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Une quarantaine de mineurs isolés à la rue à Rouen : « Avec le froid, la nuit c’est un cauchemar »

Selon Médecins du monde, une quarantaine de mineurs isolés étrangers sont à la rue à Rouen en cette fin février 2018 particulièrement froide. L’association s’alarme.

Une quarantaine d’autres mineurs étrangers non accompagnés sont à la rue à Rouen (Seine-Maritime), en cette fin février 2018, d’après l’association Médecins du monde. (©adobe stock)

« C’est pas humain », martèle Mohamed, jeune Malien de 15 ans. Accueilli en journée au local de l’association Médecins du monde à Rouen (Seine-Maritime), celui qui est qualifié administrativement de mineur non accompagné dénonce l’absence de prise en charge par le Département des adolescents qui, comme lui, étrangers et sans famille en France, doivent dormir dans la rue par des températures glaciales en cette fin février 2018.

Aucune prise en charge

Mohamed, Max, Steven, Sergio, Jacques* et une quarantaine d’autres adolescents originaires d’Afrique, âgés de 15 et 16 ans, partagent le même quotidien et les mêmes problèmes. Depuis leur arrivée à Rouen – pour certains depuis plusieurs mois -, aucun n’est pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE), le service du Département de Seine-Maritime en charge de protéger et d’orienter ces mineurs.

« On m’a refusé l’aide parce qu’ils pensent que je ne suis pas mineur », explique Mohamed. Idem pour Jacques qui présente pourtant un document officiel attestant qu’il est bien né en 2003 et donc mineur. Pour Mohamed, ce refus « fait mal, on m’accuse de mentir sur mon histoire, lorsque je dis que mes parents sont morts ».

« Un vide structurel »

Dans le couloir de l’association Médecins du monde, une bénévole sort d’un entretien avec un jeune « qui vient juste d’arriver ». Elle relate la situation :

Il sort de l’ASE. Ils lui ont dit qu’ils ne pouvaient pas le prendre en charge et lui ont dit d’appeler le 115 (le numéro d’appel pour l’hébergement d’urgence, ndlr). Or, le 115 ne peut pas prendre en charge des mineurs. C’est aberrant et scandaleux qu’on l’ait dirigé vers eux !

Résultat, ce jeune comme les autres devra passer la nuit du 28 février dans la rue, sans aucune structure pour les accueillir. « Ces mineurs ne bénéficient pas des places ouvertes via le plan grand froid car, pour leur sécurité, on ne loge pas les enfants avec les adultes », pointe Anne-Sophie Marie, coordinatrice régionale de Médecins du monde ajoutant :

Il n’y a aucune solution pour les mineurs non pris en charge par l’ASE. Il y a un véritable vide structurel autour de leur accueil.

« Il y a un danger réel »

Alors pour Mohamed et les autres c’est la débrouille pour trouver un coin chaud. « La nuit c’est un cauchemar, on est malades, on tousse », souffle le jeune malien. « On va au CHU mais ils nous virent, ou bien à la gare. On ne mange pas, on a pas beaucoup de couvertures ou de vêtements chauds », relate Sergio, adolescent camerounais, qui peste :

Quand le président Macron dit qu’il y a des places pour toutes les personnes à la rue, il ment ! Qu’ils viennent nous voir !

Des nuits dans le froid qui ne sont pas sans conséquence. « Il y a un danger sanitaire réel », assure Anne-Sophie Marie. En atteste, un jeune qui, à notre arrivée dans les locaux de l’association, part avec les pompiers. « Il souffre d’une infection qu’il n’a pas pu soigner correctement car il n’a pas été pris en charge », soupire la responsable associative en regardant l’adolescent monter dans le camion qui va le conduire au CHU.

Un espoir

Toutefois, tout espoir n’est pas perdu pour les jeunes refusés par l’ASE. Autour du baby-foot qui occupe leurs journées, un bénévole de Médecins du monde sourit :

Je sors d’un rendez-vous avec le juge des enfants. Il vient de rejeter en appel le refus de l’ASE de prendre en charge un jeune.

Une décision qui pourrait permettre à l’adolescent de pouvoir bénéficier d’un hébergement d’urgence, d’aide pour être scolarisé, orienté ou bien pour travailler. Car tous veulent s’installer en France pour y travailler. Sergio veut être cuisinier car il « adore manger », Mohamed se voit pompier, Jacques boulanger, Max mécanicien… Des rêves qui leur font chaud au cœur pendant les nuits froides.

