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[Société – Précarité] Le taux de précarité a doublé en vingt ans et touche surtout les jeunes et les agglomérations

Insertion/Emploi

Alors que la prime d’activité – née de la fusion du RSA activité et de la prime pour l’emploi – doit se mettre en place le 1er janvier 2016 (voir notre article ci-contre du 1er septembre 2015), le Centre d’observation de la société (COS) publie deux analyses sur la précarité de l’emploi, qui correspond pour partie à la situation visée par cette nouvelle prestation. Le COS est dirigé par Louis Maurin, par ailleurs fondateur de l’Observatoire des inégalités.

Plus de trois millions de salariés précaires

Le premier article cherche à cerner « L’étendue de la précarité en France ». Le terme précarité s’entend ici comme définissant les personnes disposant d’un statut professionnel précaire : stage et contrat aidé, CDD (contrat à durée déterminée), intérim, apprentissage… Dans cette acception, les précaires représentent 3,2 millions de personnes, soit 14% du total des personnes en emploi (25,8 millions). Si on retire l’apprentissage (considéré par l’Insee comme un statut précaire, mais qui est davantage lié à la formation qu’à l’emploi) et les stagiaires et contrats aidés, le taux de précarité tombe à 11%.
L’étude montre que la précarité de l’emploi a connu une brutale accélération entre le milieu des années 80 et la fin des années 90. Au cours de cette brève période, le taux de précarité a plus que doublé, passant de 5% à 12%. En revanche, le taux de précarité tend à rester stable depuis le début des années 2000, autour de 11 à 12%. La crise de 2008-2009 a même eu pour effet paradoxal de réduire la précarité de l’emploi, dans la mesure où les salariés précaires ont été les premiers licenciés afin de préserver les effectifs en CDI.

Un taux de précarité de 50% chez les 15-24 ans

Autre enseignement de l’étude : « Le marché du travail n’est pas ‘précarisé’ dans son ensemble. Le taux moyen de précarité masque des écarts énormes en fonction de l’âge et du niveau de qualification ». Sur ce point, les résultats sont sans ambiguïté : les principales victimes de la précarité sont les jeunes, avec un taux de précarité qui frise les 50% chez les 15-24 ans.
Là aussi, la rupture s’est produite entre le milieu des années 80 et la fin des années 90, le taux de précarité passant de 17% à 47%, ce qui a installé un véritable « marché du travail à deux vitesses […] avec un pôle de salariés de plus en plus stables, qui s’accrochent à leur emploi, et de salariés de plus en plus instables, souvent jeunes et peu qualifiés, allant de contrat en contrat ». Ce poids de la précarité de l’emploi chez les 15-24 ans n’est évidemment pas neutre au regard de l’ouverture de la prime d’activité à cette tranche d’âge.

Où vivent les précaires ?

Le second article cherche à savoir « Où vivent les précaires ? ». Il apparaît ainsi que la précarité de l’emploi s’accroît avec la densité de population. Près des deux tiers des salariés précaires vivent en effet dans des communes de plus de 20.000 habitants (alors que celles-ci regroupent environ 40% de la population) et 45% dans des agglomérations de plus de 200.000 habitants (qui abritent environ 10% de la population française), dont 15% à Paris.
La part des précaires parmi l’ensemble des salariés est ainsi de 9,9% dans les communes rurales, de 11,2% dans les unités urbaines de moins de 20.000 habitants et de 12,9% dans les unités urbaines de 20.000 à 200.000 habitants. Elle culmine à 13,9% du total des salariés dans les unités urbaines de plus de 200.000 habitants, hors agglomération parisienne. Cette dernière affiche en effet un taux nettement plus faible de 10,2%.

Source : http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250269943541&cid=1250269929284 – Jean-Noël Escudié / PCA

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[Culture de l’Imaginaire – Société] Jeu de rôle Grandeur Nature et Handicap psychique

Ce documentaire illustre parfaitement le fait que le jeu de rôle permet de développer des « compétences sociales », voire même de rompre un certains isolement.

[Jeunesse – Education – Société] Et pendant ce temps-là, la prévention spécialisée est sabrée

Sur le terrain, les éducateurs sont de véritables experts en termes de prévention de la délinquance.
Photo : Valinco/Sipa
De nombreux départements font de plus en plus d’économies sur les postes d’éducateur de rue, estimant leur travail inutile. Un choix pénalisant
à l’heure où beaucoup dénoncent le délitement de la relation à l’autre. Exemple dans la Drôme, où les crédits ont été divisés par deux cette année.

C’est l’heure de la pause-déjeuner. Deux fois par semaine, les éducateurs spécialisés de la commune de Crest (Drôme) rejoignent la cantine du lycée Armorin pour partager leur repas avec des jeunes. Une façon de travailler sur le lien, ce lien social au cœur de la mission de la prévention spécialisée. Mais ça risque de ne pas durer. Le conseil départemental a décidé de diviser par deux les crédits qui leur sont affectés et de se recentrer sur les seuls quartiers prioritaires de la politique de la ville. Concrètement, si rien ne change, au 31 décembre, les trois postes d’éducateur de rue de la ville de Crest et d’Aouste, toute proche, vont disparaître, de même que la moitié des postes sur l’ensemble du département. Une aberration encore plus insupportable depuis les attentats de janvier 2015 et de vendredi dernier.

