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[Jeunesse – Education – Société] Et pendant ce temps-là, la prévention spécialisée est sabrée

Sur le terrain, les éducateurs sont de véritables experts en termes de prévention de la délinquance.
Photo : Valinco/Sipa
De nombreux départements font de plus en plus d’économies sur les postes d’éducateur de rue, estimant leur travail inutile. Un choix pénalisant
à l’heure où beaucoup dénoncent le délitement de la relation à l’autre. Exemple dans la Drôme, où les crédits ont été divisés par deux cette année.

C’est l’heure de la pause-déjeuner. Deux fois par semaine, les éducateurs spécialisés de la commune de Crest (Drôme) rejoignent la cantine du lycée Armorin pour partager leur repas avec des jeunes. Une façon de travailler sur le lien, ce lien social au cœur de la mission de la prévention spécialisée. Mais ça risque de ne pas durer. Le conseil départemental a décidé de diviser par deux les crédits qui leur sont affectés et de se recentrer sur les seuls quartiers prioritaires de la politique de la ville. Concrètement, si rien ne change, au 31 décembre, les trois postes d’éducateur de rue de la ville de Crest et d’Aouste, toute proche, vont disparaître, de même que la moitié des postes sur l’ensemble du département. Une aberration encore plus insupportable depuis les attentats de janvier 2015 et de vendredi dernier.

« De véritable caméléons,
des généralistes de l’accompagnement »

Géraldine Pajeot, en poste depuis quatorze ans, ne peut s’y résoudre. Insupportable de lâcher les jeunes de 11 à 21 ans qu’elle suit et accompagne. De briser un lien de confiance, construit au fil du temps, selon le principe de la libre adhésion, du respect de la confidentialité et de l’anonymat – qui constituent le principe de la prévention spécialisée, née après la guerre. La santé, la lutte contre la toxicomanie, le décrochage scolaire, l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, le soutien aux parents, les « éducs de rue » interviennent tous azimuts et savent être très réactifs. « De véritable caméléons, des généralistes de l’accompagnement », selon la sociologue Véronique le Goaziou, auteure d’un ouvrage sur la question à paraître début décembre. « Les éducateurs de rue sont là où leur public est et c’est fondamental, explique-t-elle. Mais par leur discrétion, ils ne disent pas ce qu’ils font et ça ne se voit pas. » Et cela, ils le payent cher. Pire, on les juge même inutiles.

Initialement compétence de l’État, la prévention spécialisée est gérée par les départements depuis la loi de décentralisation de 1986 et dans le cadre de la protection de l’enfance. Au mieux, elle subit des coupes budgétaires. Au pire, une suppression pure et simple des subventions, comme c’est le cas dans le département du Loiret. Une action en justice est en cours et le tribunal administratif a donné raison à l’association de la prévention spécialisée du Loiret, rappelant la compétence du département dans ce domaine.

Pourquoi de telles attaques contre un secteur où les éducateurs sont de véritables experts d’un territoire en termes de prévention de la délinquance ? Loïc Chasson intervient, lui, à Romans, dans le quartier populaire de la Monnaie, 4 000 habitants – dont 45 % ont moins de 25 ans – et dont 100 % sont allocataires à la caisse d’allocations familiales. « Nous étions six éducateurs sur la Monnaie et le centre-ville, nous passons à quatre. Mais on ne lâche pas nos projets en cours, même si mes collègues, super solides, tombent malades les uns après les autres. »

Des actions solidaires 
pour « garder (nos) éducateurs »

Dernière réussite en date, le Lab’elles, local pour les jeunes femmes. « Nous n’arrivions pas à être en lien avec les filles, qui mettent en place de véritables stratégies d’évitement pour se protéger de la domination des garçons. » Depuis septembre, une trentaine d’entre elles gravitent autour de leur lieu, passent y faire leurs devoirs quand ce n’est pas possible à la maison, s’entraident, échangent sur la difficulté de se mouvoir dans le quartier et dans la vie en général… Les éducateurs le disent là où ils ne peuvent plus intervenir, d’autres associations prennent le relais et diffusent un discours religieux.

Depuis septembre, grâce aux réseaux sociaux, des jeunes se sont mis en lien pour apporter leur soutien à leurs éducateurs. Un garçon a lancé une pétition, une jeune femme a organisé une manif devant la médiathèque de Crest pour « garder (nos) éducateurs ». Et des témoignages vidéo foisonnent sur Facebook. À l’heure où certains dirigeants politiques versent des larmes de crocodile sur le délitement du lien social, ces travailleurs de l’ombre seront-ils entendus ?

Les départements concernés  Le Loiret, la Drôme, 
le Var, les Alpes-Maritimes, la Seine-Maritime, 
les Charentes, le Gard, Paris, le Maine-et-Loire, l’Eure-et-Loir, le Bas-Rhin… la liste ne cesse 
de s’allonger. Ces départements baissent voire suppriment
les subventions à la prévention spécialisée.

 (1) Éduquer dans la rue. La prévention spécialisée aujourd’hui. Presse de l’école des Hautes Études en santé publique, préfacé par Laurent Mucchielli.

Source : http://www.humanite.fr/et-pendant-ce-temps-la-la-prevention-specialisee-est-sabree-589954

[Culture – Innovation] Covoiture-art ! Partager les voitures ET les visites culturelles!

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METTRE EN RELATION DES VOYAGEURS ET LEURS AFFINITÉS CULTURELLES

Voici le premier site en ligne qui crée de façon dynamique un rapprochement Culture/Transport.Depuis l’an dernier Covoiture-art propose de réunir des personnes (dont une possédant une voiture) voulant se rendre sur un même lieu culturel. Covoiture-art a notamment noué un partenariat avec quelques châteaux mal desservis depuis Paris, tels Vaux-le-Vicomte et Pierrefonds, qui font bénéficier aux usagers du système d’une petite réduction sur leur ticket d’entrée.

PARTAGER VOS GOÛTS ET VOS VOITURES! Tout projet qui s’intéresse de près à clients/visiteurs, qui pense à ce qu’ils ont envie de visiter mais aussi aux difficultés d’accès de la culture est sans doute un bon projet, à notre avis, car il va dans le sens de ce que demandent les visiteurs  depuis longtemps : être considérés, aidés, accompagnés; ils demandent aussi de la convivialité, des rencontres,comme nous l’avons vu à d’autes occasions dans ce petit blog, avec le succès des Greeters, par exemple.
Qui se ressemble s’assemble? J’ai toujours rêvé d’un site Internet où l’on ne donnerait aucune de ses qualités, aucun de ses désirs, mais seulement une liste de films ou d’artistes que l’on aime: si vous aimez les mêmes choses, en route pour l’amitié!

Nous souhaitons longue vie à cette nouvelle expérience et qu’elle se développe. Car il est souvent difficile d’aller voir certains sites ou événements culturels  avec les transports publics, comme en témoigne la récente enquête du Journal des Art que nous vous présenterons et qui concerne les châteaux autour de Paris.

APRÈS LES MAISONS,  LES REPAS ou les canapés (Couch Surfing) partager les visites culturelles est une très bonne idée! Que le site Internet s’ouvre vite au Tourisme international (et soit traduit en 12 langues…) serait aussi un impératif, car 80% des touristes étrangers aiment l’idée de « partager » et découvrir notre pays avec et grâce à ses habitants.Le voyage de « masse » est de moins en moins l’option choisie, et la « personnalisation » des offres est aujourd’hui une obligation!

