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[Culture – Jeunesse] MERCI – BD d’Arno Monin

13 mars 2015

Merci est un one-shot qui nous amène dans la vie de Merci, jeune ado rebelle et négative. Une histoire sympathique qui, l’air de rien, soulève des bonnes questions.

Résumé  : Merci Zylberajch vit à Bredenne, petit village de la Marne. Elle se retrouve au poste pour ses délinquances habituelles – tags, poubelles brûlées -. La jeune fille passe devant le juge Pirlot qui, sous le coup d’une petite intuition, la condamne à 150 heures de TIG consistant à participer au conseil communal. Une occasion qui va réveiller chez Merci des envies inattendues.

Notre avis : Merci est une histoire simple, positive, qui adopte une dramaturgie différente en accord avec son personnage principal et son message. Zidrou nous rappelle simplement que ce sont les jeunes d’aujourd’hui qui bâtiront le monde de demain et Merci fait partie de ces jeunes. Gothique sans ambitions autres que clamer son nihilisme et sa colère en cassant beaucoup de choses, elle va faire une rencontre qui va changer sa vie en la personne du malin juge Pirlot. Zidrou prend des gants et la rencontre entre les deux personnages est traitée avec élégance, évitant les clichés. La petite rebelle se transforme, certes, mais pas du tout au tout. Et si le juge Pirlot a su voir sa flamme et l’orienter, c’est avec le vieux poète de Bredenne, Maurice Cheneval, que Merci va trouver sa voie. Zidrou explique donc ainsi que la culture et la main tendue sont les deux éléments qui peuvent changer le monde. Mais là où on sort des sentiers rebattus, c’est que ces deux éléments sont maniés avec précaution, car il ne suffit pas d’une main tendue et d’un livre pour tout résoudre. Il faut un troisième point capital : du temps ! Et c’est souvent ce qu’on oublie. Le temps et la confiance vont permettre à Merci de faire son chemin.

La dramaturgie ne repose pas sur le classique enchaînement Protagoniste-Objectif-Obstacles. Il faut comprendre : un protagoniste trouve un objectif et affronte des obstacles pour l’atteindre. Merci erre dans l’histoire comme beaucoup de jeunes errent dans la vie. Elle fait son chemin petit à petit et finalement, ce n’est pas la réussite ou l’échec de son projet qui importe, c’est le fait qu’elle essaye de « grimper à l’arbre » pour reprendre une des – belles – phrases du livre placées dans la bouche de son coco de grand-père. Alors oui, on ne sait pas trop où on va, à la suite de cette jeunesse en marche, mais on y va ! Et avec plaisir. Cette simplicité de l’histoire peut déstabiliser et on referme ce tome en se disant qu’il nous manque quelque chose. Une résolution ? Chaque personnage s’engage sur un chemin. Des conflits ? Comme dans la vie, ils n’éclatent pas forcément au grand jour et il n’y a pas de scène homérique de défi ou de vengeance mais certaines tensions sont bien là, sous-jacentes. Des obstacles ? En fait, Merci est son propre obstacle et c’est sans s’en rendre compte qu’elle va le franchir, avec l’aide de Cheneval le poète, ou du moins de ses œuvres. Rien ? Oui, peut-être qu’il ne manque rien si on tient compte que Zidrou montre le chemin vers l’idée et non la mise en place d’un projet. Alors quand l’histoire s’arrête, on est étonné, l’épilogue (double, attention) surprend. Et puis non, on comprend avec le temps – ce fameux temps – qu’il ne manque rien, car la profondeur se cache derrière la légèreté, car la sensibilité se dissimule dans le quotidien, car l’amour vole au hasard des pages.

Et dans chaque page, les crayons de Arno Monin accomplissent un beau travail. Adoptant un style léger, ils sait donner vie autant à Merci qu’à toute une galerie de personnages secondaires bien présents, même si ce n’est que le temps de quelques cases. Ces personnages chaleureux et expressifs parviennent sans problème à trouver leur place dans des décors assez réalistes. Les couleurs nous rappellent parfaitement l’été. La chaleur est là mais une certaine douceur flotte aussi au travers de teintes claires et jamais flashy ou agressives. A l’image du propos, le dessin pose la vie de tous les jours, sans éclats ni excès. Le découpage reste aussi assez simple. On trouve trois à cinq bandes découpées en une à cinq cases qui laissent de l’espace pour des dessins demi-pages posant des paysages, laissant respirer les personnages. La mise en scène sait laisser la part belle au silence et aux échanges de regards. On reste assez proche des personnages, même quand le cadre s’attarde sur une photo, un pan de mur, une maison. La simplicité apparente de l’histoire se retrouve ainsi parfaitement dans celle de l’image. Une belle réussite.

Merci est une BD qui nous rappelle simplement, à travers des personnages attachants et tout en finesse, que l’avenir de demain fleurira du quotidien d’aujourd’hui.

Zéda se glisse dans une case de Arno Monin pour croiser la jeune Merci.

64 pages – 14,90€

 Source : http://www.avoir-alire.com/merci-la-chronique-bd – David Neau
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