« De véritable caméléons,
des généralistes de l’accompagnement »

Géraldine Pajeot, en poste depuis quatorze ans, ne peut s’y résoudre. Insupportable de lâcher les jeunes de 11 à 21 ans qu’elle suit et accompagne. De briser un lien de confiance, construit au fil du temps, selon le principe de la libre adhésion, du respect de la confidentialité et de l’anonymat – qui constituent le principe de la prévention spécialisée, née après la guerre. La santé, la lutte contre la toxicomanie, le décrochage scolaire, l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, le soutien aux parents, les « éducs de rue » interviennent tous azimuts et savent être très réactifs. « De véritable caméléons, des généralistes de l’accompagnement », selon la sociologue Véronique le Goaziou, auteure d’un ouvrage sur la question à paraître début décembre. « Les éducateurs de rue sont là où leur public est et c’est fondamental, explique-t-elle. Mais par leur discrétion, ils ne disent pas ce qu’ils font et ça ne se voit pas. » Et cela, ils le payent cher. Pire, on les juge même inutiles.

Initialement compétence de l’État, la prévention spécialisée est gérée par les départements depuis la loi de décentralisation de 1986 et dans le cadre de la protection de l’enfance. Au mieux, elle subit des coupes budgétaires. Au pire, une suppression pure et simple des subventions, comme c’est le cas dans le département du Loiret. Une action en justice est en cours et le tribunal administratif a donné raison à l’association de la prévention spécialisée du Loiret, rappelant la compétence du département dans ce domaine.

Pourquoi de telles attaques contre un secteur où les éducateurs sont de véritables experts d’un territoire en termes de prévention de la délinquance ? Loïc Chasson intervient, lui, à Romans, dans le quartier populaire de la Monnaie, 4 000 habitants – dont 45 % ont moins de 25 ans – et dont 100 % sont allocataires à la caisse d’allocations familiales. « Nous étions six éducateurs sur la Monnaie et le centre-ville, nous passons à quatre. Mais on ne lâche pas nos projets en cours, même si mes collègues, super solides, tombent malades les uns après les autres. »

Des actions solidaires 
pour « garder (nos) éducateurs »

Dernière réussite en date, le Lab’elles, local pour les jeunes femmes. « Nous n’arrivions pas à être en lien avec les filles, qui mettent en place de véritables stratégies d’évitement pour se protéger de la domination des garçons. » Depuis septembre, une trentaine d’entre elles gravitent autour de leur lieu, passent y faire leurs devoirs quand ce n’est pas possible à la maison, s’entraident, échangent sur la difficulté de se mouvoir dans le quartier et dans la vie en général… Les éducateurs le disent là où ils ne peuvent plus intervenir, d’autres associations prennent le relais et diffusent un discours religieux.

Depuis septembre, grâce aux réseaux sociaux, des jeunes se sont mis en lien pour apporter leur soutien à leurs éducateurs. Un garçon a lancé une pétition, une jeune femme a organisé une manif devant la médiathèque de Crest pour « garder (nos) éducateurs ». Et des témoignages vidéo foisonnent sur Facebook. À l’heure où certains dirigeants politiques versent des larmes de crocodile sur le délitement du lien social, ces travailleurs de l’ombre seront-ils entendus ?

Les départements concernés  Le Loiret, la Drôme, 
le Var, les Alpes-Maritimes, la Seine-Maritime, 
les Charentes, le Gard, Paris, le Maine-et-Loire, l’Eure-et-Loir, le Bas-Rhin… la liste ne cesse 
de s’allonger. Ces départements baissent voire suppriment
les subventions à la prévention spécialisée.

 (1) Éduquer dans la rue. La prévention spécialisée aujourd’hui. Presse de l’école des Hautes Études en santé publique, préfacé par Laurent Mucchielli.

Source : http://www.humanite.fr/et-pendant-ce-temps-la-la-prevention-specialisee-est-sabree-589954

[Culture – Innovation] Covoiture-art ! Partager les voitures ET les visites culturelles!

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METTRE EN RELATION DES VOYAGEURS ET LEURS AFFINITÉS CULTURELLES

Voici le premier site en ligne qui crée de façon dynamique un rapprochement Culture/Transport.Depuis l’an dernier Covoiture-art propose de réunir des personnes (dont une possédant une voiture) voulant se rendre sur un même lieu culturel. Covoiture-art a notamment noué un partenariat avec quelques châteaux mal desservis depuis Paris, tels Vaux-le-Vicomte et Pierrefonds, qui font bénéficier aux usagers du système d’une petite réduction sur leur ticket d’entrée.

PARTAGER VOS GOÛTS ET VOS VOITURES! Tout projet qui s’intéresse de près à clients/visiteurs, qui pense à ce qu’ils ont envie de visiter mais aussi aux difficultés d’accès de la culture est sans doute un bon projet, à notre avis, car il va dans le sens de ce que demandent les visiteurs  depuis longtemps : être considérés, aidés, accompagnés; ils demandent aussi de la convivialité, des rencontres,comme nous l’avons vu à d’autes occasions dans ce petit blog, avec le succès des Greeters, par exemple.
Qui se ressemble s’assemble? J’ai toujours rêvé d’un site Internet où l’on ne donnerait aucune de ses qualités, aucun de ses désirs, mais seulement une liste de films ou d’artistes que l’on aime: si vous aimez les mêmes choses, en route pour l’amitié!