* Tous les prénoms des mineurs interrogés ici ont été modifiés.

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[Jeunes – Santé] Mineurs hospitalisés en psychiatrie : le contrôleur général des prisons appelle au respect de leurs droits

  • Crédit Photo : S CarambiaZoom

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) alerte sur la situation des mineurs hospitalisés dans les établissements de santé mentale, dans un rapport thématique publié ce 8 novembre, fondé sur la visite d’une trentaine de structures, et l’analyse des textes de loi, parfois contradictoires.

En 2015, 18 257 mineurs ont été admis en hospitalisation complète. Près de 400 sont hospitalisés à la demande d’une autorité publique dans le cadre de soins contraints (197 sur décision du représentant de l’État et 239 sur décision du juge des enfants). La majorité restante est hospitalisée sur demande de leurs parents (représentants légaux) et considérés comme « en soins libres ».

Une dénomination qui recouvre des situations très diverses et des pratiques incertaines, s’inquiète le CGLPL, et où planent de nombreuses incertitudes sur la place des parents, surtout lorsque l’enfant est confié au service de l’aide sociale à l’enfance (ASE). Globalement, le CGLPL appelle les pouvoirs publics et les autorités responsables à veiller à une meilleure articulation entre services sociaux, médico-sociaux, éducatifs, sanitaires et judiciaires, et à ce que les mineurs bénéficient effectivement des droits qui leur sont conférés par la loi.

Mieux prendre en considération l’avis de l’enfant

En théorie, le consentement du mineur à son hospitalisation, s’il n’est pas un préalable indispensable à l’admission, doit être recherché. Et son opinion, lorsqu’il est capable de discernement, doit être prise en considération. Or ces principes sont souvent peu appliqués, déplore le CGLPL, qui juge regrettable qu’un mineur hospitalisé à la demande de ses parents soit moins bien protégé par le droit qu’un majeur admis en soins psychiatriques à la demande d’un tiers (pas besoin de deux certificats médicaux, par exemple).

Aussi l’instance recommande-t-elle que les mineurs puissent pouvoir saisir la commission départementale des soins psychiatriques, et lorsqu’ils contestent l’hospitalisation, le juge des libertés et de la détention. Et qu’ils soient informés de ces possibilités par l’hôpital le plus rapidement possible.

Lorsque le mineur est en soins contraints (à la demande de représentants de l’État), la décision doit lui être notifiée lorsque son âge ou sa maturité le permet, et systématiquement à partir de 13 ans, avec des explications délivrées par un agent hospitalier spécialement formé, notamment sur ses droits. Les parents doivent être destinataires de ces informations.

Des unités aménagées, des restrictions individualisées

Le CGLPL émet plusieurs recommandations en termes de prise en charge. Déplorant des situations « pas rares » où un mineur se retrouve dans un service pour adulte (souvent faute de places), le CGLPL rappelle que le suivi doit être exercé sous le contrôle étroit d’un médecin formé à la pédopsychiatrie. Les activités thérapeutiques doivent être corrélées au projet médical, leur animation confiée à des soignants formés.

Ensuite, les 13-16 ans et les 16-25 ans devraient être regroupés dans des unités distinctes, spacieuses, ouvertes sur l’air libre, avec une chambre d’apaisement. La nécessité d’une chambre d’isolement doit être discutée en équipe, mais le CGLPL désavoue leur présence pour les moins de 13 ans. Les équipes de psychiatrie infanto-juvéniles doivent être formées à prévenir les crises, pour éviter leur recours. Le cas échéant, les représentants légaux doivent en être informés.

Le CGLPL appelle les équipes à individualiser toutes restrictions aux droits et libertés, les restrictions de visite, ou encore le port du pyjama. L’accès à la scolarité doit être garanti. Enfin, le CGLPL estime nécessaire que les équipes engagent une réflexion sur l’approche de la sexualité.

 

Source : Lequotidiendumedecin.fr

[Europe – Emploi] L’Europe de l’apprentissage : les premiers pas.

Un élève en CAP cordonnerie botterie au Centre de formation des apprentis des Compagnons du devoir.

Un élève en CAP cordonnerie botterie au Centre de formation des apprentis des Compagnons du devoir. / Nicolas Tavernier/Rea

Tout reste à inventer ou presque, pour créer un véritable Erasmus des apprentis. C’est pourquoi le programme pionnier « Euroapp’ » a été lancé, il y a deux ans, par l’eurodéputé Jean Arthuis, président de la commission du budget.

