu se faire contaminer par le surnaturel, les personnages mettant souvent en doute leur santé mentale puisque l’action se passe dans un univers réaliste (Le Horla de Maupassant (1886 − 1887), les romans de H. P. Lovecraft dans les années 1920).
  • Au contraire de la fantasy qui se passe directement dans un monde où le merveilleux est à la fois présent et parfaitement admis (Le Seigneur des Anneaux de J. R. R. Tolkien, publié en 1954 − 1955).
  •  Quant à la science-fiction, il s’agit généralement de récits ayant lieu dans le futur ou alors sur d’autres planètes de notre système solaire, ou encore sur des mondes parallèles. La technologie y prenant une place particulièrement importante (Les chroniques martiennes de Ray Bradbury (1950), les romans d’Isaac Asimov, publiés de 1950 à 1986).

Outre ces genres connus et reconnus, la littérature de l’imaginaire est composée de sous-genres dont le grand public est moins familier. Le steampunk est l’un d’entre eux. Il peut plus précisément être défini comme une uchronie, c’est-à-dire un univers parallèle au nôtre dans lequel un événement du passé a été modifié ; cet événement a à son tour provoqué un changement qui a fait évoluer  toute la société dans une direction totalement opposée à la nôtre.

Dans le steampunk, ce changement s’est passé au XIXe siècle, où l’avancée technologique a pu faire un bond en avant, mais de manière complètement anachronique. Plutôt que de privilégier l’électricité ou le moteur à combustion interne, les technologies d’un monde steampunk  privilégient les machines à vapeur du début de la révolution industrielle. Cet environnement donne avec les protagonistes, leurs costumes et leurs manières de s’exprimer cette atmosphère si particulière. Il s’agit d’une époque victorienne fantasmée, dans laquelle les machines utilisant de la vapeur et des rouages sont nombreuses. Il y a, dans les univers steampunk, différentes innovations futuristes qui gardent cette esthétique propre à l’époque. Nous pouvons y trouver des dirigeables, des phonographes, et de nombreuses autres inventions plus futuristes, que Jules Verne n’aurait pas reniées, à l’instar de son Nautilus. Si les romans de Jules Verne avaient été écrits à notre époque, ils auraient été parfaitement « steampunk », mais ces romans ayant été écrit au XIXe siècle, il s’agissait alors de romans de « merveilleux scientifique ».

Nous pouvons affirmer de manière sérieuse que le futur est particulièrement présent dans le steampunk. En effet, pour citer une phrase de l’écrivain Daniel Riche, qui apparaît dans son anthologie française de littérature steampunk, Futurs antérieurs (Fleuve noir, 1999) : « le steampunk s’efforce d’imaginer jusqu’à quel point le passé aurait pu être différent si le futur était arrivé plus tôt ». Si le terme « uchronie » est récent, son concept est beaucoup plus ancien puisque c’est en 1836 que l’écrivain Louis Geoffroy a écrit Napoléon apocryphe, un récit imaginaire dans lequel Napoléon n’a pas été défait lors de sa campagne en Russie et où il instaurait une monarchie universelle. Le concept d’uchronie était donc à la base un domaine philosophico-politique, mais ces dernières années ce concept est davantage traité sous le prisme de la fiction romanesque.

Quant au steampunk, il s’éloigne du questionnement politique et philosophique. En effet, dans la majorité des romans steampunk ce n’est pas le changement historique et les réflexions en découlant qui sont mis en valeur. Les anachronismes sont nombreux, il s’agit plus d’un fantasme historique qui permet la création d’une esthétique et d’un monde particulier. Cette attention, plus portée vers l’univers créé que vers les enjeux historiques, a donné lieu à des débats parmi les lecteurs de la littérature de l’imaginaire. Certains pensant que le steampunk se rapproche plus de la fantasy que de la science-fiction, l’univers steampunk n’étant pas aussi regardant sur la cohérence scientifique. Mais c’est sur un point philosophique que le steampunk s’éloigne de la dystopie. La dystopie définie des romans ayant lieu dans un futur d’anticipation très sombre (le contraire de la notion communément admise de l’utopie). Ils anticipent les dérives de la société et en exposent les conséquences : l’univers est généralement dominé par des régimes totalitaires. Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley (1932) et 1984 de George Orwell (1949) en sont une bonne représentation, bien que le terme « dystopie » soit plus récent et que le grand public l’ait surtout connu avec la trilogie Hunger Games de Suzanne Collins.

héroïne stempunk du livre Les Foulards rouges

Les sources du steampunk

Steampunk. Quel étrange terme pour définir des uchronies victoriennes. Avec ce terme clairement anglophone, nous voyons l’intérêt du mot steam(vapeur) qui fait référence aux machines à vapeur de la révolution industrielle, mais celui de punk reste plus mystérieux : en effet, qu’est-ce qu’un punk pourrait faire au XIXe siècle ? Peut-on traduire « steampunk » par « voyou à vapeur » ?

