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INSERTION DANS LA VIE ACTIVE DES LYCÉENS ET DES APPRENTIS : ENQUÊTES 2018

 Insertion dans la vie active des lycéens et des apprentis : enquêtes 2018

Dans le cadre du partenariat entre les Rectorats de la région Bourgogne-Franche-Comté, le Conseil régional et la Draaf, Emfor publie les principaux résultats des enquêtes 2018 de l’insertion dans la vie active des apprentis et des lycéens de l’éducation nationale et de l’enseignement agricole.

En février 2018, sept mois après être sortis de leur cursus de formation professionnelle initiale, le taux d’emploi de ces jeunes atteint 76 %. L’insertion professionnelle reste fortement déterminée par le niveau de formation et l’obtention du diplôme préparé.

La synthèse

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EVALUATION DE L’EXPÉRIMENTATION TERRITOIRES ZÉRO CHÔMEUR DE LONGUE DURÉE

Cultures de l'imaginaire, festivals et collectivités territoriales

Le ministère du Travail publie le 25 novembre 2019 un rapport intermédiaire sur les premiers résultats de l’évaluation de l’Etcld visant à résorber ce type de chômage.

Ces premiers travaux soulignent l’amélioration de la situation professionnelle et personnelle des personnes employées dans les Ebe. En revanche, ils ne permettent pas, à ce stade, de justifier la généralisation de l’expérimentation dans ses conditions de fonctionnement actuelles. Il pourrait, cependant, être envisagé d’étendre l’expérimentation à de nouveaux territoires. Le rapport comporte plusieurs annexes dont une enquête qualitative consacrée à l’expérimentation réalisée en Bourgogne-Franche-Comté sur le territoire de Prémery dans la Nièvre.

Le rapport intermédiaire

L’enquête Prémery

[Europe – Institutions] Marie-Laure Charles présente la Via Charlemagne

NOTIONS DE TENSÉGRITÉ ET APPLICATIONS

Modifier mon point de vue

Samedi 18 janvier 2020 conférence et pratique, à l’UFR STAPS de Paris Descartes

dans le cadre de l’Activité Physique Adaptée / Sport et Santé

en collaboration avec le Master Staps APA3S et le laboratoire EA 3625 I3SP
Institut des sciences du sport-santé de Paris

Places limitées pensez à réserver : raoul.bender@free.fr

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3 INTERVENANTS :
Raoul Bender, professeur d’Aïkido, 5ème Dan.
Dominique Jacquin, Ostéopathe DO, Kinésithérapeute de formation initiale
et partenaire de Circa.
Parce que l’acquisition d’une modification du point de vue dépend de vos propres sensibilités, nous vous proposons durant notre intervention,
une facilitation graphique par Michel Diament.

PROPOS :
Nous nous inscrivons dans une démarche globale qui a pour principe de modifier nos points de vues. Dans ce cadre nous proposons d’aborder une première thématique axée autour de la notion de Tenségrité. C’est au travers des Fascias que nous allons observer l’écologie du corps dans sa…

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Perfectionner la création mentale, émotionnelle et physique

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« Avant de commencer à créer, mentalement, émotionnellement ou physiquement, il est nécessaire de comprendre quel est le but de la création, de la production, de l’activité, de la contemplation. Je considère que le but de tout service, de toute pensée, tout sentiment et toute activité, est la perfection du mental, des émotions et du corps. Sans la perfection de ces trois aspects de l’être, sans une harmonie entre eux, on ne peut atteindre le bien-être du tout. Ainsi, où que nous allions, il est essentiel d’établir quel est le but de l’existence avec ses luttes, ses joies et ses peines. Pour moi, la raison d’être de la vie s’apparente à une descente et une montée, un jaillissement de flamme, le développement progressif de l’étincelle jusqu’à ce qu’elle redevienne une avec la flamme. « 

Krishnamurti, Early Writings, Vol. II, p15-16,

L’Age d’or, Don Quichotte, Cervantès

1074232_10151602264382151_961321213_o.jpgLe Don Quichotte de Cervantès n’est pas une satyre de la Chevalerie. Il la réinitialise complètement par une herméneutique de la franchise et du ridicule, en la basculant du haut-fait au fait de la bonification de Soi, en passant le Héros au fil de l’épée du climat social de son époque.