LE SITE INTERNET : http://www.covoiture-art.com/

I– UNE CARTE DE FRANCE  INTERACTIVE propose 1390 destinations sur la page d’accueil du site Internet , pour permettre à chacun d’accéder à la culture de la meilleure façon qui soit : convivialité, partage et solidarité sont au programme de ce moment de curiosité et de plaisir.
II- DES PARTENARIATS POUR DIMINUER LES PRIX des entrées sont aussi en cours (une dizaine de partenariats signés en octobre), pour donner accès à des prix réduits.Dont le Centre des monuments nationaux, dont certains châteaux ou monuments sont souvent compliqués à joindre par les transports publics.
Nous espérons aussi que des mécènes aideront cette jeune entreprise. Comme le font les allemands, avec un principe des « Grosses entreprises aident les petites à grandir « , ou comme le prévoit la politique culturelle en italie :  le ministre Dario Franceschini  entend demander aux établissements importants d’aider tous les plus petits, quelque soit leur statut, public ou privé.

III- COMMUNICATION : la très mignonne pettie vidéo de COVOITURE-ART, c’est ici:

Vidéo du 10 juil. 2014 Produced with Explee: http://explee.com.

Pour en voir plus :
– Voir toutes les propositions à venir : http://www.covoiture-art.com/evenements-culturels/
– Lire tous les témoignages de covoitureurs : http://www.covoiture-art.com/temoignages/

IV- LES CHÂTEAUX autour de  PARIS,parfois un « parcours du combattant » avec les  transports publics!
C’est un peu ce que l’on peut conclure après avoir lu l’article, dqans le journal des arts, de Margot Boutges & Francine Guillo, « Les châteaux de Paris, si près et si loin » (Le Journal des Arts,n° 434-24 avril 2015):
« Excepté Versailles, de nombreux châteaux visitables aux alentours de Paris pâtissent d’un accès difficile par les transports en commun, qui handicape leur développement. En train, en RER, en bus, se rendre dans les châteaux d’Île-de-France et de Picardie n’est pas facile, alors même que certains se trouvent aux portes de la capitale
LES TRANSPORTS EN COMMUN DE 13 CHÂTEAUX AU BANC D ESSAI. Cette  l’enquête du Journal des Arts, détaille les conditions d’accès avec des transports publics de treize sites  : Sceaux, La Malmaison, Versailles, Écouen,Musée national de la Renaissance; Maisons Laffitte; Saint-Germain-en Laye;Champs-sur-Marne; Chantilly;Vaux-le-Vicomte, Rambouillet; Fontainebleau; Compiègne et Pierrefonds. Voir le pdf ICI.
http://www.lejournaldesarts.fr/pdf/jda434/JDA434-chateaux-Paris-2015.pdf
– Les Principales conclusions de l’enquête:
1- Temps d’attente en gare ou avant la visite : le temps d’attente en gare entre deux trains peut s’allonger jusqu’à deux heures en pleine journée.Quant à Versailles comptez plusieurs heures de file d’attente ou un « revenez deamin » halluciant.
2- Peu de signalétique : les gares parisiennes ne proposent pas de panneau orientant vers les lignes à prendre pour se rendre sur le lieu patrimonial visé. Une fois installé dans le train, le visiteur doit veiller à ne pas rater son arrêt.
3- Arrivé à la sortie de la gare,les problèmes continuent : plus de vingt minutes de marche pour Champs-sur-Marne ou Fontainebleau (trente-cinq minutes), parfois en forêt (à Écouen)et par temps de pluie, on fait comment?. Les navettes entre gare et si monument sont synchronisés sur l’horaire des trains arrivant de Paris(Chantilly et Vaux-le-Vicomte), mais parfois l’arrêt du bus est mal indiqué (Chantilly)et on peut le louper, ou encore ne pas exister! Avec mon amie Aube Lebel nous avons constaté que, hors saison, il n’y avait pas de navette pour aller au Château de Chammbord… Taxi obligatoire.
4-Horaires d’ouverture et Restauration : parfois difficle comme à Fontainebeau (derniers visiteurs à 16h15!) ou à la Malmaison ( pas de restauration, même légère sur place).Certains châteaux sont fermés à l’heure du déjeuner.
5- Coûts élevés! « Sans remise et sans programme de fidélité, un aller-retour à Malmaison revient à environ 7 euros et 18 euros à Fontainebleau. Mais il faut plutôt compter 30 euros pour se rendre à Compiègne, auxquels peuvent s’ajouter le prix d’un ticket de métro à Paris, le droit d’entrée au château ou le déjeuner sur place ».Certaines gratuités ou réductions existent mais son peu connues(Mobilis ou Pass Navigo) », dit l’enquête du JDA.
EN CONCLUSION : quelques expériences existent déjà sur ce principe du « voyage ensemble selon des affinités », mais les usages numériques permettent de démultiplier ces offres classiques (TaxiTram en Ile de France pour l’art contemporain, depuis 2005)taxitram@tram-idf.fr; Bus de l’Art Contemporain (BAC)de Bordeaux ou celui les Bus Culture de Mios (33) et de l’intercommunalité des communes de l’Ourcq..).LLe paiement sécurisé en ligne est aussi bien pratique. Covoiture-art ouvre les cercles fermés d’amateurs « fans de culture » en permettant des rencontres multi-thèmes (Art, histoire, monuments, événements…).Le voyage devient rencontre, et la rencontre devient « expérience » tout au long du trajet A/R: Avant la visite, on peut en parler dans la voiture; pendant la visite, on peut partager ses commentaires, et après, se raconter ses coups de coeurs ou ses déceptions.

Source : http://www.nouveautourismeculturel.com/blog/2015/11/18/covoiture-art-partager-les-voitures-et-les-visites-culturelles/

[Société – Jeunesse] Latifa Ibn Ziaten : «Pour que les enfants d’origine maghrébine aiment la France, il faut la mixité»

Latifa Ibn Ziaten, la mère d'un soldat français tué par Mohamed Merah en mars 2012, après avoir reçu le prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits.
Latifa Ibn Ziaten, la mère d’un soldat français tué par Mohamed Merah en mars 2012, après avoir reçu le prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits.Photo Jacques Brinon. Pool. AFP

La lauréate du prix de la fondation Chirac pour la prévention des conflits a tenu jeudi un discours à la fois poignant et fort, notamment devant François Hollande.

Contre le «cœur vide» et les «ghettos fermés» de la République. Engagée dans la lutte contre la radicalisation des jeunes, Latifa Ibn Ziaten semble perdre courage. Les attentats du 13 novembre sont venus entamer sa détermination à sillonner la France des écoles et des prisons pour porter son message de tolérance. Jeudi, en recevant le prix de la fondation Chirac pour la prévention des conflits, la mère de la première victime de Mohammed Merah en 2012 a demandé l’aide de l’Etat et de François Hollande. «Quand je suis allée voir mon fils, ce bel homme, à la morgue, j’ai pris sa main, raconte la mère d’Ihmad. Et je lui ai dit : « Je t’ai élevé avec des valeurs républicaines » et je suis fière du pays qui m’a accueillie. Alors j’ai promis à mon fils, je lui ai donné ma parole mais j’ai besoin d’aide pour passer ce message de paix et de vivre ensemble.» Au premier rang, François Hollande écoute sans un mouvement. Avant de monter à la tribune, Latifa Ibn Ziaten avait pris place entre les ministres Christiane Taubira, Fleur Pellerin, Najat Vallaud-Belkacem et Marylise Lebranchu. La diversité incarnée.