Nous souhaitons longue vie à cette nouvelle expérience et qu’elle se développe. Car il est souvent difficile d’aller voir certains sites ou événements culturels  avec les transports publics, comme en témoigne la récente enquête du Journal des Art que nous vous présenterons et qui concerne les châteaux autour de Paris.

APRÈS LES MAISONS,  LES REPAS ou les canapés (Couch Surfing) partager les visites culturelles est une très bonne idée! Que le site Internet s’ouvre vite au Tourisme international (et soit traduit en 12 langues…) serait aussi un impératif, car 80% des touristes étrangers aiment l’idée de « partager » et découvrir notre pays avec et grâce à ses habitants.Le voyage de « masse » est de moins en moins l’option choisie, et la « personnalisation » des offres est aujourd’hui une obligation!

LE SITE INTERNET : http://www.covoiture-art.com/

I– UNE CARTE DE FRANCE  INTERACTIVE propose 1390 destinations sur la page d’accueil du site Internet , pour permettre à chacun d’accéder à la culture de la meilleure façon qui soit : convivialité, partage et solidarité sont au programme de ce moment de curiosité et de plaisir.
II- DES PARTENARIATS POUR DIMINUER LES PRIX des entrées sont aussi en cours (une dizaine de partenariats signés en octobre), pour donner accès à des prix réduits.Dont le Centre des monuments nationaux, dont certains châteaux ou monuments sont souvent compliqués à joindre par les transports publics.
Nous espérons aussi que des mécènes aideront cette jeune entreprise. Comme le font les allemands, avec un principe des « Grosses entreprises aident les petites à grandir « , ou comme le prévoit la politique culturelle en italie :  le ministre Dario Franceschini  entend demander aux établissements importants d’aider tous les plus petits, quelque soit leur statut, public ou privé.

III- COMMUNICATION : la très mignonne pettie vidéo de COVOITURE-ART, c’est ici:

Vidéo du 10 juil. 2014 Produced with Explee: http://explee.com.

Pour en voir plus :
– Voir toutes les propositions à venir : http://www.covoiture-art.com/evenements-culturels/
– Lire tous les témoignages de covoitureurs : http://www.covoiture-art.com/temoignages/

IV- LES CHÂTEAUX autour de  PARIS,parfois un « parcours du combattant » avec les  transports publics!
C’est un peu ce que l’on peut conclure après avoir lu l’article, dqans le journal des arts, de Margot Boutges & Francine Guillo, « Les châteaux de Paris, si près et si loin » (Le Journal des Arts,n° 434-24 avril 2015):
« Excepté Versailles, de nombreux châteaux visitables aux alentours de Paris pâtissent d’un accès difficile par les transports en commun, qui handicape leur développement. En train, en RER, en bus, se rendre dans les châteaux d’Île-de-France et de Picardie n’est pas facile, alors même que certains se trouvent aux portes de la capitale
LES TRANSPORTS EN COMMUN DE 13 CHÂTEAUX AU BANC D ESSAI. Cette  l’enquête du Journal des Arts, détaille les conditions d’accès avec des transports publics de treize sites  : Sceaux, La Malmaison, Versailles, Écouen,Musée national de la Renaissance; Maisons Laffitte; Saint-Germain-en Laye;Champs-sur-Marne; Chantilly;Vaux-le-Vicomte, Rambouillet; Fontainebleau; Compiègne et Pierrefonds. Voir le pdf ICI.
http://www.lejournaldesarts.fr/pdf/jda434/JDA434-chateaux-Paris-2015.pdf
– Les Principales conclusions de l’enquête:
1- Temps d’attente en gare ou avant la visite : le temps d’attente en gare entre deux trains peut s’allonger jusqu’à deux heures en pleine journée.Quant à Versailles comptez plusieurs heures de file d’attente ou un « revenez deamin » halluciant.
2- Peu de signalétique : les gares parisiennes ne proposent pas de panneau orientant vers les lignes à prendre pour se rendre sur le lieu patrimonial visé. Une fois installé dans le train, le visiteur doit veiller à ne pas rater son arrêt.
3- Arrivé à la sortie de la gare,les problèmes continuent : plus de vingt minutes de marche pour Champs-sur-Marne ou Fontainebleau (trente-cinq minutes), parfois en forêt (à Écouen)et par temps de pluie, on fait comment?. Les navettes entre gare et si monument sont synchronisés sur l’horaire des trains arrivant de Paris(Chantilly et Vaux-le-Vicomte), mais parfois l’arrêt du bus est mal indiqué (Chantilly)et on peut le louper, ou encore ne pas exister! Avec mon amie Aube Lebel nous avons constaté que, hors saison, il n’y avait pas de navette pour aller au Château de Chammbord… Taxi obligatoire.
4-Horaires d’ouverture et Restauration : parfois difficle comme à Fontainebeau (derniers visiteurs à 16h15!) ou à la Malmaison ( pas de restauration, même légère sur place).Certains châteaux sont fermés à l’heure du déjeuner.
5- Coûts élevés! « Sans remise et sans programme de fidélité, un aller-retour à Malmaison revient à environ 7 euros et 18 euros à Fontainebleau. Mais il faut plutôt compter 30 euros pour se rendre à Compiègne, auxquels peuvent s’ajouter le prix d’un ticket de métro à Paris, le droit d’entrée au château ou le déjeuner sur place ».Certaines gratuités ou réductions existent mais son peu connues(Mobilis ou Pass Navigo) », dit l’enquête du JDA.
EN CONCLUSION : quelques expériences existent déjà sur ce principe du « voyage ensemble selon des affinités », mais les usages numériques permettent de démultiplier ces offres classiques (TaxiTram en Ile de France pour l’art contemporain, depuis 2005)taxitram@tram-idf.fr; Bus de l’Art Contemporain (BAC)de Bordeaux ou celui les Bus Culture de Mios (33) et de l’intercommunalité des communes de l’Ourcq..).LLe paiement sécurisé en ligne est aussi bien pratique. Covoiture-art ouvre les cercles fermés d’amateurs « fans de culture » en permettant des rencontres multi-thèmes (Art, histoire, monuments, événements…).Le voyage devient rencontre, et la rencontre devient « expérience » tout au long du trajet A/R: Avant la visite, on peut en parler dans la voiture; pendant la visite, on peut partager ses commentaires, et après, se raconter ses coups de coeurs ou ses déceptions.