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Il fait du chevalier errant, l’arcane de Tarot « le Fou », et le jette dans le monde « pour en redresser tous les tords » comme disait Jacques Brel en introduction de l’Homme de la Mancha. Il y a de cette folie, de cette ferveur, quelque chose qui fait tutoyer le sublime et le sacré. L’ultime épreuve étant celle du Chevalier aux miroirs, la seule qui puisse libérer l’âme en quête de sens, et qui n’a pas trouvé sa réalisation dans les Livres. Elle demande de se coiffer du Casque d’or de Mabrino, et de se dresser face au destin, inondé des Valeurs qu’abandonne le Monde.

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Après que don Quichotte eut pleinement satisfait son estomac, il pris une poignée de glands dans sa main et, les regardant avec attention, il se mit à parler de la sorte :

« Heureux âge, dit-il, et siècles heureux, ceux auxquels les anciens donnèrent le nom d’âge d’or, non point parce que ce métal, qui s’estime tant dans notre âge de fer, se recueillant sans aucune peine à cette époque fortunée, mais parce qu’alors ceux qui vivaient ignoraient ces deux mots, tien et mien ! En ce saint âge, toutes choses étaient communes. Pour se procurer l’ordinaire soutien de la vie, personne, parmi les hommes, n’avait d’autre peine à prendre que celle d’étendre la main, et de cueillir sa nourriture aux branches des robustes chênes, qui les conviaient libéralement au festin de leurs fruits doux et mûrs. Les claires fontaines et les fleuves rapides leur offraient en magnifique abondance des eaux limpides et délicieuses. Dans les fentes des rochers, et dans le creux des arbres, les diligentes abeilles établissaient leurs républiques, offrant sans nul intérêt, à la la main du premier venu, la fertile moisson de leur doux labeur. Les lièges vigoureux se dépouillaient d’eux-mêmes, et par pure courtoisie, des larges écorces dont on commençait à couvrir les cabanes, élevés sur les poteaux rustiques, et seulement pour se couvrir de l’inclémence du ciel. Tout alors était paix, amitié et concorde. Le soc aigu de la pesante charrue n’osait point encore ouvrir et déchirer les pieuses entrailles de notre première mère ; car, sans y être forcée, elle offrait, sur les tous les points de son sein spacieux et fertile, ce qui pouvait alimenter, satisfaire et réjouir les enfants qu’elle y portait alors. Alors aussi les simples et folâtres bergerettes s’en allaient de vallée en vallée et de colline en colline, la tête nue, les cheveux tressés, sans autres vêtements que ceux qui sont nécessaires pour couvrir ce la pudeur veut et voulut tenir toujours couvert; et leurs atours n’étaient pas de ceux dont use à présent, où la soie de mille façons martyrisée se rehausse et s’enrichit de la pourpre de Tyr; c’étaient des feuilles entrelacées de bardane et de lierre, avec lesquelles, peut-être, elles allaient aussi pompeuses et parées que le sont aujourd’hui nos dames de la cour avec les étranges et galantes inventions que leur a enseignées l’oisive curiosité. Alors les amoureux mouvements de l’âme se montraient avec ingénuité, comme elle le ressentait, et cherchaient pas, pour se faire valoir, d’artificieux détours de paroles. Il n’ y a avait point de fraude, point de mensonge, point de malice qui vinssent se mêler à la franchise, à la bonne foi. La justice seule faisait entendre sa voix, sans qu’osât la troubler celle de la faveur ou de l’intérêt, qui l’étouffent maintenant et l’oppriment. La loi du bon plaisir ne s’était pas encore emparée de l’esprit du juge, car il n’y avait alors ni chose ni personne à juger. Les jeunes filles et l’innocence marchaient de compagnie, comme je l’ai déjà dit, sans guide et sans défense, et sans avoir à craindre qu’une langue effrontée ou de criminels desseins les souillassent de leurs atteintes; leur perdition naissait de leur seule et propre volonté. Et maintenant, en ces siècles détestables, aucune d’elles n’est en sûreté, fût-elle enfermée et cachée dans un nouveau labyrinthe de Crète; car, à travers les moindres fentes, la sollicitude et la galanterie se font jour; avec l’air pénètre la peste amoureuse, et tous les bons principes s’en vont à vau-l’eau. C’est pour remédier à ce mal que, dans la suite des temps, et la corruption croissant avec eux, on institua l’ordre des chevaliers errants, pour défendre les filles, protéger les veuves, favoriser les orphelins et secourir les malheureux. De cet ordre là, je suis membre, mes frères chevriers, et je vous remercie du bon accueil que vous avez fait à moi et mon écuyer; car, bien que, par la loi naturelle, tous ceux qui vivent sur la terre soient tenus d’assister les chevaliers errants, toutefois, voyant que, sans connaitre cette obligation, vous m’avez bien accueilli et bien traité, il est juste que ma bonne volonté réponde autant que possible à la votre. »

