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[Cultures de l’Imaginaire – Geek] David Peyron – DE LA FÉMINITÉ AU FANTASME DU CYBORG

3 mars 2015

« Seconde partie de ce billet sur la représentation du corps du geek qui commence de manière un peu abrupte parce qu’il n’a pas été pensé à l’origine pour être découpé, veuillez m’en excuser. Beaucoup des éléments avancés ici un peu en vrac seront repris et mis en forme dans une conférence sur la figure du geek dans la fiction que je donnerai à Strasbourg le 16 mars. Si vous êtes par là n’hésitez pas à passer et sinon j’essaierai de mettre cette version longue en ligne au plus vite et de l’amender en fonction des remarques qui me seront faites sur place.

Le problème lié à ce qui a été dit dans l’article précédent, c’est que seuls les hommes s’identifient à ce corps extrêmement genré et donc que la figure du geek telle qu’elle s’est construite est faite pour en exclure physiquement les femmes. D’ailleurs, la recherche du terme sur Google images à laquelle j’ai déjà fait référence, abouti à quelques représentations féminines, mais on ne voit pas de filles mal à l’aise dans leur corps, mais au contraire soit des personnages hypersexualisés ou des « fake geek girls » c’est-à-dire des filles qui se revendiqueraient de cette culture sans en être des VRAIES (là aussi vrais versus faux est une question que j’ai pas mal traitée ailleurs). L’une des rares représentations de ce type serait peut-être Daria, héroïne d’une série animée éponyme de la fin des années 1990, asociale, portant des lunettes et raillant avec cynisme la superficialité de ses camarades de classe. On peut penser aussi à Willow dans la série Buffy contre les vampires. Les filles nerds/geek proches de l’équivalent masculin tout en ayant leurs spécificités sont donc possibles dans la fiction, et il y en a de plus en plus, mais ce n’est pas elles qui viennent immédiatement lors de la recherche. Le vrai geek tel qu’il est représenté depuis les années 1980 est un homme mal à l’aise avec les filles (et avec la sexualité comme on le voit dans le film Weird Science de John Hughes où deux geeks créent une femme virtuelle parce qu’ils n’arrivent pas à conclure avec de vraies filles). Elles le rejettent (justement parce qu’il est trop « féminin » dans ses attributs) donc elles ne peuvent pas en retour faire partie de la communauté si elle est abordée de cette façon, elle est trop occupée à tenter de retrouver sa virilité c’est-à-dire sa puissance masculine, perdue. Il peut même y avoir un plaisir lié à une forme de revanche dans le fait de ne pas accepter une fille dans un groupe au nom de ce que ce le genre féminin aurait fait aux geeks. Cela peut arriver si aucun travail réflexif n’est fait pour mettre en avant le fait que cette différentiation genrée est justement le problème, qu’elle est artificielle (j’enfonce des portes ouvertes mais on ne sait jamais) et qu’ils sont globalement du côté dominant malgré tout. »

Source et suite de l’article ici.

Cultures de l'imaginaire, festivals et collectivités territoriales

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