À l’heure du bilan, l’initiative regroupe 36 centres de formation dans douze pays (France, ­Belgique, Croatie, ­Danemark, Espagne, ­Finlande, Hongrie, Italie, ­Portugal, ­République Tchèque, Roumanie, Slovaquie). « Ce qui est important, c’est d’aller voir comment ça se passe chez les autres et s’en inspirer », insiste Jean Arthuis, qui croit dans les vertus de l’expérimentation.

Des séjours entre six et douze mois

L’initiative a déjà profité à 80 jeunes. Amaury, apprenti français à Saint-Michel-Mont-Mercure, en Vendée, est allé en Italie percer les secrets de la pizza traditionnelle, récemment classée au patrimoine immatériel de l’Unesco.

L’Italien Alex, lui, a fait le chemin inverse, jusque dans la vallée de la Loire, où il a eu la chance de compléter ses connaissances en œnologie. Tous deux ont vécu cette expérience dans la durée, le programme « Euroapp’ » étant le premier à garantir des séjours entre six et douze mois.

Il existe bien à travers le programme « Erasmus + » des mobilités européennes pour les jeunes en CAP ou en Bac pro – 6 800 jeunes Français sont ainsi partis en 2017 –, mais ils ne partent que pour deux à quatre semaines.

« Ça change tout pour la maîtrise de la langue »

Myriama, jeune Slovène en apprentissage dans un restaurant de Laval, a tiré tous les bénéfices d’un séjour long. « C’est la quatrième fois que je viens me former en France, mais c’est la première fois que j’ai la possibilité de rester plusieurs mois. Ça change tout pour la maîtrise de la langue », explique-t-elle dans un bon français.

Son parcours s’inscrit dans une transmission familiale. « Mon père aussi a travaillé en France quand il était jeune, il m’a toujours dit que c’était le meilleur atout, qui donne la possibilité de travailler partout par la suite ».

L’expérimentation a attiré des centres de formation d’élite, comme les Compagnons du ­Devoir et du Tour de France. « C’est dans l’ADN des compagnons, juste après le métier, il y a le voyage et la rencontre, à travers le tour de France. Approfondir cela au niveau européen va permettre à la jeunesse d’être encore meilleure », se félicite Bertrand Nauleau, premier conseiller de l’institution.

Européens, amis pour le pire et le meilleur

« Il y a la langue du métier, par les gestes »

Pour cela, il a fallu construire un accompagnement spécifiqueavec notamment des cours de langues. Philippe Damour, restaurateur au « Vieux loup de mer » sur l’île de Noirmoutier a pu ainsi communiquer facilement avec les jeunes.

Le patron a débuté avec des apprenties polonaises, puis avec une Italienne, et un Hongrois. « Nous leur transmettons bien sûr notre savoir et, chaque semaine, je leur demande d’interpréter un plat de leur pays, ça fait venir pas mal de monde », raconte-t-il.

Yannick Carrière, patron d’un garage de mécanique agricole à Naucelle (Aveyron), assure que la langue n’a jamais été une barrière. « Pour doubler les instructions en français, il y a la langue du métier, par les gestes, et grâce à laquelle il est toujours très facile de se faire comprendre », explique-t-il.

Erasmus fête ses 30 ans, retour sur le programme en quatre points

« Cette tendance risque de s’accentuer »

Les jeunes et patrons évoquent néanmoins les difficultés de cet apprentissage européen encore balbutiant : un maquis de systèmes de formation, de contrats d’apprentissages à harmoniser, des rythmes d’alternance différents, sans compter la reconnaissance des qualifications acquises dans un autre pays.

Cédric, qui a poursuivi sa formation en hôtellerie six mois en ­Pologne, a pâti de ces embûches à son retour en France. « Mon expérience m’a apporté en tout et pour tout 45 crédits (NDLR, il en faut 60 pour décrocher une année), avec cela, je ne peux prétendre à aucune équivalence de diplôme. Il manque quelque chose pour continuer notre cursus alors qu’a priori un long séjour à l’étranger devrait être un plus », regrette-t-il.