Sans note, en larmes et portant son voile noir et blanc, elle s’est élevée contre ces classes composées à «95% d’enfants d’origine maghrébine»dans les banlieues. «Ils ne peuvent pas avancer, s’intégrer, aimer la France. Pour aimer la France, il faut leur tendre la main, il faut la diversité, il faut la mixité», insiste celle qui milite depuis trois ans pour le dialogue culturel et interconfessionnel. «Mon fils est mort debout et je reste debout à chaque fois que je témoigne.»

Au problème «très grave» dans les écoles répond le «problème très très grave» dans les prisons. «Il y a des gens qui se convertissent. Il n’y a pas de règle dans les prisons. On dit les droits de l’homme, mais on doit faire des règles dans les prisons. Des règles pour le sport, pour les heures de télévision. Ce n’est pas le prisonnier qui commande. Les gens qui travaillent dans les prisons, ils souffrent, ils demandent de l’aide. On doit travailler, on doit aller vers l’autre.» Latifa Ibn Ziaten réclame aussi des moyens pour son association de lutte contre la radicalisation,«Imad Ibn Ziaten pour la jeunesse et la paix». Son association intervient auprès des enfants, adolescents et jeunes adultes, de tous les milieux sociaux, notamment de détenus en milieu carcéral. Jamel Debbouze en est le parrain. Mais depuis trois ans, elle galère avec deux fonctionnaires et même pas de toilettes. «Si vous ne m’aidez pas, je perds mon courage», prévient-elle avant de promettre : «Je resterai toute ma vie à combattre. J’aime le Maroc, j’aime la France, c’est mon père et c’est ma mère. Je n’aime pas les séparer.»

Source : http://www.liberation.fr/france/2015/11/19/latifa-ibn-ziaten-pour-que-les-enfants-d-origine-maghrebine-aiment-la-france-il-faut-la-diversite-il_1414716 – Laure Bretton

[Education – Jeunesse] Des imams de France prennent des mesures contre la radicalisation des jeunes

Les présidents d’associations musulmanes et les imams du Val-d’Oise et de Puteaux-La Défense dans les Hauts-de-Seine se sont réunis à la mosquée d’Argenteuil pour tenter de trouver des solutions pour lutter contre la radicalisation, indique Le Parisien. « Il faut agir. Ces terroristes font du mal à l’islam, aux musulmans. Notre rôle est fondamental », lance Abou Bakr Sabri de la mosquée As Salam d’Argenteuil. Un appel par lequel les imams et présidents d’associations musulmanes ont répondu par une série de mesures.

Les dirigeants musulmans proposent d’abord d’organiser un colloque d’un week-end sur la radicalisation. En prolongement de cette idée, ils proposent d’organiser des rencontres entre un jeune ayant séjourné en Syrie et de jeunes musulmans. L’objectif de cette rencontre est que le jeune ayant séjourné en Syrie raconte l’horreur dans les zones de combat pour les dissuader de partir.

Toujours parmi les mesures annoncées lors de cette rencontre, l’organisation de deux congrès. Le premier sera un  congrès des imams. Le second devrait être un congrès de la jeunesse musulmane pour tenter de comprendre les raisons de la radicalisation. Et enfin les imams et leaders associatifs musulmans ont proposé une mobilisation contre la radicalisation des jeunes via internet par la création d’un site expliquant l’islam.

 

Source :
http://www.yabiladi.com/articles/details/40296/imams-france-prennent-mesures-contre.html

[Cultures de l’Imaginaire] Jeu de rôle : Le Masque et l’Epéé – Nouvelle Fiche de personnage

Fiche de personnage – Le masque et l’Epée by François Vanhille

https://www.scribd.com/embeds/290403254/content?start_page=1&view_mode=scroll&access_key=key-ANRN5EpVLYMFcEpHFZvR&show_recommendations=true

[Politiques publiques] SPIRAL : une méthode de concertation qui se développe en France.

spirale2© yganko

La Gironde, le Nord, Mulhouse, Grenoble… toutes ces collectivités ont adopté une méthode de concertation centrée sur le bien-être, où chacun prend sa part de responsabilité en vue d’un changement collectif. La méthode s’appelle Spiral.

Mulhouse est la première ville en France à avoir expérimenté Spiral (1), une démarche de concertation élaborée par le Conseil de l’Europe. Spiral vise à dégager les indicateurs de bien-être et à mobiliser tous les acteurs d’un territoire, dans la coresponsabilité et la coconstruction d’un projet. Dès 2009, à Mulhouse, une dizaine d’actions pilotes, très diverses, ont été lancées : autour d’allocataires du RSA, au niveau du parc zoologique communal, à l’échelle d’un quartier, dans un service santé de la ville, sur la thématique « il faut tout un quartier pour éduquer un enfant ».

À l’issue du processus Spiral, que s’est-il passé ? « Les participants ont vu leur bien-être augmenté, parce qu’ils se sont mis en situation de coresponsabilité ; ils ont mis en place des actions pour changer les points négatifs » explique Sébastien Houssin, qui, en tant que chef de projet « Territoire de coresponsabilité », a suivi la mise en place et constaté les conséquences de Spiral à Mulhouse.

Spiral répond à un contexte particulier où il y a besoin de coresponsabilité et elle propose clés en main de nombreux outils.

Au niveau international, la communauté des adeptes de Spiral, réunie dans le réseau Together, compte quatre cents membres. Signe d’un intérêt émergeant dans l’Hexagone, une déclinaison française du réseau Together a vu le jour le 5 décembre 2014. Le ministère de l’Écologie, du développement durable et de l’énergie lui a apporté son soutien. Un peu moins d’un an après, Sébastien Keiff, secrétaire général de Together France constate : « La méthode Spiral décolle. Il y a une magie qui est en train d’opérer. Je pense que cela répond à un contexte particulier où il y a besoin de coresponsabilité et qu’elle propose clés en main de nombreux outils (2) ».

Sébastien Keiff, secrétaire général de Together France : « Nous avons, tous, une partie de la solution »
« Connaissez vous le conte de Pierre Rabhi ? Un petit colibri veut éteindre l’incendie avec une goutte d’eau. Et le tatou lui dit : « Tu ne peux pas y arriver seul ! ». En effet, la forêt brûle, à la fin. Quelle aurait dû être la part du lion, du zèbre, de l’éléphant… ? C’est un peu ce qu’on est en train de vivre sur les territoires. Nous avons, tous, une partie de la solution pour répondre aux enjeux de la société, pour résoudre la crise que nous sommes en train de traverser. Mais il faut pouvoir poser cela clairement, et mesurer les progrès réalisés… On peut le faire grâce àSpiral. »

Une méthode, trois questions

La méthode Spiral invite des groupes d’acteurs homogènes (habitants, entrepreneurs, commerçants, agents territoriaux, jeunes, retraités, etc.) à se poser trois questions : « Qu’est-ce qui fait pour moi le bien-être sur mon territoire ? Qu’est-ce que le mal-être au contraire ? Et qu’est-ce que je suis prêt à faire pour contribuer au bien-être collectif ? ». Ces trois questions peuvent s’appliquer quasiment à tout type de sujet et d’enjeu… On distingue toutefois trois grandes entrées : l’entrée territoriale (un quartier, une ville, un département), l’entrée organisationnelle (une maison des habitants, un centre de soins, un service de collectivité etc.), et enfin l’entrée thématique ou « politique publique » : les déplacements, la santé, etc. Comme toute méthode participative un tant soit peu élaborée, Spiral requiert un certain temps de prise en main. Chaque groupe Spiral doit surtout être dirigé par un animateur formé. « Aujourd’hui, au réseau Together, nous formons aussi bien des citoyens, des associations de l’éducation populaire, des techniciens de collectivités, des entreprises que des élus » commente Sébastien Keiff.

