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Comment les pratiques du secteur social et de la santé peuvent servir au développement des entreprises ?

27 janvier 2017
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De par les multiples définitions qui peuvent en découler, il semble important d’expliciter ce qui est entendu par « milieu social » : il s’agit d’un milieu où l’argent n’est pas le moteur, l’engagement et la motivation faisant davantage avancer les choses. Si ce milieu peut à première vue apparaître éloigné des préoccupations des entreprises (chiffre d’affaires, rentabilité, management etc), il est pourtant riche d’enseignements pour le développement des entreprises.

L’importance de l’analyse des pratiques pour avancer ensemble

Dans le milieu social, le travail d’explicitation des problèmes mais aussi des compétences au sein d’un groupe de travail s’avère essentiel. Identifier une difficulté n’est pas chose aisée : le problème n’est pas toujours celui qui apparaît comme une évidence, donc la solution proposée ne sera pas forcément la plus simple ! Une question posée de la bonne manière a toutes les chances de trouver une réponse adéquate. Bien souvent, c’est ce défaut d’explicitation qui fait que l’on tourne en rond sans trouver ou même chercher vraiment de solution. Une fois les atouts ou difficultés identifiés, des outils sont mis en place dans le but de résoudre ces problèmes mais également de renforcer la cohésion d’un groupe ou encore de développer les compétences.

Dans cette compréhension des forces et des faiblesses d’une organisation, les émotions ont toute leur place. Au lieu d’ignorer des émotions (colère, angoisse, peur…) qui peuvent se traduire par des blocages (repli sur soi, agressivité, démotivation…), mieux vaut les prendre en compte pour en faire des atouts. En effet, les émotions apparemment négatives qui traversent les salariés interrogent le collectif, traduisant souvent l’attachement et la motivation au travail déçu. Le travail d’explicitation de ces émotions permet dans de nombreuses situations de retrouver le goût des compétences mises en œuvre dans la fonction et le plaisir des interactions dans le travail.

Par ailleurs, la prise en compte des compétences, encore plus leur valorisation, est primordiale. Les compétences sociales sont ainsi renforcées, de par la considération qui lui est accordée. L’explicitation des compétences techniques peut en effet souvent permettre la mise en lumière de la réalité du travail effectué, valorisant « le tour de main », c’est-à-dire l’expertise développée au fil du temps ou des expériences. Or il n’est pas rare que la personne elle-même n’en ait pas réellement conscience. Cela lui permet alors de mesurer sa marge de progression par un effet réflexif d’une part (l’autoanalyse) et symétrique d’autre part (le regard des autres). C’est également essentiel dans la transmission des compétences (tutorat par exemple…)

Quels enjeux pour la transposition dans l’entreprise ?

Dans le cadre des startups, le développement parfois rapide du collectif peut entraîner des obstacles car l’organisation doit faire face sur tous les fronts, que cela concerne le développement clientèle, technique ou encore matériel. Toutes ces tâches concomitantes évacuent les temps de repositionnement ou ne permettent pas de prendre la juste mesure des enjeux. Des blocages peuvent alors apparaître par la non prise en compte du vécu de chacun et du collectif. La culture initiale entrepreneuriale peut donc être mise à mal alors que la culture d’entreprise reste encore à construire. L’accélération dans laquelle se vit parfois le succès peut paradoxalement devenir pénalisante pour le développement.

Les « organisations gagnantes » jouent sur la juste place de chacun, sur des interactions permettant fluidité et innovation, sur la construction des compétences collectives, en capitalisant sur une communication positive des salariés. Ce constat est d’autant plus fort avec l’importance croissante des réseaux sociaux qui peuvent faire de chaque membre du collectif un ambassadeur de l’organisation.

Conclusion : Le collectif, valeur ajoutée des compétences individuelles

Dans la société actuelle traversée par des doutes et des émotions fortes, l’attachement à la compétence et à un collectif serein constitue une vraie force de frappe pour l’organisation. Cela est d’autant plus important que le travail doit être considéré comme une occasion pour développer des compétences, des interactions sociales ou des innovations, atouts de taille dans la société française aujourd’hui confrontée au scepticisme sur son avenir.

Anne-Marie Boyer — Consultante Ingénierie sociale

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