Source : http://www.nouveautourismeculturel.com/blog/2015/11/18/covoiture-art-partager-les-voitures-et-les-visites-culturelles/

[Société – Jeunesse] Latifa Ibn Ziaten : «Pour que les enfants d’origine maghrébine aiment la France, il faut la mixité»

Latifa Ibn Ziaten, la mère d'un soldat français tué par Mohamed Merah en mars 2012, après avoir reçu le prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits.
Latifa Ibn Ziaten, la mère d’un soldat français tué par Mohamed Merah en mars 2012, après avoir reçu le prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits.Photo Jacques Brinon. Pool. AFP

La lauréate du prix de la fondation Chirac pour la prévention des conflits a tenu jeudi un discours à la fois poignant et fort, notamment devant François Hollande.

Contre le «cœur vide» et les «ghettos fermés» de la République. Engagée dans la lutte contre la radicalisation des jeunes, Latifa Ibn Ziaten semble perdre courage. Les attentats du 13 novembre sont venus entamer sa détermination à sillonner la France des écoles et des prisons pour porter son message de tolérance. Jeudi, en recevant le prix de la fondation Chirac pour la prévention des conflits, la mère de la première victime de Mohammed Merah en 2012 a demandé l’aide de l’Etat et de François Hollande. «Quand je suis allée voir mon fils, ce bel homme, à la morgue, j’ai pris sa main, raconte la mère d’Ihmad. Et je lui ai dit : « Je t’ai élevé avec des valeurs républicaines » et je suis fière du pays qui m’a accueillie. Alors j’ai promis à mon fils, je lui ai donné ma parole mais j’ai besoin d’aide pour passer ce message de paix et de vivre ensemble.» Au premier rang, François Hollande écoute sans un mouvement. Avant de monter à la tribune, Latifa Ibn Ziaten avait pris place entre les ministres Christiane Taubira, Fleur Pellerin, Najat Vallaud-Belkacem et Marylise Lebranchu. La diversité incarnée.

Sans note, en larmes et portant son voile noir et blanc, elle s’est élevée contre ces classes composées à «95% d’enfants d’origine maghrébine»dans les banlieues. «Ils ne peuvent pas avancer, s’intégrer, aimer la France. Pour aimer la France, il faut leur tendre la main, il faut la diversité, il faut la mixité», insiste celle qui milite depuis trois ans pour le dialogue culturel et interconfessionnel. «Mon fils est mort debout et je reste debout à chaque fois que je témoigne.»

Au problème «très grave» dans les écoles répond le «problème très très grave» dans les prisons. «Il y a des gens qui se convertissent. Il n’y a pas de règle dans les prisons. On dit les droits de l’homme, mais on doit faire des règles dans les prisons. Des règles pour le sport, pour les heures de télévision. Ce n’est pas le prisonnier qui commande. Les gens qui travaillent dans les prisons, ils souffrent, ils demandent de l’aide. On doit travailler, on doit aller vers l’autre.» Latifa Ibn Ziaten réclame aussi des moyens pour son association de lutte contre la radicalisation,«Imad Ibn Ziaten pour la jeunesse et la paix». Son association intervient auprès des enfants, adolescents et jeunes adultes, de tous les milieux sociaux, notamment de détenus en milieu carcéral. Jamel Debbouze en est le parrain. Mais depuis trois ans, elle galère avec deux fonctionnaires et même pas de toilettes. «Si vous ne m’aidez pas, je perds mon courage», prévient-elle avant de promettre : «Je resterai toute ma vie à combattre. J’aime le Maroc, j’aime la France, c’est mon père et c’est ma mère. Je n’aime pas les séparer.»