La méthode Spiral invite des groupes d’acteurs homogènes (habitants, entrepreneurs, commerçants, agents territoriaux, jeunes, retraités, etc.) à se poser trois questions.

L’un des principes actifs de Spiral, comme son nom l’indique, est de faire tache d’huile. Il faut, ainsi, en théorie, démarrer le processus avec un petit groupe de dix à douze personnes très hétérogènes.

Puis chacune de ces personnes va reproduire la démarche (« les trois questions ») avec des composantes de son homogénéité… Exemple : un élu va renouveler Spiral avec d’autres élus, un bénéficiaire du RSA avec d’autres bénéficiaires. Tous les groupes vont lister leurs engagements, leurs attentes, les actions qu’ils sont prêts à entreprendre. La réunion dite « arc-en-ciel » rassemble enfin tous les groupes qui vont, ensemble, sous la houlette d’un animateur, prioriser les actions.

Premiers résultats…

Aux côtés du Portugal, de la Grèce, du Cap-Vert, etc. la France fait figure de débutante en matière de méthode Spiral. Et il y a finalement très peu de territoires qui aient autant de recul que Mulhouse.

La France est une débutante en matière de méthode Spiral : très peu de territoires ont autant de recul que Mulhouse.

La commune a d’ailleurs produit un « carnet de voyage en coresponsabilité ». Y sont réunies une centaine de pages qui détaillent les cheminements des projets, leurs aboutissements et les enseignements à en tirer. Si les résultats ne sont pas spectaculaires, les actions mises en place fleurent bon l’intelligence collective. Au lycée Schweitzer, par exemple : trois journées par an consacrées à l’expression libre ont été instaurées, durant lesquelles les élèves n’ont pas cours et discutent de tout avec les professeurs. Côté agents, le personnel d’entretien, qui souffrait d’un déficit de considération, vient se présenter, désormais, devant toutes les classes, en début d’année, etc.

Christine Edel, directrice du service Participation citoyenne à Mulhouse : « Coévaluer des projets avant d’agir »
« Forts d’une riche expérience sur Spiral, nous continuons à utiliser la méthode, en particulier, pour co-évaluer des projets avant de redémarrer des actions dans le cadre du CUCS par exemple. Nous poursuivons Spiral sur les quartiers avec les bénéficiaires du RSA et prochainement dans le cadre de notre label « Ville amie des aînés ». Mais nous mixons aussi cette méthode avec d’autres approches. Nous enclenchons désormais une nouvelle dynamique : celle de territoire hautement citoyen. »

En Gironde, la méthode de Spiral permet depuis un an et demi, de rebattre les cartes de l’agenda 21, qui en est à sa troisième mouture. « On a ainsi pu attraper le développement humain, qui est au cœur de l’agenda 21. La cohésion sociale est en effet l’un des cinq piliers… » rappelle Sébastien Keiff, également responsable adjoint de la Mission Agenda 21 en Gironde. Consulté(e)s sur leur bien-être conformément à la méthode Spiral, les Girondin(e)s ont porté en avant, comme défi d’avenir numéro un : la « capacité à se nourrir ». « Ce thème nous a beaucoup surpris. C’est véritablement la méthode Spiral qui, par son approche, permet de faire ressortir ce qui compte vraiment pour les personnes » analyse Sébastien Keiff. Une gouvernance d’acteurs coresponsables a été mise en place, avec la chambre d’agriculture, les collectivités, des associations, la grande distribution, les épiceries solidaires… À suivre.

Marina Girod de l’Ain, adjointe Évaluation et Prospective à Grenoble : « On associe différemment les personnes »
« Nous avons testé Spiral dans un quartier de Politique de la ville. S’il n’y a pas de découverte incroyable (nldr : sont ressortis les souhaits d’une meilleure relation avec le bailleur, d’un meilleur cadre de vie, etc.), on associe complètement différemment les personnes, avec la question de l’engagement des citoyens d’un côté, et des attentes envers les pouvoirs publics… Il a certes fallu beaucoup mobiliser. La Maison des habitants de Mistral a eu un rôle moteur. Dix mois de stagiaires ont été aussi nécessaires pour renseigner le logiciel de Spiral, qui permet de sortir des indicateurs. Les premières actions sont en cours. »

Note

(01)Societal Progress Indicators for the Responsibility of All.

(02)https ://wikispiral.org : tous les outils Spiral, notamment « le calculateur de coresponsabilité ».

Source : http://www.lettreducadre.fr/12330/spiral-la-methode-qui-rend-coresponsables/?utm_source=newsletter-ldc&utm_medium=email&utm_campaign=newsletter-10-11-2015

[Art – Culture] Un ancien élève des Beaux-arts de Grenoble se fait passer pour un artiste chinois

© AFP

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« Mon vrai nom est Alexandre Ouairy », dit en souriant le Français de 36 ans, Nantais de naissance, formé aux Beaux-arts à Grenoble et débarqué en 2000 à Shanghai pour « l’aventure », dans une ville alors quasi-dépourvue de galeries d’art. Dans l’une d’elles, il commence à exposer, sous son vrai nom, mais « l’intérêt du public était limité, voire nul », se remémore M. Ouairy, qui ne voit qu’une seule explication: « C’était dû au fait que j’étais étranger ».

Dans le Shanghai des années 2000, les artistes chinois, valeurs montantes, monopolisent les regards. « Les collectionneurs étaient surtout étrangers, et ils voulaient acheter chinois, car pour eux c’était un bon investissement. » Alexandre Ouairy, « frustré », se désole de ne pouvoir « créer un dialogue » avec spectateurs et artistes chinois via ses créations, ignorées.

En 2005, le marché de l’art contemporain chinois décolle et l’ancien étdudiant grenoblois a un déclic: « Je voyais à Shanghai toutes ces contrefaçons Louis Vuitton ou Prada. Et je me suis dit: +s’ils fabriquent des faux sacs, pourquoi ne fabriquerais-je pas un faux artiste chinois ?+ ». Alexandre et le galériste chinois qui l’expose cisèlent alors à quatre mains la biographie imaginaire de l’artiste fictif –mélange de leurs deux vies– et lui attribuent un nom: Tao Hongjing. « C’est inspiré d’un philosophe chinois des 4e et 5e siècle, qui était assez blagueur. C’est comme cette idée de pseudo: pour moi, c’était une blague ».

Et cela fonctionne: « Du jour au lendemain, le succès a été au rendez-vous », explique l’artiste, dont les créations suscitent alors la frénésie du marché et l’intérêt subit des amateurs. « On vendait une ou deux oeuvres par mois, contre une ou deux par exposition avant ». « Pendant cinq ou six ans, personne ne savait que Tao Hongjing, c’était moi », s’amuse M. Ouairy, qui se rend incognito à ses propres vernissages et s’y présente comme le simple « assistant de Tao Hongjing ».