Le terme a été créé par K. W. Jeter, un auteur californien qui a inventé le genre pour qualifier les aventures parodiques qu’il écrivait avec deux de ses amis : Tim Powers et James P. Blaylock. En 1975, ces récits devaient à la base former une série de dix volumes ayant pour thème les réincarnations du roi Arthur à travers différentes époques, récits commandés par Roger Elwood (directeur de collection chez l’éditeur Laser Books). C’est en cherchant de la documentation sur le XIXe siècle que Jeter découvre les livres d’Henry Mayhew, qui portent sur les bas-fonds de Londres de cette époque ; les écrivains, qui étaient déjà des admirateurs de Dickens, y ont trouvé la matière suffisante pour créer leur propre univers. La série n’a jamais été publiée, mais les manuscrits ont pu paraître individuellement chez d’autres éditeurs. C’est ainsi que Morlock Night de Jeter a été édité en 1979 (récit inédit en France), le roman de Powers s’intitule Les Voies d’Anubis, celui de Blaylock :Homunculus. Les auteurs se sont ensuite demandé comment qualifier ces fantaisies victoriennes et c’est Jeter qui a imaginé le terme « steampunk ». Il s’agit d’une allusion ironique au genre cyberpunk, le steampunk a été créé à partir de cette simple boutade. En effet, le steampunk est beaucoup moins « sérieux » que le cyberpunk, de fait de l’humour, des anachronismes, des personnages hauts en couleur (parfois grotesques) présents dans les livres du trio d’auteurs que nous venons d’évoquer.

Le terme cyberpunk se popularise en 1984. Il s’agit d’un genre à la croisée du roman noir et de la science-fiction, c’est un genre urbain, futuriste et sombre. Il y a de nombreuses fusions entre le corps humain et la machine ; l’esthétique en a été influencée par le film Blade Runner de Ridley Scott (1982). Le préfixe cyber (du terme cyberpunk) vient du cyberspace : monde virtuel dans lequel le protagoniste peut se projeter. Le film Matrix s’en est d’ailleurs fortement inspiré. Le punk du mot cyberpunk est une influence directe des musiciens punks des années 1970, puisqu’il s’agit d’une révolte contre la société et de ce qu’elle représente, les personnages cyberpunks étant généralement en opposition face à toute forme d’oppression. Le steampunk garde le punk, mais c’est plutôt pour souligner avec second degré qu’il s’agit là d’une sous-culture ; il est loin d’avoir le même engagement que le cyberpunk et son idéologie libertaire.

Pour en revenir au steampunk, le terme a gagné au fil du temps de plus en plus d’importance, jusqu’à devenir un genre à part entière, qui gagne de plus en plus d’adeptes. Comme dans tous les genres commençant à prendre de l’importance, certains lecteurs auraient tendance à estampiller « steampunk » des livres écrits avant l’invention du terme et ayant le même type d’univers. Il est donc possible d’entendre parler de proto-steampunk pour des ouvrages datant des années 1960 − 1970, alors que le terme rétro-futurisme serait peut-être plus adapté puisqu’il s’inscrit dans un champ plus large et est apparu au cours des années 60. Le proto-steampunk a d’ailleurs ses limites puisque le genre steampunk est déjà une imitation de l’anticipation du XIXe siècle, avec ses technologies inspirées entre autres par Jules Verne, H. G. Wells ou encore Albert Robida.

Engouement récent pour un mouvement esthétique et culturel

Si tout le monde ne connaît pas encore le mot « steampunk », la majorité des personnes en reconnaît l’univers et son esthétique particulière. Cette esthétique représente un XIXe siècle fantasmé, particulièrement présent dans l’imaginaire collectif. Le steampunk revoit l’imagerie d’une époque et, par une évocation, du passé arrive à en faire revivre l’ambiance de manière exagérée. C’est pour cette raison que lorsqu’on découvre pour la première fois un univers steampunk, nous avons déjà des idées préconçues et nous n’avons pas de mal à concevoir la logique de ce monde, tout en restant dépaysés par la technologie. Il s’agit bien d’une esthétique rétro-futuriste. De plus, contrairement à la science-fiction, le steampunk n’a pas besoin d’expliquer parfaitement la technologie utilisée pour faire rêver le lecteur. Elle contient souvent une part de mystère, à l’instar des inventions de Jules Verne. Comme le déclare le capitaine Nemo au professeur Aronnax dans Vingt mille lieues sous les mers : « Mon électricité n’est pas celle de tout le monde, et c’est là tout ce que vous me permettrez de vous en dire »