Mais pas un seul apprenti ne regrette son expérience. Gabor Goda, directeur d’un hôtel-restaurant dans le sud de la Hongrie, s’estime lui aussi chanceux malgré les déboires administratifs. « Les connaissances amenées par les jeunes nous ont permis d’élever notre propre niveau », affirme-t-il. Le patron voit un avenir radieux à l’Erasmus pro. « La seule issue pour être embauché dans nos métiers est parfois d’aller à l’étranger, et cette tendance risque de s’accentuer », poursuit-il.

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Un « Eramus pro » qui reste à financer

Emmanuel Macron l’a promis dans son programme de campagne : « Nous généraliserons Erasmus et l’étendrons aux apprentis. 200 000 étudiants et apprentis français partiront chaque année dans un pays de l’Union européenne ». En 2017, 43 000 étudiants et 6 800 apprentis sont partis.

La commission européenne a promis de mobiliser 400 millions d’euros pour financer des bourses « Erasmus pro » à 50 000 jeunes qui partiraient plus de trois mois entre 2018 et 2020.

Les crédits Erasmus ont atteint 2,3 milliards d’euros en 2018. Cela ne permet de satisfaire qu’une demande sur deux. L’eurodéputé Jean Arthuis, à l’heure des discussions cadre budgétaire européen 2021-2027, propose de tripler cette enveloppe, nécessaire pour inclure massivement les apprentis.

[Métiers – Tradition] Adèle Robert, prévôt des Compagnons du devoir

Adèle Robert, prévôt des Compagnons du devoir
Adèle Robert, prévôt des Compagnons du devoir

Native de Toulouse, Adèle Robert, 28 ans, est compagnon sabotier bottier. En septembre 2017, elle est devenue prévôt de la maison des Compagnons du devoir de l’Aveyron, située dans l’hôtel de Lauro, impasse Cambon, à Rodez. C’est son deuxième poste de prévôt puisqu’elle l’était déjà l’année précédente au centre CFA des compagnons à Colomiers. Titulaire d’un bac général et d’une licence de lettres, Adèle Robert s’est ensuite remise en question pour aller vers le travail manuel avec une dimension artistique. Elle s’est engagée chez les Compagnons du devoir car la notion de voyage en communauté l’enthousiasmait. Elle devient apprentie en 2010 chez un chausseur orthopédique puis chez un réparateur de chaussures de luxe à Toulouse. Son tour de France commence chez Weston à Limoges, en 2012, en tant que piqueuse, puis elle enchaîne à Lille, chez Decathlon, comme prototypeuse. Elle dépasse les frontières en allant au Maroc, dans un atelier de produits de luxe, puis c’est Londres chez un bottier qui possède une boutique du XIXe siècle axée sur la fabrication artisanale pure et sur mesure. Retour en Dordogne dans une entreprise de luxe comme prototypeuse piqueuse. Sa mission à Rodez, gérer la communauté des 74 compagnons, s’achèvera dans 2 ans. L’heure pour elle de refaire ses valises .

[Jeunesse-Justice] Vœux : les jeunes de la PJJ à l’honneur place Vendôme

Lundi 15 janvier 2018, des unités éducatives d’activités de jour (UEAJ) de la protection judiciaire de la jeunesse ont préparé le traditionnel buffet de la cérémonie des vœux de la garde des Sceaux. Un choix de la ministre pour mettre à l’honneur le travail des jeunes pris en charge et de leurs éducateurs. Une véritable parenthèse gustative.

« Je vais vous convier maintenant à apprécier un buffet préparé par des jeunes actuellement accueillis au sein d’unités éducatives d’activités de jour (UEAJ) de la protection judiciaire de la jeunesse. À eux, comme à vous, je souhaite une nouvelle fois une excellente année », a déclaré Nicole Belloubet, garde des Sceaux, ministre de la Justice, à la fin de son discours de vœux et de restitution des Chantiers de la Justice.

Les invités présents pour ces vœux ont salué le travail de grande qualité fourni par les mineurs et leurs éducateurs.

Préparé par l’UEAJ « Du soleil plein l’assiette » de Créteil, l’UEAJ « La K’Fête » de Pontoise, l’UEAJ « Les trois fourneaux » des Ulis, et coordonné par l’UEAJ « Le Giboin » d’Aubergenville, ce buffet a stimulé les papilles et émerveillé les pupilles des personnalités présentes.