Source : http://www.liberation.fr/france/2015/11/19/latifa-ibn-ziaten-pour-que-les-enfants-d-origine-maghrebine-aiment-la-france-il-faut-la-diversite-il_1414716 – Laure Bretton

[Education – Jeunesse] Des imams de France prennent des mesures contre la radicalisation des jeunes

Les présidents d’associations musulmanes et les imams du Val-d’Oise et de Puteaux-La Défense dans les Hauts-de-Seine se sont réunis à la mosquée d’Argenteuil pour tenter de trouver des solutions pour lutter contre la radicalisation, indique Le Parisien. « Il faut agir. Ces terroristes font du mal à l’islam, aux musulmans. Notre rôle est fondamental », lance Abou Bakr Sabri de la mosquée As Salam d’Argenteuil. Un appel par lequel les imams et présidents d’associations musulmanes ont répondu par une série de mesures.

Les dirigeants musulmans proposent d’abord d’organiser un colloque d’un week-end sur la radicalisation. En prolongement de cette idée, ils proposent d’organiser des rencontres entre un jeune ayant séjourné en Syrie et de jeunes musulmans. L’objectif de cette rencontre est que le jeune ayant séjourné en Syrie raconte l’horreur dans les zones de combat pour les dissuader de partir.

Toujours parmi les mesures annoncées lors de cette rencontre, l’organisation de deux congrès. Le premier sera un  congrès des imams. Le second devrait être un congrès de la jeunesse musulmane pour tenter de comprendre les raisons de la radicalisation. Et enfin les imams et leaders associatifs musulmans ont proposé une mobilisation contre la radicalisation des jeunes via internet par la création d’un site expliquant l’islam.

 

Source :
http://www.yabiladi.com/articles/details/40296/imams-france-prennent-mesures-contre.html

[Cultures de l’Imaginaire] Jeu de rôle : Le Masque et l’Epéé – Nouvelle Fiche de personnage

Fiche de personnage – Le masque et l’Epée by François Vanhille

https://www.scribd.com/embeds/290403254/content?start_page=1&view_mode=scroll&access_key=key-ANRN5EpVLYMFcEpHFZvR&show_recommendations=true

[Politiques publiques] SPIRAL : une méthode de concertation qui se développe en France.

spirale2© yganko

La Gironde, le Nord, Mulhouse, Grenoble… toutes ces collectivités ont adopté une méthode de concertation centrée sur le bien-être, où chacun prend sa part de responsabilité en vue d’un changement collectif. La méthode s’appelle Spiral.

Mulhouse est la première ville en France à avoir expérimenté Spiral (1), une démarche de concertation élaborée par le Conseil de l’Europe. Spiral vise à dégager les indicateurs de bien-être et à mobiliser tous les acteurs d’un territoire, dans la coresponsabilité et la coconstruction d’un projet. Dès 2009, à Mulhouse, une dizaine d’actions pilotes, très diverses, ont été lancées : autour d’allocataires du RSA, au niveau du parc zoologique communal, à l’échelle d’un quartier, dans un service santé de la ville, sur la thématique « il faut tout un quartier pour éduquer un enfant ».

À l’issue du processus Spiral, que s’est-il passé ? « Les participants ont vu leur bien-être augmenté, parce qu’ils se sont mis en situation de coresponsabilité ; ils ont mis en place des actions pour changer les points négatifs » explique Sébastien Houssin, qui, en tant que chef de projet « Territoire de coresponsabilité », a suivi la mise en place et constaté les conséquences de Spiral à Mulhouse.

Spiral répond à un contexte particulier où il y a besoin de coresponsabilité et elle propose clés en main de nombreux outils.

Au niveau international, la communauté des adeptes de Spiral, réunie dans le réseau Together, compte quatre cents membres. Signe d’un intérêt émergeant dans l’Hexagone, une déclinaison française du réseau Together a vu le jour le 5 décembre 2014. Le ministère de l’Écologie, du développement durable et de l’énergie lui a apporté son soutien. Un peu moins d’un an après, Sébastien Keiff, secrétaire général de Together France constate : « La méthode Spiral décolle. Il y a une magie qui est en train d’opérer. Je pense que cela répond à un contexte particulier où il y a besoin de coresponsabilité et qu’elle propose clés en main de nombreux outils (2) ».

Sébastien Keiff, secrétaire général de Together France : « Nous avons, tous, une partie de la solution »
« Connaissez vous le conte de Pierre Rabhi ? Un petit colibri veut éteindre l’incendie avec une goutte d’eau. Et le tatou lui dit : « Tu ne peux pas y arriver seul ! ». En effet, la forêt brûle, à la fin. Quelle aurait dû être la part du lion, du zèbre, de l’éléphant… ? C’est un peu ce qu’on est en train de vivre sur les territoires. Nous avons, tous, une partie de la solution pour répondre aux enjeux de la société, pour résoudre la crise que nous sommes en train de traverser. Mais il faut pouvoir poser cela clairement, et mesurer les progrès réalisés… On peut le faire grâce àSpiral. »