« On était un peu embêté lors des demandes d’interviews de la presse, donc on faisait ça par téléphone. Et mon galeriste chinois répondait à ma place », sourit le Nantais. En dix ans, le prix de ses oeuvres explose: ses sculptures en céramique se monnayent désormais 29.000 euros, bien plus que les 220 euros des sérigraphies de ses débuts.

« Se présenter comme Chinois, cela a compté. Il y a toute une économie, un intérêt financier, qui n’est pas le même. J’ai joué avec ça », admet-il. « La nationalité est évidemment très importante », affirme  Yang Yang, fondatrice à Pékin de Gallery Yang, qui expose artistes chinois et étrangers. « L’art contemporain est lié à un territoire, la prétendue internationalisation de l’art, ça n’existe pas vraiment. »

Les Chinois restent une valeur sûre du marché de l’art contemporain: 17 figurent dans le top 50 mondial –par chiffre d’affaires aux enchères— sur la période juillet 2014-juin 2015, selon un rapport du cabinet Artprice.  L’ancien correspondant du New Yorker à Pékin, Evan Osnos, s’était laissé prendre à son subterfuge, vantant en 2009 les mérites d’une oeuvre en néons reprenant une exhortation de Deng Xiaoping à s’enrichir. Prévenu, M. Osnos reconnaît: « C’est ce qu’on peut appeler une performance artistique, si ce n’est pas de l’art chinois ».

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/alpes/isere/un-ancien-eleve-des-beaux-arts-de-grenoble-se-fait-passer-pour-un-artiste-chinois-846119.html

[Emploi – Formation] Un kit enseignant pour expliquer les coopératives

Que celui ou celle qui a entendu parler des coopératives pendant son parcours scolaire ou universitaire lève le doigt ? Jusqu’à présent, on avait presque plus de chances de les côtoyer à l’école maternelle et primaire, avec les coopératives scolaires que dans une grande école ! Les choses évoluent lentement. Depuis 2013, il existe un accord-cadre entre le ministère français de l’Education nationale et celui de l’Economie sociale et solidaire (ESS) pour insuffler une sensibilisation à l’ESS dans les enseignements.

Du côté des coopératives, les résultats sont encore ténus, si l’on excepte la traditionnelle Semaine de la coopération à l’école. C’est pourquoi la CG Scop, confédération représentant les coopératives de travail en France, a décidé cette année de prendre le taureau par les cornes, en créant des partenariats et des outils pédagogiques, pour rendre ces entreprises plus visibles au collège et au lycée.

Des outils pédagogiques et ludiques

Pour Jacques Cottereau, élu en charge de la formation au sein de la CG Scop, « il y a effectivement besoin de faire connaître aux jeunes la diversité des modèles économiques entrepreneuriaux. Dès qu’ils entrent en contact avec le monde coopératif, ils sont intéressés, parce que cela répond aux aspirations des nouvelles générations d’avoir des métiers qui aient du sens. Il y a une pluralité des modes d’entreprendre ; il faut que chacun d’entre eux ait sa place à l’école. »
Mais encore faut-il des outils pour aider les enseignants à s’approprier des statuts d’entreprises qu’eux-mêmes n’ont sans doute pas croisés dans leurs propres formations ? Pour cette raison, la CG Scop vient d’élaborer un kit pédagogique, qui regroupe à la fois des modules d’animation pour les élèves et des ressources pédagogiques pour les professeurs. « Nous avons souhaité des supports détaillés, mais aussi ludiques, poursuit Jacques Cottereau. La vie en coopérative n’est pas triste ! Le kit contient donc un film d’animation réalisé par la Scop Possum Interactive, des documents historiques et économiques, des éléments de définition simples et des témoignages vidéo de coopérateurs. »

Elaborés avec la participation des enseignants

Le corps enseignant n’a pas été en reste dans la construction du kit pédagogique. Professeur d’histoire-géographie et d’instruction civique au collège Cité de Narbonne (Aude), Lionel Ricaud a utilisé l’an dernier une première version du kit pour intéresser ses élèves de troisième aux coopératives. « Au premier contact, ils pensent plus aux coopératives agricoles, nombreuses dans la région, qu’aux coopératives de salariés, raconte Lionel Ricaud. C’est nouveau pour eux. Et puis, au fil du cours, ils apprennent les valeurs d’égalité et de solidarité à l’œuvre dans les Scop et ils se demandent pourquoi toutes les entreprises ne sont pas comme ça ! »

L’initiative de cet enseignant a pris place il y a un an dans le cadre de Parcours Avenir, une initiative de l’Education nationale, qui consiste en une sensibilisation au monde professionnel tout au long du secondaire. Cette année, il a voulu aller plus loin, en proposant des améliorations au kit pédagogique : « j’avais déjà construit un questionnaire pour mes élèves. Il a été inclus dans l’ensemble des outils de l’interface pédagogique. J’ai aussi pensé qu’ils seraient sensibles à des témoignages vidéo, ce qui a également été ajouté. Enfin, je pense qu’il faut inciter les enseignants à inviter des salariés dans les classes. C’est mon projet pour l’an prochain, avec la Scop La Fabrique du Sud/La Belle Aude, usine de glace reprise par ses salariés. »

Cette année, cette sensibilisation a concerné deux classes de trente élèves, pendant deux heures. Et Lionel Ricaud a réussi à convaincre en plus deux de ses collègues d’utiliser le tout nouveau kit pédagogique, conçu dans une logique d’open source, où l’on peut piocher et rajouter des éléments. « Il faut que les élèves comprennent que l’entreprise peut inclure la démocratie, conclut le professeur, que les salariés peuvent être acteurs de leurs décisions ou qu’une entreprise peut partager ses bénéfices. Leur présenter tout cela de façon concrète aidera à ce qu’ils gardent dans un coin de leur tête ce type d’entreprise. »

Pourquoi ne pas inciter les élèves les plus motivés à se lancer eux-mêmes dans l’aventure coopérative ? C’est une des ouvertures préconisées dans le kit pédagogique, et c’est aussi une réalité tangible depuis quelques années au travers des mini-Scop, la version coopérative des mini-entreprises, portées par le réseau Entreprendre pour apprendre. Montées dans le cadre scolaire, elles mobilisent aussi fortement les enseignants. A Marcq-en-Baroeul (Nord), il y a un an, au sein du collège Jeannine Manuel, vingt élèves se sont ainsi attelés à la création d’une mini-Scop, sous la conduite de Maxime Dupire, professeur d’arts plastiques, passé auparavant par le monde de l’entreprise.« Pendant un an, nous nous sommes concentrés sur la création d’une mini-Scop, un statut choisi par les élèves, parce qu’il correspondait à leur projet, fabriquer des « butter sticks » pour les petits-déjeuners. Chacun des élèves a versé 15 euros, pour constituer le capital, ce qui les engageait. Cela leur a appris l’autonomie dans un cadre collectif. » L’initiative de la mini-Scop a obtenu le premier Prix national d’Entreprendre pour apprendre.
Intéresser les jeunes à la coopération peut prendre de multiples chemins. Y compris au-delà des frontières. La CG Scop vient de s’engager depuis la rentrée dans un programme d’ouverture à d’autres formes d’entreprendre, avec plusieurs partenaires européens, dans le cadre d’Erasmus Plus pour l’enseignement scolaire.

Découvrez l’interface pédagogique des Scop : www.les-scop.coop/interface-pedagogique

Eric Larpin pour le magazine Participes

[Cultures de l’Imaginaire] L’Empire Geek : de la contre culture au mainstream.