Alexis Danan et le scandale des « bagnes d’enfants »

Savoirs d’Histoire

Dans mon dernier article, je vous contais l’épisode misérable et tragique de la chasse aux enfants de Belle-Île-en-Mer. Ou comment des dizaines de jeunes fugitifs, dont la tête était mise à prix, furent traqués sans relâche après s’être enfuis de leur maison de correction, un soir d’août 1934. Ce funeste fait divers a suscité, à l’époque, la vive émotion de l’opinion publique, alertée notamment par la campagne de presse menée par Alexis Danan. Et c’est en partie grâce à cet homme que des réformes de la justice des mineurs verront le jour et que des établissements fermeront leurs portes. Pourtant ce journaliste ne fut pas le premier à s’insurger contre les terribles « bagnes d’enfants ».

Au début du XIXe siècle, les conditions d’incarcération des enfants écroués en France sont désastreuses : mêlés aux détenus adultes, les gosses subissent leur mauvaise influence mais aussi de multiples violences. Le gouvernement de Charles X…

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[Le clan Spinoza] Amsterdam, 1677 : l’invention de la liberté

Le Rijksmuseum d’Amsterdam entame ce lundi la plus vaste restauration de l’histoire de la « Ronde de nuit » de Rembrandt. Vingt-cinq scientifiques vont examiner chaque couche de vernis et de peinture, au sein d’un écrin de verre, sous les yeux des visiteurs du musée. Les experts détermineront ensuite les meilleures techniques de restauration. Ce projet pourrait durer plusieurs années.

Je suis en train de lire l’excellent livre de Maxime ROVERE qui retrace l’enfance de Spinoza et la vie de ses proches, à la fin du 17ème Siècle dans ce qui n’était pas encore la Hollande. A cette lecture je me rends compte qu’à cette époque le centre de gravité et de créativité, autant dans les arts que dans les sciences, terminait de se déplacer de la Méditerranée vers le nord de l’Europe.

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 » Mickael peut être fier des institutions d’enseignement juives d’Amsterdam. En effet, l’absence de tradition scolaire a permis aux professeurs de puiser librement à toutes les sources. Du Monde musulman, ils ont importé l’usage d’une bibliothèque publique. Aux jésuites, ils ont repris l’idées selon laquelle tout savoir est un savoir faire, de sorte que les enfants n’acquièrent pas des contenus mais des aptitudes : s’exprimer, convaincre, analyser… Enfin ils ont emprunter aux calvinistes le modèle des écoles latines, enseignements complémentaires privés donnés par les pasteurs. En plus d’être un concentré du meilleur des trois religions, l’école Talmud Torah innove encore par une originalité remarquable : elle est entièrement gratuite. « 

Maxime ROVERE – Le clan Spinoza – Amsterdam, 1677 :
l’invention de la liberté, chez libresChamps, Flammarion.