Le steampunk a depuis longtemps dépassé les barrières de la littérature pour toucher d’autres supports comme la bande dessiné, les mangas, les films, mais aussi les jeux. C’est un genre particulièrement visuel qui introduit dans le récit une esthétique particulière : des rouages, des machines à vapeur, un mélange d’époque et de technologie. Le graphisme singulier ne manque pas d’inspirer dessinateurs et réalisateurs, que ces œuvres soient considérées comme steampunk ou proto-steampunk. Pour la bande dessinée, nous pouvons citer Jacques Tardi avec Le Démon des glaces et sa série Adèle Blanc-Sec. En comics, la série La Ligue des Gentlemen extraordinaires (1999) d’Alan Moore et Kevin O’Neill est incontournable puisqu’elle possède tous les mécanismes propres au steampunk, bien que le public connaisse mieux l’adaptation cinématographique de Stephen Norrigton (2003) avec Sean Connery. Le Japon a également été touché par la vague steampunk, les films d’animation d’Hayao Miyazaki Le Château dans le ciel (1986) et Le Château ambulant(2004) possèdent une forte esthétique steampunk. Et de manière plus assumée nous pouvons citerLes Fabuleux Vapeurs Détectives (Kaiketsu Jôki Tanteidan, 1989 − 1990) ou encore Steamboy(2004, réalisé par Katsuhiro Otomo) dont les noms ne laissent planer aucun doute sur ses influences. Les jeux inspirés par le steampunk sont nombreux, du jeu vidéo comme BioShock ayant une forte esthétique steampunk, au jeu de rôle comme Arcanum : Of Steamworks and Magick Obscura (jeu de rôle pour ordinateur développé par Troika Games et publié par Sierra dès 2001). Pour ce qui est de la littérature jeunesse, nous ne pouvons pas éviter l’excellente trilogie À la croisée des mondes de Philip Pullman (1995 − 2000), dont une partie se déroule dans un univers parallèle ressemblant à notre XIXe siècle.

Couverture de la Bible du Steampunk,  éditions Bragelonne, 2014

Pour les plus passionnés par cet univers, il est possible d’expérimenter le steampunk dans la vie réelle : il existe en effet plusieurs conventions où des « steamers » ou « vaporistes » peuvent venir déguisés à la mode steampunk, et se retrouver dans une ambiance XIXe siècle. Dans la vie quotidienne, de nombreux objets sont inspirés par une esthétique néo-victorienne : nous pouvons voir, entre autres, le retour des montres à gousset, mais aussi différents objets du quotidien « améliorés » pour revêtir une apparence steampunk. En France, bien que cet engouement soit récent de la part du grand public, le steampunk est devenu un genre à part entière : même le site de la Fnac possède un onglet « Steampunk » dans sa partie « L’Univers Science-Fiction » De plus, les éditions Bragelonne ont instauré depuis le mois d’avril 2013 «Le Mois du Cuivre » de manière à mettre la culture Steampunk à l’honneur, puisqu’elle a publié ce mois-là trois œuvres du genre dans des éditions luxueuses à tirage limité. Cette première opération commerciale ayant eu un grand succès, Bragelonne a décidé moins d’un an après la première opération de relancer le « Mois du Cuivre », avec trois nouveaux ouvrages dont La Bible du Steampunk de Jeff VanderMeer. Encore plus récemment, l’une des parties du festival Geekopolis (mai 2014) était dédiée à l’univers steampunk.

Bien que le grand public ait commencé depuis seulement deux, trois ans à reconnaître le steampunk, le genre devient peu à peu populaire en France au début des années 1999 − 2000. C’est en 1999 que plusieurs ouvrages revendiquant ouvertement leur rattachement à ce terme paraissent : L’Équilibre des paradoxes de Michel Pagel, le roman Les confessions d’un automate mangeur d’opium de Mathieu Gaborit et Fabrice Colin, puis l’anthologie Futurs antérieurs présentée par Daniel Riche, notamment dans la courte préface de l’ouvrage (intitulée Le passé est l’avenir de l’homme). Nous avons également le roman La lune seule le sait (2000) de Johan Heliot qui est une référence. Mais les véritables précurseurs, au niveau francophone, de ce type de littérature de l’imaginaire sont les Éditions Multisim (axée sur les jeux de rôles) et les Éditions Mnémos, qui publient les premiers ouvrages se rattachant au genre steampunk, bien que leur spécialité soit, d’abord, le cyberpunk. Plus récemment, les Éditions Mnémos ont publié Avant le déluge de Raphaël Albert, qui a gagné le prix des Futuriales 2012.