Une méthode, trois questions

La méthode Spiral invite des groupes d’acteurs homogènes (habitants, entrepreneurs, commerçants, agents territoriaux, jeunes, retraités, etc.) à se poser trois questions : « Qu’est-ce qui fait pour moi le bien-être sur mon territoire ? Qu’est-ce que le mal-être au contraire ? Et qu’est-ce que je suis prêt à faire pour contribuer au bien-être collectif ? ». Ces trois questions peuvent s’appliquer quasiment à tout type de sujet et d’enjeu… On distingue toutefois trois grandes entrées : l’entrée territoriale (un quartier, une ville, un département), l’entrée organisationnelle (une maison des habitants, un centre de soins, un service de collectivité etc.), et enfin l’entrée thématique ou « politique publique » : les déplacements, la santé, etc. Comme toute méthode participative un tant soit peu élaborée, Spiral requiert un certain temps de prise en main. Chaque groupe Spiral doit surtout être dirigé par un animateur formé. « Aujourd’hui, au réseau Together, nous formons aussi bien des citoyens, des associations de l’éducation populaire, des techniciens de collectivités, des entreprises que des élus » commente Sébastien Keiff.

La méthode Spiral invite des groupes d’acteurs homogènes (habitants, entrepreneurs, commerçants, agents territoriaux, jeunes, retraités, etc.) à se poser trois questions.

L’un des principes actifs de Spiral, comme son nom l’indique, est de faire tache d’huile. Il faut, ainsi, en théorie, démarrer le processus avec un petit groupe de dix à douze personnes très hétérogènes.

Puis chacune de ces personnes va reproduire la démarche (« les trois questions ») avec des composantes de son homogénéité… Exemple : un élu va renouveler Spiral avec d’autres élus, un bénéficiaire du RSA avec d’autres bénéficiaires. Tous les groupes vont lister leurs engagements, leurs attentes, les actions qu’ils sont prêts à entreprendre. La réunion dite « arc-en-ciel » rassemble enfin tous les groupes qui vont, ensemble, sous la houlette d’un animateur, prioriser les actions.

Premiers résultats…

Aux côtés du Portugal, de la Grèce, du Cap-Vert, etc. la France fait figure de débutante en matière de méthode Spiral. Et il y a finalement très peu de territoires qui aient autant de recul que Mulhouse.

La France est une débutante en matière de méthode Spiral : très peu de territoires ont autant de recul que Mulhouse.

La commune a d’ailleurs produit un « carnet de voyage en coresponsabilité ». Y sont réunies une centaine de pages qui détaillent les cheminements des projets, leurs aboutissements et les enseignements à en tirer. Si les résultats ne sont pas spectaculaires, les actions mises en place fleurent bon l’intelligence collective. Au lycée Schweitzer, par exemple : trois journées par an consacrées à l’expression libre ont été instaurées, durant lesquelles les élèves n’ont pas cours et discutent de tout avec les professeurs. Côté agents, le personnel d’entretien, qui souffrait d’un déficit de considération, vient se présenter, désormais, devant toutes les classes, en début d’année, etc.

Christine Edel, directrice du service Participation citoyenne à Mulhouse : « Coévaluer des projets avant d’agir »
« Forts d’une riche expérience sur Spiral, nous continuons à utiliser la méthode, en particulier, pour co-évaluer des projets avant de redémarrer des actions dans le cadre du CUCS par exemple. Nous poursuivons Spiral sur les quartiers avec les bénéficiaires du RSA et prochainement dans le cadre de notre label « Ville amie des aînés ». Mais nous mixons aussi cette méthode avec d’autres approches. Nous enclenchons désormais une nouvelle dynamique : celle de territoire hautement citoyen. »

En Gironde, la méthode de Spiral permet depuis un an et demi, de rebattre les cartes de l’agenda 21, qui en est à sa troisième mouture. « On a ainsi pu attraper le développement humain, qui est au cœur de l’agenda 21. La cohésion sociale est en effet l’un des cinq piliers… » rappelle Sébastien Keiff, également responsable adjoint de la Mission Agenda 21 en Gironde. Consulté(e)s sur leur bien-être conformément à la méthode Spiral, les Girondin(e)s ont porté en avant, comme défi d’avenir numéro un : la « capacité à se nourrir ». « Ce thème nous a beaucoup surpris. C’est véritablement la méthode Spiral qui, par son approche, permet de faire ressortir ce qui compte vraiment pour les personnes » analyse Sébastien Keiff. Une gouvernance d’acteurs coresponsables a été mise en place, avec la chambre d’agriculture, les collectivités, des associations, la grande distribution, les épiceries solidaires… À suivre.

Marina Girod de l’Ain, adjointe Évaluation et Prospective à Grenoble : « On associe différemment les personnes »
« Nous avons testé Spiral dans un quartier de Politique de la ville. S’il n’y a pas de découverte incroyable (nldr : sont ressortis les souhaits d’une meilleure relation avec le bailleur, d’un meilleur cadre de vie, etc.), on associe complètement différemment les personnes, avec la question de l’engagement des citoyens d’un côté, et des attentes envers les pouvoirs publics… Il a certes fallu beaucoup mobiliser. La Maison des habitants de Mistral a eu un rôle moteur. Dix mois de stagiaires ont été aussi nécessaires pour renseigner le logiciel de Spiral, qui permet de sortir des indicateurs. Les premières actions sont en cours. »

Note

(01)Societal Progress Indicators for the Responsibility of All.