Quand je vous disais que les Geeks du côté obscur ce n’est pas une légende urbaine… 🙂

Photographie tirée de "La super expo !", manifestation collective à la galerie Sakura, Paris.
Longtemps considérés comme marginaux, les fanas de science-fiction, de jeux vidéo ou de comics voient aujourd’hui leur culture largement récupérée. De quoi bousculer une communauté jusque-là peu habituée à se remettre en question.

« Pour les grands médias, les geeks sont essentiellement une masse de curieux qui peuvent éventuellement constituer un bon sujet s’ils arrivent à les ridiculiser suffisamment. » Dans une vidéo datée de septembre 2013 (264 910 vues sur YouTube), un certain Usul, cheveux longs, air flegmatique, pipe au bec et pseudo emprunté au héros de Dune (le roman de Frank Herbert adapté au cinéma par David Lynch), dressait ce constat, avant d’ajouter : « Mais chez les journalistes de la presse culturelle de gauche, les geeks commencent à être ­cool.» Difficile de prétendre le contraire. Fini les lecteurs de comics marginalisés, les fans de jeux de rôle stigmatisés, les « hardcore gamers » brocardés parce qu’ils passeraient leur vie dans les mondes virtuels de leurs jeux vidéo préférés. Le cliché péjoratif du binoclard premier de la classe a vécu, et le geek est même entré dans le Petit Robert (en 2010, déjà).

Photographie tirée de "La super expo !", manifestation collective à la galerie Sakura, Paris.

D’une sous-culture…

S’il ne s’est jamais construit en rupture avec l’industrie du divertissement — Star Wars et sa myriade de produits dérivés ont prouvé qu’il s’agissait d’une culture de consommateurs —, l’univers des geeks a fini par s’étendre bien au-delà de l’entre-soi d’amateurs obsessionnels de mondes imaginaires. « Notre culture est devenue geek», tranche aujourd’hui Usul. Entre 2011 et 2013, les pastilles hebdomadaires, drolatiques et référencées de ce Lyonnais, ancien étudiant des beaux-arts, hébergées par jeuxvideo.com, ont conquis plus de 200 000 fans. Et d’enchérir : « Je dirais même que c’est toute la pop culture qui a changé. Ces niches ont été acceptées car elles sont devenues moins élitistes. » Si certains «délires hyper nerds » comme le speedrun (une pratique qui consiste à terminer un jeu vidéo le plus vite possible) continuent de s’ébrouer joyeusement sous le radar du grand public, la démocratisation de ces sous-cultures se vérifie d’abord de manière arithmétique. Il s’est écoulé 1,8 million de consoles de jeux en France en 2014, quatre films de superhéros ont dépassé le million d’entrées au box-office hexagonal l’an dernier, et les pulps de science-fiction — ces nouvelles confidentielles imprimées sur du papier de mauvaise qualité dans les années 50 — ont fait place aux décapitations haute définition de Game of thrones, série la plus piratée au monde.

Photographie tirée de "La super expo !", manifestation collective à la galerie Sakura, Paris.

… à une métaculture

Surtout, la culture geek, ce terme forgé depuis moins d’une décennie, est devenue une métaculture qui, en plus d’être populaire, est légitimée par des figures de proue telles que J. J. Abrams (passé de Lost à Star Trek et Star Wars : Episode VII) ouJoss Whedon (créateur de Buffy contre les vampires promu réalisateur de la très rentable franchise Avengers). En découvrant la possibilité de dialoguer ensemble, les geeks ont cessé d’être des outsiders. « Avec le Web, on a assisté à la naissance d’un fédéralisme geek, fait d’îlots reliés par des ponts, qui connectent la science-fiction au jeu vidéo, les jeux de rôle aux comics…, décrypte David Peyron, docteur en sciences de l’information et de la communication (Culture geek, éd. Fyp). L’une des idées fondamentales de cette culture, c’est de prendre en compte la réalité des fans et leur mode de vie. Des forums de la fin des années 90 jusqu’aux sites communautaires d’aujourd’hui, les geeks disent de plus en plus qu’ils sont communs mais multiples. » Certains lieux ont toujours revêtu pour eux l’importance d’une seconde maison : boutiques de comics dans les années 70, où les lecteurs venaient se ravitailler et socialiser ; cybercafés de la fin des années 90, où de fines gâchettes s’affrontaient dans d’épiques LAN (des parties multijoueurs) de Counter-­Strike (un jeu de tir) ; conventions à la Comic Con (abréviation de Comic Book Convention) aujourd’hui, avec leurs milliers de visiteurs et leurs stars en promo. Désormais connectés en réseau, les geeks ont colonisé le langage mais abandonné une part de leur identité. La « culture geek » dilue les singularités entre les dingues de Donjons & dragons, les lecteurs de Tolkien et les dépeceurs d’ordinateurs.

Photographie tirée de "La super expo !", manifestation collective à la galerie Sakura, Paris.

Nouveau langage

David Peyron tempère : « Il existe une sorte d’éthique du geek, qui est en réalité une approche de la culture, faite de références communes. » Curieux mais conservateur, ce public possède ses codes, ses approches encyclopédiques et son ­dénominateur commun : la création d’univers imaginaires, qu’il s’agisse de lointaines exoplanètes peuplées de créatures fantastiques ou de futurs dystopiques à la Robocop. Et pas besoin de vaisseau spatial. Nous respirons leur air. Comme dans Matrix ? « Leur vraie revanche, c’est que nous ­vivons dans le monde qu’ils ont inventé, ironise David Peyron. Le code informatique est le nouveau langage de l’humanité. Et Internet est le fruit de l’imaginaire geek : c’est la réalisation d’une utopie cyberpunk, celle d’un monde imaginaire intégré au nôtre. » En 1975, à la préhistoire d’Internet, la première liste de diffusion informatique ne se nommait-elle pas « SF Lovers », en référence aux amateurs de science-fiction ?

En devenant populaire, la culture geek s’immisce partout. Et en devenant geek, la culture populaire prend du galon. Mais cette extension du domaine du culte ne fait pas que des heureux chez ceux qui ont grandi en participant à son élaboration. Depuis 2010, Marvel a produit près de trente films pour le cinéma, issus de son large catalogue de super-héros, d’Iron Man aux Quatre Fantastiques. Un rythme frénétique. De quoi irriter l’acteur britannique Simon Pegg, coscénariste du prochainStar Trek… et nerd revendiqué. En mai dernier, dans une interview au magazineRadio Times et sur son blog, il est sorti du bois pour pester contre « le nivellement par le bas » de la production cinématographique geek. Invoquant le philosophe Jean Baudrillard et l’infantilisation de la ­société, il estime que « [l’industrie du divertissement] entretient notre flamme pour nos passions d’enfants afin de nous ­tenir à l’écart des vrais problèmes : les inégalités, la corruption, l’injustice économique », alors que « le fantastique est le véhicule pour les métaphores sociales les plus puissantes ».