Objectif Insertion

La direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ) offre aux jeunes qui lui sont confiés la possibilité de s’initier aux métiers de la restauration à travers des ateliers de production et des restaurants d’application. Des cuisines au service en salle, en passant par la confection de buffets, ces adolescents en difficultés acquièrent des savoir-faire et des compétences devant leur permettre d’accéder à une insertion sociale et professionnelle durable. La DPJJ s’engage dans les politiques publiques d’insertion afin de faciliter l’accès des jeunes qui lui sont confiés aux dispositifs de droit commun.

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Pour en savoir plus, consulter le Guide des restaurants d’application de la PJJ

  Contacts des UEAJ présentes :

[Cultures de l’Imaginaire] Histoire vraie de l’aventurière qui dama le pion à Phileas Fogg.

Nellie Bly : mieux que Phileas Fogg, un tour du monde en 72 jours

Elle a fait le tour du monde en 72 jours en 1889. Son pari ? Être plus rapide que Phileas Fogg, le célèbre personnage de Jules Verne qui, lui, fit « Le Tour du Monde en 80 jours ». L’intrépide journaliste rencontra même Jules Verne en personne à cette occasion !

[Cultures de l’Imaginaire] Les jeux de sociétés sont ils tendances en 2017 ?

[Emploi – Mobilité] Industries : dans quelle région chercher du travail selon votre domaine d’activité ?

Industries : dans quelle région chercher du travail selon votre domaine d’activité ?

L’emploi a progressé dans toutes les régions en 2016, une première depuis 10 ans ! Mais où chercher du travail quand on fait carrière dans l’industrie automobile, l’agroalimentaire, la mécanique ou encore le bois ? Dans une enquête très détaillée et riche en informations, l’Apec s’est penchée sur les spécificités géographiques de l’emploi industriel, territoire par territoire.

L’enquête de l’Apec, intitulée « Les opportunités d’emploi pour les cadres : des différences selon les secteurs et les territoires » et publiée début décembre, concerne uniquement le marché du travail des cadres français. Mais les grandes tendances qu’elle révèle permettent également de se faire une idée de l’emploi en région pour les non-cadres. Focus sur les industries et leurs spécificités à travers l’Hexagone.

Les industries ont chacune leur région selon le domaine d’activité

Sans surprise, l’emploi se concentre sur quelques territoires, et notamment dans les métropoles, à commencer par Paris qui compatibilise plus de 30 % des annonces publiées sur l’Apec en 2016. Derrière la capitale, on retrouve ensuite Lyon, Toulouse, Saclay, Lille, Nantes, Marseille-Aubagne, Bordeaux, Grenoble, Strasbourg, Rennes, Montpellier et Roissy-Sud Picardie.

Mais quand on y regarde de plus près, la répartition des emplois et des opportunités professionnelles est très différente selon les domaines d’activité. « Dans certains secteurs, comme l’industrie automobile, l’agroalimentaire ou l’industrie pharmaceutique, des bassins d’emploi de taille modeste tirent leur épingle du jeu et proposent de réelles opportunités » indique l’enquête.

L’industrie agroalimentaire : cap au Nord-Ouest

Les offres d’emploi de l’industrie sont réparties entre différents bassins d’emploi, en fonction des secteurs qui y sont implantés. L’industrie agroalimentaire est particulièrement représentée dans le Nord-Ouest, par exemple. D’après l’Apec, Paris arrive en tête des bassins d’emplois pour les cadres de l’agro, devant Rennes, Lille ou encore Lyon, mais si l’on observe la dynamique de ce secteur de manière plus globale, des bassins d’emplois de tailles plus modestes jouent un vrai rôle. C’est le cas de Béthune-Bruay, où l’agroalimentaire est dynamisé par la présence de grands groupes comme Roquette ou Mc Cain. Toujours dans la région des Hauts-de-France, les territoires de la Thiérache et de Berck-Montreuil sont boostés par l’activité des groupes Materne IndustriesMondelez France Biscuits, Les Fromagers de ThiéracheNestlé Purina Petcare…

En Bretagne, les zones de Saint-Brieuc, Rennes et Lorient se démarquent également, grâce à l’entreprise Bigard notamment. Et la région voisine des Pays de la Loire n’est pas en reste avec LDC et Bel implantés à Sablé-sur-Sarthe. Enfin, les zones de Saverne, Forbach et Reims, dans l’Est, tirent leur épingle du jeu avec des usines de fabrication de boissons, tout comme Dax dans le Sud qui accueille Labeyrie Fine Foods, spécialisé dans la transformation et la conservation de poissons, crustacés et mollusques.