 

[Chevalerie éternelle] L’âge d’or et l’ordre des chevaliers errants

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Les manuels scolaires disent que ce livre et le premier de tous les romans, celui qui ouvrit l’âme des lecteurs et donc des aventuriers.

« Heureux âge, dit-il, et siècles heureux, ceux auxquels les anciens donnèrent le nom d’âge d’or, non parce que ce métal, qui s’estime tant dans notre âge de fer, se recueillait sans aucune peine à cette époque fortunée, mais parce qu’alors ceux qui vivaient ignoraient ces deux mots, tien et mien ! En ce saint âge, toutes choses étaient communes. Pour se procurer l’ordinaire soutien de la vie, personne, parmi les hommes, n’avait d’autre peine à prendre  que celle d’étendre la main, et de cueillir sa nourriture aux branches des robustes chênes, qui les conviaient libéralement au festin de leurs fruits doux et mûrs. les claires fontaines et les fleuves rapides leur offraient en magnifique abondance des eaux limpides et délicieuses. Dans les fentes des rochers, et dans le creux des arbres, les diligentes abeilles établissaient leurs républiques, offrant sans nul intérêt, à la main du premier venu, la fertile moisson de leur doux labeur. Les lièges vigoureux se dépouillaient d’eux-mêmes, et par pure courtoisie, des larges écorces dont on commençait à couvrir les cabanes, élevées sur des poteaux rustiques, et seulement pour Croire_en_dieuse garantir de l’inclémence du ciel. Tout alors était paix, amitié, concorde. Le soc aigu de la pesante charrue n’osait point encore ouvrir et déchirer les pieuses entrailles de notre première mère ; car, sans y être forcée, elle offrait, sur tous les points de son sein spacieux et fertile, ce qui pouvait alimenter, satisfaire et réjouir les enfants qu’elle y portait alors. Alors aussi les simples folâtres bergerettes s’en allaient de vallée en vallée et de colline en colline, la tête nue, les cheveux tressés, sans autres vêtements que ceux qui son nécessaires pour couvrir ce que la pudeur veux et voulu toujours tenir couvert; et leurs atours n’étaient pas de ceux dont on use à présent, où soie de mille façons martyrisée se rehausse et s’enrichit de la pourpre de Tyr; c’étaient des feuilles entrelacées de bardane et de lierre, avec lesquelles, peut-être, elles allaient aussi pompeuses et parées que le sont aujourd’hui nos dames de la cour avec les étranges et galantes inventions que leur a enseignées l’oisive curiosité. Alors les amoureux mouvements de l’âme se montraient avec ingénuité, comme elle les ressentait, et ne cherchaient pas, pour se faire valoir, d’artificieux détours de paroles. Il n’y avait point de fraude, point de mensonge, point de malice qui vinssent se mêler à la franchise, à la bonne foi. La justice seule faisait entendre sa voix, sans qu’osât la troubler celle de la faveur ou de l’intérêt, qui l’étouffent maintenant et l’oppriment. EFB_Lancelot1911La loi du bon plaisir ne s’était pas encore emparée de l’esprit du juge, car il n’y avait alors ni chose ni personne à juger.
Les jeunes filles et l’innocence marchaient de compagnie, comme je l’ai déjà dit, sans guide et sans défense, et sans avoir à craindre qu’une langue effrontée ou de criminels desseins les souillassent de leurs atteintes; leur perdition naissait de leur seule et propre volonté. Et maintenant, en ces siècles détestables, aucune d’elles n’est en sûreté, fût-elle enfermée et cachée dans un nouveau labyrinthe de Crète; car, à travers les moindres fentes, la sollicitude et la galanterie se font jour; avec l’air pénètre la peste amoureuse, et tous les bons principes s’en vont à vau-l’eau. C’est pour remédier à ce mal que, dans la suite des temps, et la corruption croissant avec eux, on institua l’ordre des chevaliers errants, pour défendre les filles, protéger les veuves, favoriser les orphelins et secourir les malheureux.  » 