Position dominante

Pegg met le doigt sur la plaie : la culture geek a longtemps rechigné à se poser des questions sur elle-même. Embarquée dans sa marche inexorable vers le futur, elle ne s’est même pas rendu compte qu’elle avait gagné. Et ce n’est pas qu’une bonne nouvelle. « C’est une culture d’hommes blancs, qui charrie le racisme, le sexisme et l’homophobie ordinaires de l’homme blanc », estime le youtubeur Usul. David Peyron renchérit : « La culture geek, née chez des Wasp privilégiés qui ont obtenu leur revanche sans difficulté, s’est enfermée dans son succès. » A tel point qu’en octobre 2014 Pete Warden, un ingénieur américain, s’est fendu d’un billet de blogtrès remonté et très relayé : « Les geeks et les nerds sont devenus plus importants. Ils ont de l’argent, du pouvoir, un statut […]. Nous nous comportons comme les rebelles de l’Alliance [les gentils dans Star Wars, NDLR], alors que nous sommes devenus l’Empire [les méchants dans Star Wars]. »

Photographie tirée de "La super expo !", manifestation collective à la galerie Sakura, Paris.

Citant l’exemple du Gamergate, il explique « [avoir eu] honte d’être un joueur ». Cette polémique, née l’an dernier, a explosé quand plusieurs personnalités féminines de l’industrie du jeu vidéo ont été prises pour cible par une frange ­farouchement masculiniste des gamers. Allant jusqu’aux menaces de mort envers certaines développeuses, cette violente échauffourée n’était pourtant que la partie émergée de l’iceberg.

Tribalisme

En 2012, Mar_Lard, une productrice française de jeux vidéo, s’attaquait de front au sexisme de la presse spécialisée, dénonçant « l’insupportable tribalisme de la geekosphère qui s’applique à exclure méthodiquement quiconque n’est pas un jeune homme blanc hétérosexuel ­vaguement ­cynique ». Quelques mois plus tard, dans un billet de blog de 70 pages en forme de manuel d’autodéfense, elle détaillait pourquoi la communauté « est malade ». Deux mille commentaires, des centaines de menaces et de messages de soutien plus tard, les alertes font-elles effet ? « Il y a une prise de conscience des problèmes de représentation, plein de microsecousses, suivies d’une lente progression », explique David ­Peyron. Dans les conventions, les amatrices de cosplay (jeu en cosume) verbalisent leur refus des violences sexistes ; les salons de jeux vidéo refusent de plus en plus de recourir à des « babes » dénudées qui se trémoussent sur les stands ; et Life is strange, un jeu français qui met en scène un personnage féminin qui n’est ni hypersexualisé, ni tourné en dérision, est l’un des grands succès critiques de l’année. « Les réactionnaires [hostiles à la parité]s’affolent », se réjouit Usul. Les geeks ont pris leur revanche sur la culture légitime, mais la partie n’est pas terminée.

[Collectivités territoriales – Réforme] Loi NOTRe : questions multiples

questions© AMATHIEU

Le gouvernement voulait faire de la réforme territoriale un acte de clarification de l’action des collectivités. Encore raté ! Avec ses 136 articles (pour 37 prévus dans le texte initial), la loi NOTRe a tout d’une usine à gaz. Même la fin de la clause générale de compétence pose plus de questions qu’elle ne résout de problèmes. Petit inventaire des casse-têtes en cours de recensement.

Cet article fait partie du dossier :

Réforme territoriale, décentralisation : on en est où ?

À discuter avec les territoriaux, DGS, juristes, financiers, qui, depuis sa promulgation, se « coltinent » la mise en application concrète de la loi NOTRe, on se rend compte de l’ampleur des questions que soulève ce texte. À croire que les heures de discussions au Parlement n’ont pas réussi à lever l’obstacle de sa mise en cohérence.

Des compromis illisibles

Premier constat, la loi ne comporte que peu d’éléments prescriptifs, peu de mesures directes, peu de dispositions claires. « Ce n’est pas une loi qui se comprend en la lisant, dit ainsi le directeur juridique d’un conseil départemental. À force de compromis, elle a n’a pas vraiment d’esprit ». Pas très étonnant, pour un texte qui comportait 37 articles dans sa version initiale, et qui est sortie du Parlement avec 136 articles. C’est donc « dans les interstices », selon les mots d’un de nos interlocuteurs, que va se jouer l’application de la loi.

Difficulté majeure pour les territoriaux : le flou du texte rend très difficile la production d’éléments juridiques « stables ».

Or, sur le terrain, ça ne va pas être aussi facile. Il y a bien sûr les élus qui, profitant des flous du texte, disent déjà qu’ils n’appliqueront la loi que dans la mesure où elle les arrange. Il y a aussi ceux qui veulent avant tout défendre les intérêts de leur collectivité : c’est particulièrement vrai en ce qui concerne les compétences qu’ils pourront, ou pas, continuer à exercer (pour les départements ou les régions), ou en ce qui concerne les subvention ou aides dont ils pourront encore bénéficier après la suppression de la clause de compétence générale. Partis de là, les élus attendent donc de leurs services qu’ils leur donnent des éléments à même de les aider à revendiquer ou à décider. Or, dans un certain nombre de domaines, le flou du texte rend très difficile la production d’éléments juridiques « stables ». Difficulté majeure pour les territoriaux. Où sont les éléments de flou ? En voilà une liste, non exhaustive évidemment.

La DGCL aux abonnés absents

« On n’a pas l’habitude d’être si peu sûrs des conditions d’application d’un texte, remarque la directrice juridique d’une grande collectivité. Nous sommes en attente d’éclaircissements sur de nombreux points et la DGCL est aux abonnés absents. Du coup, cela laisse un grand espace au pouvoir réglementaire des collectivités concernées ». Et les exemples sont nombreux.

Tel département possède et gère deux centres de vacances pour la jeunesse, l’un à la montagne, l’autre à la mer. Dans une période où on recherche les économies, la question se pose évidemment de leur suppression, et la fin de la clause générale de compétence offre un bon prétexte pour y parvenir. Mais voilà, la collectivité peut tout aussi bien décider que ces centres de vacances sont un élément important de sa politique en faveur de la jeunesse, sous réserve qu’elle adopte une délibération qui va dans ce sens. Juridiquement, les deux se tiennent. La parole sera donc dans un premier temps aux politiques, sous réserve que leurs services les aient convenablement éclairés, puis peut-être au contrôle de légalité. À moins que, sur ce sujet comme sur de nombreux autres, la DGCL décide d’intervenir à coup de circulaires.

Il faudra passer les politiques au crible pour décider si l’on continue ou pas à payer pour des actions qui ne relèvent plus de la collectivité.

Dans d’autres cas, il s’agira de demander à l’État de prendre ses responsabilités financières. Après la suppression de la clause générale de compétences, il s’agira donc de passer au crible les dépenses et les politiques afin de décider si l’on continue ou pas à payer pour des actions qui ne relèvent désormais plus de la collectivité. Les laboratoires départementaux sont ainsi dans l’œil du cyclone. Ils sont encore 75 en France, coûtant fort cher aux départements. Certains verront donc là l’occasion de s’en débarrasser, ou au moins de ne plus payer seuls. Ces laboratoires contribuent en effet de manière évidente, notamment à travers les analyses sur différents paramètres environnementaux ou à travers celles qu’ils effectuent pour le compte des agriculteurs, à la politique de l’environnement dans un cas, à celle de l’agriculture dans l’autre. Ces deux politique ne faisant plus partie de ces compétences départementales, on pourra légitimement, comme certains départements l’ont déjà fait, saisir les services des différents ministères concernés pour les informer de cette nouvelle position, et des conséquences à en tirer.