L’industrie automobile, aéronautique et des transports : dans les métropoles comme en région

L’industrie automobile, aéronautique et des transports,elle, est présente un peu partout en France, dans des bassins d’emplois de tailles diverses. Les grandes villes comme Paris, Toulouse, Lyon et Strasbourg sont en tête des volumes de recrutements, mais les villes ne sont pas les seules à offrir des perspectives de carrière. Grâce aux usines de Renault et PSA, la zone de Saclay affiche un vrai dynamisme dans le secteur automobile, à l’instar de Toulouse dans l’aéronautique. Cherbourg-Octeville, Saint-Nazaire et Lorient sont des zones où ces industries sont également fortement marquées, avec les entreprises DCNS (devenu Naval Group), Airbus, STX France

Dans les Hauts-de-France, Toyota Motor ManufacturingSevelnordPSA Peugeot–Citroën, ainsi que Bombardier Transport font l’attractivité de Valenciennes, tandis qu’Amiens se démarque par la présence d’importants acteurs de l’automobile et de l’aéronautique. Dans le Grand Est, les bassins d’emploi d’Haguenau et de Molsheim-Obernai sont eux aussi reconnus dans le secteur automobile. Enfin, au Sud, à part Toulouse, seule l’aire de Toulon a une spécificité forte en matière d’automobile-aéronautique et autres matériels de transport.

L’industrie des énergies, de l’eau et de la gestion des déchets : des offres très dispersées

Le secteur, qui couvre l’ensemble des activités extractives (minerais, hydrocarbures…), la production et la distribution d’énergie (électricité, gaz, vapeur…), l’enrichissement et le retraitement de matières nucléaires, le traitement et la distribution de l’eau, mais aussi la collecte et le traitement des déchets, propose de nombreuses opportunités à Paris, puis loin derrière, le bassin lyonnais.

Mais en dehors des deux plus grandes métropoles françaises, « le secteur reste très dispersé » explique l’Apec. Mantes-la-Jolie et sa région bénéficient de l’implantation d’une unité de production de France Plastiques Recyclage, qui appartient à PaprecGroup.

Le secteur énergies-eau-gestion des déchets est également très présent dans d’autres bassins d’emploi, en lien avec la présence de sociétés innovantes dans le domaine. C’est le cas par exemple du bassin d’emploi d’Agen où est localisée la société Fonroche Énergies, spécialisée dans les énergies renouvelables. Même dynamisme pour les territoires où EDF a développé ses installations.

L’industrie mécanique et métallurgique : les petits bassins d’emploi très dynamiques

Si l’on n’observe que les métropoles, c’est à Lyon que le volume d’offres est le plus important dans le secteur de la mécanique et de la métallurgie. Fait très rare pour être souligné, la région de Paris n’est donc pas la plus importante source d’emplois

Plus intéressant encore, de nombreux bassins d’emploi de taille plus modeste proposent des opportunités dans ce secteur. Parmi eux, deux se démarquent particulièrement : Ancenis et Figeac, avec leurs usines deToyota Material Handlingde Manitou BF ou encore de Figeac Aero.

On retrouve également Châtellerault (Thales Avionics, Fenwick), Châteauroux (Montupet), la région d’Istres-Martigues (ArcelorMittal) et du Mans (Claas Tractor). L’Est est, lui aussi, historiquement dynamisé par l’industrie mécanique et métallurgique : vallée de l’Arve, Thionville, Forbach, Charleville-Mézières, Colmar, Villefranche-sur-Saône, Besançon…

L’industrie pharmaceutique : très concentrée sur quelques territoires

Là encore, Paris et Lyon font la course en tête en termes d’offres d’emplois, distançant de très loin d’autres villes comme Strasbourg, Rouen ou encore Nice. Mais en parallèle, ce secteur fait le dynamisme de certains petits bassins d’emploi spécialisés. C’est le cas de Saint-Louis par exemple, en Alsace. Un territoire qui regroupe plusieurs groupes tels que Weleda, DSM Nutritional Products, Delpharm ou encore Novartis. Même configuration en Mayenne, ainsi qu’en Normandie, Centre-Val de Loire et Île-de-France qui font partie du cluster Pôlepharma.