(02)https ://wikispiral.org : tous les outils Spiral, notamment « le calculateur de coresponsabilité ».

Source : http://www.lettreducadre.fr/12330/spiral-la-methode-qui-rend-coresponsables/?utm_source=newsletter-ldc&utm_medium=email&utm_campaign=newsletter-10-11-2015

[Art – Culture] Un ancien élève des Beaux-arts de Grenoble se fait passer pour un artiste chinois

© AFP

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« Mon vrai nom est Alexandre Ouairy », dit en souriant le Français de 36 ans, Nantais de naissance, formé aux Beaux-arts à Grenoble et débarqué en 2000 à Shanghai pour « l’aventure », dans une ville alors quasi-dépourvue de galeries d’art. Dans l’une d’elles, il commence à exposer, sous son vrai nom, mais « l’intérêt du public était limité, voire nul », se remémore M. Ouairy, qui ne voit qu’une seule explication: « C’était dû au fait que j’étais étranger ».

Dans le Shanghai des années 2000, les artistes chinois, valeurs montantes, monopolisent les regards. « Les collectionneurs étaient surtout étrangers, et ils voulaient acheter chinois, car pour eux c’était un bon investissement. » Alexandre Ouairy, « frustré », se désole de ne pouvoir « créer un dialogue » avec spectateurs et artistes chinois via ses créations, ignorées.

En 2005, le marché de l’art contemporain chinois décolle et l’ancien étdudiant grenoblois a un déclic: « Je voyais à Shanghai toutes ces contrefaçons Louis Vuitton ou Prada. Et je me suis dit: +s’ils fabriquent des faux sacs, pourquoi ne fabriquerais-je pas un faux artiste chinois ?+ ». Alexandre et le galériste chinois qui l’expose cisèlent alors à quatre mains la biographie imaginaire de l’artiste fictif –mélange de leurs deux vies– et lui attribuent un nom: Tao Hongjing. « C’est inspiré d’un philosophe chinois des 4e et 5e siècle, qui était assez blagueur. C’est comme cette idée de pseudo: pour moi, c’était une blague ».

Et cela fonctionne: « Du jour au lendemain, le succès a été au rendez-vous », explique l’artiste, dont les créations suscitent alors la frénésie du marché et l’intérêt subit des amateurs. « On vendait une ou deux oeuvres par mois, contre une ou deux par exposition avant ». « Pendant cinq ou six ans, personne ne savait que Tao Hongjing, c’était moi », s’amuse M. Ouairy, qui se rend incognito à ses propres vernissages et s’y présente comme le simple « assistant de Tao Hongjing ».

« On était un peu embêté lors des demandes d’interviews de la presse, donc on faisait ça par téléphone. Et mon galeriste chinois répondait à ma place », sourit le Nantais. En dix ans, le prix de ses oeuvres explose: ses sculptures en céramique se monnayent désormais 29.000 euros, bien plus que les 220 euros des sérigraphies de ses débuts.

« Se présenter comme Chinois, cela a compté. Il y a toute une économie, un intérêt financier, qui n’est pas le même. J’ai joué avec ça », admet-il. « La nationalité est évidemment très importante », affirme  Yang Yang, fondatrice à Pékin de Gallery Yang, qui expose artistes chinois et étrangers. « L’art contemporain est lié à un territoire, la prétendue internationalisation de l’art, ça n’existe pas vraiment. »

Les Chinois restent une valeur sûre du marché de l’art contemporain: 17 figurent dans le top 50 mondial –par chiffre d’affaires aux enchères— sur la période juillet 2014-juin 2015, selon un rapport du cabinet Artprice.  L’ancien correspondant du New Yorker à Pékin, Evan Osnos, s’était laissé prendre à son subterfuge, vantant en 2009 les mérites d’une oeuvre en néons reprenant une exhortation de Deng Xiaoping à s’enrichir. Prévenu, M. Osnos reconnaît: « C’est ce qu’on peut appeler une performance artistique, si ce n’est pas de l’art chinois ».

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/alpes/isere/un-ancien-eleve-des-beaux-arts-de-grenoble-se-fait-passer-pour-un-artiste-chinois-846119.html

[Emploi – Formation] Un kit enseignant pour expliquer les coopératives

Que celui ou celle qui a entendu parler des coopératives pendant son parcours scolaire ou universitaire lève le doigt ? Jusqu’à présent, on avait presque plus de chances de les côtoyer à l’école maternelle et primaire, avec les coopératives scolaires que dans une grande école ! Les choses évoluent lentement. Depuis 2013, il existe un accord-cadre entre le ministère français de l’Education nationale et celui de l’Economie sociale et solidaire (ESS) pour insuffler une sensibilisation à l’ESS dans les enseignements.

Du côté des coopératives, les résultats sont encore ténus, si l’on excepte la traditionnelle Semaine de la coopération à l’école. C’est pourquoi la CG Scop, confédération représentant les coopératives de travail en France, a décidé cette année de prendre le taureau par les cornes, en créant des partenariats et des outils pédagogiques, pour rendre ces entreprises plus visibles au collège et au lycée.