Autre exemple qui va dans le même sens : celui de ce département qui contribue aux frais de fonctionnement de deux centres d’information et d’orientation. Location des locaux, chauffage, nettoyage… il y en a, bon an mal an, pour près de 200 000€ par an. Le conseil départemental, estimant que désormais cette participation n’entre plus dans le cadre de ses compétences « resserrées », a saisi le rectorat, pour lui demander dans quelles conditions le transfert de ces frais de fonctionnement pouvait avoir lieu. Sans réponse pour le moment…

Un nouvel univers de compétences

Car avec la suppression de la clause générale de compétence, la période des compétences obligatoires et des compétences facultatives est révolue, remplacée par un univers de compétences exclusives et de compétences partagées, notamment pour ces dernières, entre le département et les régions.

Pour tenter de clarifier un peu les choses, la DGCL a produit au mois de septembre un « tableau de répartition des compétences« , qu’elle a mis en ligne sur son site internet. Politique par politique, les compétences sont ainsi détaillées et « attribuées » aux communes et EPCI, aux départements, aux régions et à l’État. Le problème, c’est que ne figurent pas les références des textes en vertu desquels cette répartition a été faite. Or, la loi NOTRe dit bien que régions et départements exercent désormais leurs compétences « dans les domaines de compétence que la loi [leur] attribue ». Or, si l’on reprend l’exemple des CIO, le texte qui autorise le département à s’en occuper est un… décret de 1958. Pas une loi donc, et ainsi pas de compétence départementale en la matière désormais. Il est donc bien nécessaire de connaître, compétence par compétence, la loi qui les attribue à la région ou au département pour être sûr qu’elle reste bien dans son giron. Force est de constater que la loi NOTRe n’y aide pas.

Dans quelle mesure, par exemple, les actions de lutte contre l’illettrisme menées par un département doivent-elle êtres poursuivies ?

Mais dans certains cas, on se trouvera quand même face à des situations bien difficiles à trancher. Dans quelle mesure, par exemple, les actions de lutte contre l’illettrisme menées par un département doivent-elle êtres poursuivies ? On pourra estimer qu’elle entrent pleinement dans la politique d’insertion menée en accompagnement du RSA, car il n’y a aucun sens à espérer que des personnes illettrées pourront être remises durablement sur la voie de la réinsertion sociale et dans l’emploi. On pourra tout aussi légitimement penser que, la formation étant définitivement une compétence exclusive des régions, ces actions devront lui être transférées à ce titre. Juridiquement, les deux positions se tiennent, au politique donc de trancher par délibération. À moins, là encore, que la DGCL ne le fasse.

« Périmètrer » , vite !

Que faire dès lors ? Un DGS conseille d’adopter une démarche de sécurité juridique : délibérer au plus tôt sur les compétences qu’on entend continuer à exercer, afin de « périmètrer » le plus précisément possible les politiques de la collectivité. « Mais, dit notre DGS, il va falloir convaincre les élus qui n’ont pas l’habitude de cette démarche et qui ont plus l’habitude d’intervenir au coup par coup ». Quelques exemples permettront de mieux comprendre cette nécessité de « périmétrage ». Que fait-on des subventions que nombre de départements accordaient aux associations locales des maires ? Illégales désormais, diront sans doute les préfets. Mais les supprimer est politiquement compliqué pour bien des exécutifs départementaux, qui pourront, peut-être, même si c’est juridiquement un peu « tordu », les justifier au titre de leur compétence de solidarité territoriale.

Certains conseillent de délibérer au plus vite pour mettre les préfets devant LE fait accompli.

Autre sujet éminemment délicat, qui préoccupe fortement les juristes : la composition des divers syndicats. Au nom de leurs diverses politiques, les départements sont présents dans nombre de ces syndicats : électricité, développement du haut débit, syndicats de pays… la liste est longue. Beaucoup de départements, qui craignent que la fin de la clause générale de compétence ne signe le début du déclin de leur influence, souhaiteront rester dans ces syndicats. Mais dans bien des cas, la loi NOTRe est muette sur les conditions dans lesquelles ils pourront le faire. Certains conseillent donc de délibérer au plus vite pour fixer les choses, afin de mettre les préfets devant un fait accompli et rendre plus difficile une éventuelle « expulsion ».

Régions/départements, un grand champ d’incertitude

Enfin, un grand champ d’incertitudes s’ouvre dans les rapports entre départements et régions sur les compétences transférées de uns aux autres. Un exemple ? Les transports scolaires. La loi dit que la compétence est transférées aux régions qui pourront, si les départements sont d’accord, la leur déléguer en retour. Mais ce principe soulève de nombreuses question : que déléguera-t-on dans ce cadre ? L’intégralité de la compétence, et donc la définition totale de la politique de transports scolaires (tarifs, gratuité, itinéraires desservis…) ? Et dans ce cas, qu’en sera-t-il de l’égalité devant le service public entre des départements d’une même région qui n’offriront certainement pas le même niveau de service ? Et si l’intégralité de la politique n’est pas déléguée, imagine-t-on un département se contenter d’avoir à procéder à la simple mise en œuvre de décisions qu’il n’aura pas prises ?

Qu’en sera-t-il de l’égalité devant le service public entre des départements d’une même région qui n’offriront certainement pas le même niveau de service ?

Rarement une loi aura ouvert autant d’incertitudes dans sa mise en œuvre. Les choses se décanteront donc au fur et à mesure, mais on peut quand même conclure sur une interrogation. Les partisans du cumul des mandats expliquent à qui veut l’entendre la nécessité d’un Parlement où les élus locaux doivent être présents en nombre, comme une garantie contre les usines à gaz éloignées des préoccupations et des contraintes du terrain. On voit ce qu’il en est, et ce qu’ont pu produire une Assemblée nationale et un Sénat encore composés à 76 et 81 % de parlementaires détenteurs d’un mandat local.

SOMMAIRE DU DOSSIER

  1. Loi NOTRe : des questions à la pelle
  2. Loi NOTRe : « Il aurait fallu aller vers une véritable régionalisation »
  3. Jean-Marie Bockel : « La réforme de l’État doit passer avant celle des collectivités »
  4. Décentralisation : une loi NOTRe bien décevante
  5. Face à Lille, comment Amiens tente d’être aussi capitale régionale
  6. Réforme territoriale : vous n’y voyez rien et vous voulez manager ?
  7. Décentralisation : EPCI, périmètres, ville centre, pilotage et ressources
  8. Réforme territoriale et régions : l’Alsace joue les Astérix
  9. Réforme territoriale : un immense gâchis
  10. La région au milieu du gué
  11. Réforme territoriale, élections, budget : rentrée à hauts risques pour le gouvernement
  12. Exclu : nouvelle version du projet de loi sur les compétences
  13. Où va la décentralisation ? Dans le mur !
  14. Réforme territoriale : faut-il un référendum ?
  15. Et si nous n’avions pas assez de communes ?
  16. Valls annonce le Big Bang territorial
  17. « De toute façon, les fusions de régions ne rapportent pas grand-chose »
  18. Loi MAPAM et culture : craindre la décentralisation ou parier sur elle ?
  19. Décentralisation : « Comment nier que trois collectivités coûtent plus cher qu’une seule ? »
  20. Un problème ? Créez une collectivité !
  21. Projet de loi décentralisation : résumé en 8 points
  22. Acte III de la décentralisation ou… réforme de la réforme des collectivités ?
  23. Patrick Devedjian : « Nous assistons à une véritable recentralisation »

Source : http://www.lettreducadre.fr/12198/loi-notre-des-questions-a-la-pelle/?utm_source=flash-info-ldc&utm_medium=email&utm_campaign=flash-info-02-11-2015 – 29/10/2015 | par Nicolas Braemer