Don Quichotte – Miguel de Cervantès

[Protection de l’enfance] ASE : le rapport sans nuances de l’Assemblée dénonce les « défaillances structurelles du système »

Sur les constats, le rapport de la mission d’information de l’Assemblée sur l’aide sociale à l’enfance est sévère quant aux politiques et pratiques des départements. Sur les propositions, certaines sont assez classiques. Hormis l’idée de nommer un référent « protection de l’enfance » auprès de chaque préfet et de créer une « agence nationale »…

 

« Dysfonctionnements du système d’accueil », « absence quasi générale de tout soutien psychologique ou de suivi médical régulier », « méconnaissance des droits », « inégalité de traitement »… dans son introduction au rapport de la mission d’information sur l’aide sociale à l’enfance (ASE), son président Alain Ramadier, député (LR) de la Seine-Saint-Denis, ne voit quasiment aucun point positif dans la politique d’aide sociale à l’enfance mise en œuvre par les départements depuis 1983. Il appelle donc à un grand retour de l’État en ce domaine, sans aller pour autant jusqu’à un retour à l’État, qui supposerait que ce dernier finance une politique à laquelle il a déjà quelque mal à contribuer sur le cas particulier des mineurs non accompagnés (MNA).

« La gravité du sujet »

Bien sûr, ce réquisitoire en règle s’accompagne du traditionnel hommage sur « l’engagement, le désintéressement [des travailleurs sociaux et des assistantes familiales], qui auraient besoin d’un soutien et d’une reconnaissance de leur travail qui fait actuellement cruellement défaut »,  mais suivi aussitôt d’une remarque sur « la politique de protection de l’enfance qui souffre de l’entre-soi dans lequel elle s’est enlisée depuis de nombreuses années » (ce qui n’est au demeurant pas totalement inexact).

Le lancement de la mission d’information a été décidé par la conférence des présidents et non par la commission des affaires sociales, afin que la démarche « reflète bien l’importance – et pour tout dire la gravité – du sujet » (voir notre article ci-dessous du 6 mars 2019). Après le reportage à charge de France 3 sur les jeunes majeurs, il était même question, dans un climat d’émotion collective, de créer une commission d’enquête (voir notre article ci-dessous du 6 février 2019). Entre-temps, le Premier ministre est opportunément intervenu pour faire retomber un peu la pression, en lançant la contractualisation avec les départements autour du plan Pauvreté, dont un des thèmes porte précisément sur la prise en charge des jeunes majeurs (voir nos articles ci-dessous des 15 et 21 février 2019).

Une mission au contexte particulier

Le rapport se ressent évidemment de ce contexte initial. Il est présenté par sa rapporteure, Perrine Goulet, députée (LREM) de la Nièvre et qui ne fait pas mystère d’avoir été une « enfant de l’ASE », placée en foyer à l’âge de 9 ans (en 1987, il y a donc plus de trente ans). La députée de la Nièvre était d’ailleurs à l’origine de la résolution réclamant la constitution d’une commission d’enquête, cosignée par 130 députés de la majorité.