Des outils pédagogiques et ludiques

Pour Jacques Cottereau, élu en charge de la formation au sein de la CG Scop, « il y a effectivement besoin de faire connaître aux jeunes la diversité des modèles économiques entrepreneuriaux. Dès qu’ils entrent en contact avec le monde coopératif, ils sont intéressés, parce que cela répond aux aspirations des nouvelles générations d’avoir des métiers qui aient du sens. Il y a une pluralité des modes d’entreprendre ; il faut que chacun d’entre eux ait sa place à l’école. »
Mais encore faut-il des outils pour aider les enseignants à s’approprier des statuts d’entreprises qu’eux-mêmes n’ont sans doute pas croisés dans leurs propres formations ? Pour cette raison, la CG Scop vient d’élaborer un kit pédagogique, qui regroupe à la fois des modules d’animation pour les élèves et des ressources pédagogiques pour les professeurs. « Nous avons souhaité des supports détaillés, mais aussi ludiques, poursuit Jacques Cottereau. La vie en coopérative n’est pas triste ! Le kit contient donc un film d’animation réalisé par la Scop Possum Interactive, des documents historiques et économiques, des éléments de définition simples et des témoignages vidéo de coopérateurs. »

Elaborés avec la participation des enseignants

Le corps enseignant n’a pas été en reste dans la construction du kit pédagogique. Professeur d’histoire-géographie et d’instruction civique au collège Cité de Narbonne (Aude), Lionel Ricaud a utilisé l’an dernier une première version du kit pour intéresser ses élèves de troisième aux coopératives. « Au premier contact, ils pensent plus aux coopératives agricoles, nombreuses dans la région, qu’aux coopératives de salariés, raconte Lionel Ricaud. C’est nouveau pour eux. Et puis, au fil du cours, ils apprennent les valeurs d’égalité et de solidarité à l’œuvre dans les Scop et ils se demandent pourquoi toutes les entreprises ne sont pas comme ça ! »

L’initiative de cet enseignant a pris place il y a un an dans le cadre de Parcours Avenir, une initiative de l’Education nationale, qui consiste en une sensibilisation au monde professionnel tout au long du secondaire. Cette année, il a voulu aller plus loin, en proposant des améliorations au kit pédagogique : « j’avais déjà construit un questionnaire pour mes élèves. Il a été inclus dans l’ensemble des outils de l’interface pédagogique. J’ai aussi pensé qu’ils seraient sensibles à des témoignages vidéo, ce qui a également été ajouté. Enfin, je pense qu’il faut inciter les enseignants à inviter des salariés dans les classes. C’est mon projet pour l’an prochain, avec la Scop La Fabrique du Sud/La Belle Aude, usine de glace reprise par ses salariés. »

Cette année, cette sensibilisation a concerné deux classes de trente élèves, pendant deux heures. Et Lionel Ricaud a réussi à convaincre en plus deux de ses collègues d’utiliser le tout nouveau kit pédagogique, conçu dans une logique d’open source, où l’on peut piocher et rajouter des éléments. « Il faut que les élèves comprennent que l’entreprise peut inclure la démocratie, conclut le professeur, que les salariés peuvent être acteurs de leurs décisions ou qu’une entreprise peut partager ses bénéfices. Leur présenter tout cela de façon concrète aidera à ce qu’ils gardent dans un coin de leur tête ce type d’entreprise. »

Pourquoi ne pas inciter les élèves les plus motivés à se lancer eux-mêmes dans l’aventure coopérative ? C’est une des ouvertures préconisées dans le kit pédagogique, et c’est aussi une réalité tangible depuis quelques années au travers des mini-Scop, la version coopérative des mini-entreprises, portées par le réseau Entreprendre pour apprendre. Montées dans le cadre scolaire, elles mobilisent aussi fortement les enseignants. A Marcq-en-Baroeul (Nord), il y a un an, au sein du collège Jeannine Manuel, vingt élèves se sont ainsi attelés à la création d’une mini-Scop, sous la conduite de Maxime Dupire, professeur d’arts plastiques, passé auparavant par le monde de l’entreprise.« Pendant un an, nous nous sommes concentrés sur la création d’une mini-Scop, un statut choisi par les élèves, parce qu’il correspondait à leur projet, fabriquer des « butter sticks » pour les petits-déjeuners. Chacun des élèves a versé 15 euros, pour constituer le capital, ce qui les engageait. Cela leur a appris l’autonomie dans un cadre collectif. » L’initiative de la mini-Scop a obtenu le premier Prix national d’Entreprendre pour apprendre.
Intéresser les jeunes à la coopération peut prendre de multiples chemins. Y compris au-delà des frontières. La CG Scop vient de s’engager depuis la rentrée dans un programme d’ouverture à d’autres formes d’entreprendre, avec plusieurs partenaires européens, dans le cadre d’Erasmus Plus pour l’enseignement scolaire.

Découvrez l’interface pédagogique des Scop : www.les-scop.coop/interface-pedagogique

Eric Larpin pour le magazine Participes