Le Steampunk n’est pas un nouveau genre de la littérature de l’imaginaire : il a juste été découvert récemment par le grand public. Mais comme nous avons pu le voir précédemment, c’est un genre littéraire particulièrement difficile à définir. Il est à la fois une amusante évolution du mouvement cyberpunk, une ramification de l’uchronie, mais il est surtout devenu un genre parfaitement autonome. Le steampunk ne s’est jamais figé dans une seule formule ou étiquette, il est en constante évolution, et c’est justement pour cette raison qu’il est compliqué à définir. Suivant les œuvres et les thématiques, il se rapproche de genres et s’éloigne de certains autres, puisqu’il peut être très proche de la fantasy urbaine quand de la magie y apparaît, ou alors il peut se rapprocher du cyberpunk quand des sujets plus sombres sont abordés, etc.

Le steampunk est définitivement un lieu de fusion des genres et des thématiques. C’est un paradoxe à multiple facette puisque, bien que son cadre chronologique soit le passé, les thèmes traités sont souvent modernes. Il dépasse l’uchronie, et pourtant les récits proposés prennent souvent place dans une version alternative de l’Histoire. Ce genre hybride a d’ailleurs lui-même donné lieu à des sous-genres en glissant vers d’autres époques. Nous pouvons citer ainsi le gaspunk, le dieselpunk, ou l’atomicpunk, allant de la machine à vapeur au post-apocalyptique. Contrairement au steampunk, ces sous-genres n’ont pas eu la reconnaissance du grand public. Le dessinateur de bande dessinée Boulet s’est d’ailleurs amusé à les parodier en inventant le « formicapunk », genre prenant place dans les années 1970 − 1980. Cette ironie permet de démontrer l’absurdité de vouloir à tout prix catégoriser les créations artistiques.

Mais la création de genres, puis de sous-genres et maintenant de sous sous-genres amène à nous poser une question récurrente à propos de la littérature de l’imaginaire : doit-on catégoriser les différents genres pour permettre aux lecteurs de retrouver leur lecture préférée, ou pourrait-on arrêter de vouloir tout définir pour ne pas enfermer les auteurs et les lecteurs dans des genres clos ? La littérature de l’imaginaire est par essence un champ des possibles, qui n’a de limite que l’imagination humaine. Si les catégories sont utiles et parfois nécessaires, il ne faut pas oublier que ces dernières restent au service des textes. Il est évidemment utile, notamment pour les lecteurs, de différencier certains genres, surtout quand ces derniers possèdent une esthétique propre et de plus en plus d’œuvres affiliées (c’est le cas du steampunk). Mais inventer des genres à l’extrême, qui ne seront connus que de quelques initiés n’est peut-être pas l’idéal en matière de simplicité. Ce n’est pas au récit de se conformer au genre mais le contraire, surtout de nos jours où les références sont multiples et les frontières entre les différents genres fluctuantes.

Marie Truchot


Pour aller plus loin

BARILLIER Étienne, Steampunk : l’esthétique rétro-futur, Les montons électriques, Lyon, 2010.
BOULET, Formicapunk : Bouletcorp : http://www.bouletcorp.com/blog/2011/07/07/formicapunk/
COLLECTIF, Steampunk, Bragelonne : http://bragelonne-le-blog.fantasyblog.fr/archives/tag/steampunk
MR. C, Steampunk : Fantaisie à vapeur ou néologisme fantaisiste, Le cafard cosmique :http://www.cafardcosmique.com/Le-Steampunk-de-Fantasy-a-vapeur
MUTELET Marie-Caroline, La dystopie, gros plan sur un genre littéraire en pleine explosion…, carnet Le monde du livre :  http://mondedulivre.hypotheses.org/337

 

UBIC, Uchronies, et si…, Le cafard cosmique : http://www.cafardcosmique.com/Uchronies-et-si

Source : Steampunk : un nouveau genre pour la littérature de l’imaginaire ? | Monde du Livre.

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