Enfin, la région Auvergne-Rhône-Alpes se démarque avec 3 bassins d’emplois des plus dynamiques : Bourgoin-Jallieu, Genevois français et surtout Lyon. Lyon constitue un berceau historique de l’industrie pharmaceutique, avec notamment la présence du Groupe Sanofi qui y a implanté son siège mondial et a développé plusieurs sites de production. Au global, Sanofi compte environ 6 500 salariés dans la métropole lyonnaise, ce qui en fait le 1er employeur privé du territoire. Les laboratoires Boiron et Bayer y sont aussi implantés, ainsi que le pôle de compétitivité Lyonbiopôle, spécialisé dans la santé.

L’industrie de l’électronique et de l’électrique : de Grenoble, à l’Île-de-France en passant par l’Alsace

Le secteur regroupe différentes activités : la fabrication et la réparation de produits informatiques, électroniques, optiques et d’équipements électriques, ainsi que l’installation d’équipements électriques, de matériels électroniques et optiques. Fin 2016, près de 270 000 salariés y étaient employés.

Premier bassin d’emploi emblématique : Grenoble. De nombreuses grandes entreprises du secteur sont implantées dans la préfecture de l’Isère : ST Microelectronics, Schneider Electric France, Hewlett-Packard… Toujours en Auvergne-Rhône-Alpes, la vallée de l’Arve se démarque elle aussi, avec notamment la présence de Somfy.

En Ile-de-France, Saclay s’érige en pôle majeur de l’électronique grâce aux sites d’Hewlett Packard, Zodiac Data System, Thales… L’Alsace peut également compter sur de nombreuses d’entreprises de fabrication d’équipements électriques : Sew Usocom, Socomec, Osram, ou encore Hager Electro.

En dehors de Grenoble, de l’Île-de-France et de l’Alsace, des opportunités d’emploi dans l’électrique et l’électronique se présentent sur d’autres territoires de France, plus petits. À Cholet, par exemple, on trouve Thales Communications & Security. Toulouse, elle, est la plus grande zone du Sud-Ouest présentant des opportunités dans le secteur (NXP Semiconductors ou TFE). De plus, en 2015, le groupe Siemens y a implanté son activité de métros automatiques.

Source : https://www.regionsjob.com/actualites/industries-dans-quelle-region-chercher-du-travail-selon-votre-domaine-dactivite.html?utm_source=newsletter_candidat&utm_medium=email&utm_campaign=newsletter_candidat

 

[Cultures de l’Imaginaire – Jeunesse] La Malédiction des siècles

Un jeu-enquête pour remonter le temps à la Citadelle 
Jeudi 4 et vendredi 5 janvier 2018, à 14 h, 14 h 20, 14 h 40, 15 h et 15 h 20
Spécial jeunes à partir de 10 ans

Conçu par le Conseil bisontin des jeunes, le jeu-enquête « La Malédiction des siècles » invite à remonter le temps pour aller aider des personnages victimes de malédictions. Dans chacun des siècles (du XVIIIe au XXIe), les joueurs doivent arrêter la malédiction du protagoniste rencontré pour passer au siècle suivant, l’objectif étant de revenir à notre époque.
La partie comporte quatre énigmes indépendantes qui doivent être résolues par groupe de 6 en 66 minutes maximum.

Une animation originale, éducative et ludique pour les jeunes autour de l’histoire du site et des thématiques abordées par ses trois musées.

> Gratuit pour les détenteurs d’un billet ou d’un abonnement Citadelle.
> Réservé prioritairement aux jeunes à partir de 10 ans, sur inscription préalable au 03 81 87 83 33 avec autorisation parentale.

Repenser le code du capital

par Thomas Piketty

Que faut-il penser de la réforme du code du travail défendue par le gouvernement ? La principale mesure, et aussi la plus critiquée, consiste à plafonner les indemnités pour licenciement abusif à un mois de salaire par année d’ancienneté (et un demi-mois au-delà de dix ans). Autrement dit, un employeur pourra librement licencier un salarié présent depuis dix ans dans l’entreprise sans avoir à démontrer la moindre « cause réelle et sérieuse », et sans que le juge ne puisse lui imposer une indemnité supérieure à 10 mois de salaire. Pour un salarié présent depuis trente ans, l’indemnité ne pourra excéder 20 mois.

Le problème est que le coût social du licenciement, en termes d’indemnités chômage et de reclassement, est souvent bien supérieur. Supposé renforcer les incitations à embaucher, ce véritable permis de licencier risque surtout d’accroître le pouvoir arbitraire de l’employeur, de développer un sentiment de défiance peu propice aux investissements à long terme de la part des salariés, et aussi de multiplier les plaintes pour harcèlement ou discrimination (non soumises au plafonnement). Il eût été plus utile d’accélérer les procédures de justice, qui sont scandaleusement lentes en France.

Le plus triste est que le gouvernement n’ait même pas saisi cette occasion pour renforcer l’implication des salariés dans la gouvernance des entreprises. En particulier, la réforme aurait été plus équilibrée si l’on avait décidé dans le même temps d’augmenter fortement le nombre de sièges des salariés dans les conseils d’administration, comme le demandait la CFDT. Cela aurait aussi permis de promouvoir un véritable modèle européen de démocratie économique.

Revenons en arrière. Certains s’imaginent parfois que les règles définissant le pouvoir des actionnaires et des salariés dans les sociétés par actions ont été fixées une bonne fois pour toutes au XIXe siècle : une action, une voix, point final ! En réalité, il n’en est rien. Dès les années 1950, les pays germaniques et nordiques ont mis en place des législations transformant radicalement cet équilibre. L’objectif affiché était de promouvoir la « codétermination », c’est-à-dire un véritable partage du pouvoir entre capital et travail.

Ces règles ont été consolidées au fil des décennies. Actuellement, les représentants des salariés détiennent ainsi la moitié des sièges dans les conseils d’administration des grandes entreprises en Allemagne, et un tiers des sièges en Suède, indépendamment de toute participation au capital. Il existe un très large consensus sur le fait que ces règles ont contribué à une meilleure implication des salariés dans la stratégie des entreprises allemandes et suédoises, et, in fine, à une plus grande efficacité économique et sociale.

Malheureusement, jusque récemment, ce mouvement de démocratisation ne s’est pas étendu à l’étranger autant qu’on aurait pu l’imaginer. En particulier, le rôle des salariés est longtemps resté purement consultatif dans les sociétés françaises, britanniques, américaines. Pour la première fois, une loi française de 2014 a introduit un siège avec voix décisionnelle pour les représentants des salariés dans les conseils d’administration (un siège sur douze, ce qui reste très faible). Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, les actionnaires détiennent toujours la totalité des sièges, même si le débat commence à se faire de plus en plus pressant outre-Manche, poussé par les travaillistes, mais également par certains conservateurs.

Dans un tel contexte, si le gouvernement français décidait d’amplifier le mouvement en introduisant un nombre substantiel de sièges pour les salariés (mettons, entre un tiers et la moitié, de façon à rejoindre l’axe germano-nordique), il s’agirait d’un acte majeur. Cela permettrait de promouvoir une nouvelle norme mondiale en matière de droit des sociétés et, plus généralement, de contribuer à définir une véritable doctrine européenne dans le domaine économique et social, autrement plus intéressante et imaginative que la sacralisation quasi-religieuse du principe de « concurrence libre et non faussée » qui a jusqu’ici caractérisé l’Union européenne.

Des travaux récents de chercheurs européens ont également montré que la réflexion sur la codétermination germano-nordique était loin d’être achevée, et que ce modèle pouvait lui-même être dépassé et amélioré. Pour sortir des jeux de rôle parfois stériles opposant les administrateurs désignés par les actionnaires et les salariés, Ewan McGaughey a ainsi proposé que les membres des conseils d’administration soient élus par des assemblées mixtes actionnaires-salariés. Ils seraient ainsi conduits à défendre des programmes d’action combinant des aspirations multiples.

Isabelle Ferreras a quant à elle défendu l’idée d’un véritable bicaméralisme dans les entreprises, avec obligation pour le conseil des actionnaires et le conseil des salariés de se mettre d’accord et d’adopter les mêmes textes et décisions stratégiques. Julia Cagé a proposé que les droits de vote des actionnaires hégémoniques soient plafonnés et, inversement, que ceux des petits actionnaires et autres « crowdfunders » soient majorés d’autant. Initialement conçu pour les sociétés de médias à but non lucratif, ce modèle basé sur une relation non-proportionnelle entre apports en capital et droits de vote pourrait être étendu à d’autres secteurs.

Tous ces travaux ont un point commun : ils montrent que la réflexion sur le pouvoir et la propriété, que l’on a crue un instant éteinte après le désastre soviétique, ne fait en réalité que commencer. L’Europe et la France doivent y prendre toute leur place.

Source : Repenser le code du capital