À ce contexte s’ajoute le fait que les départements ne représentent qu’une petite fraction des personnes auditionnées, même si l’ADF et l’Andass (directeurs d’action sociale) ont bien sûr été entendues. Mais leurs explications ont manifestement pesé peu devant l’émotion, légitime, suscitée par les témoignages souvent poignants d’anciens enfants de l’ASE, qui ont ouvert le cycle des auditions. La mission a également mené deux visites officielles dans le Nord et en Seine-Saint-Denis avec rencontre des conseils départementaux, mais aussi une quinzaine de visites individuelles de membres de la mission dans des départements, qui sont loin d’avoir toutes donné lieu à une rencontre avec le conseil départemental.

Un constat très sombre

Du constat très négatif dressé par la mission, on retiendra principalement les critiques sur les écarts de pratiques et de prises en charge entre départements, avec pour conséquence la remise en cause rétrospective de la décentralisation qui « engendre autant de politiques d’aide sociale à l’enfance qu’il existe de départements », ce qui « doit sans doute amener à une réinterrogation profonde de la manière dont doit être pensée la décentralisation de l’aide sociale à l’enfance ».

Autres critiques récurrentes : l’absence d’une « véritable doctrine » sur les modes de placement, les insuffisances du projet pour l’enfant (avec un maximum de 30 à 40% d’enfants couverts dans les départements les plus exemplaires), le manque de contrôle de l’État, ou encore la « judiciarisation » croissante de l’ASE qui conduit à transférer au juge l’essentiel des décisions et dégrade, faute de moyens suffisants, les délais de mise en œuvre des mesures ordonnées par ce dernier.

Des propositions plus modérées…

Face à ce constat très noir, le rapport formule une vingtaine de propositions curieusement plus « modérées » et déjà avancées à plusieurs reprises. Il recommande notamment d’établir un référentiel national d’évaluation des informations préoccupantes, d’améliorer la visibilité du numéro national d’appel 119 (par exemple en le faisant figurer dans le livret de famille, le carnet de santé et le carnet de liaison des élèves du second degré), de former les personnels de l’Éducation national au repérage des informations préoccupantes, d’améliorer la prise en compte de l’enfant dans la procédure judiciaire, ou encore de généraliser la mise en place des commissions d’évaluation de la situation et du statut des enfants confiés.

Le rapport préconise aussi d’améliorer la prise en charge médicale des enfants placés (une expérimentation est en cours), de développer le recours aux tiers de confiance, de repenser la formation des assistants familiaux et de revoir leur statut (par exemple en les autorisant à exercer une autre activité professionnelle et en revalorisant la rémunération minimale), mais aussi de lutter contre la discrimination scolaire.

… mais un changement radical de gouvernance

En termes de gouvernance, la proposition est plus radicale, puisqu’elle aboutirait à une recentralisation de fait. Le rapport recommande en effet de nommer « auprès de chaque préfet un référent ‘protection de l’enfance’, sur le modèle des délégués des préfets pour la politique de la ville » (rapprochement surprenant dans la mesure où la politique de la ville n’est pas à proprement parler décentralisée), tandis qu’une « Agence nationale de protection de l’enfance », copilotée par l’État et les départements, regrouperait l’ensemble des organismes impliqués dans la protection de l’enfance (CNPE, ONPE, AFA, Odas et HCFEA pour leurs sections consacrées à l’enfance).

Ce modèle de l’Agence nationale serait ensuite décliné au niveau départemental, avec un copilotage par le président du conseil départemental et le référent « protection de l’enfance » du préfet, « qui réunirait toutes les parties prenantes associatives et institutionnelles (justice, éducation nationale, santé), et comprenant obligatoirement une association d’anciens enfants placés ».

Une proposition assez éloignée de celles formulées par Adrien Taquet, le secrétaire d’État en charge de la protection de l’enfance, lors de la présentation de son « plan d’action » pour l’enfance, présenté il y a quelques jours devant les Assises de la protection de l’enfance à Marseille (voir notre article ci-dessous du 4 juillet 2019).

Source : https://www.banquedesterritoires.fr/ase-le-rapport-sans-nuances-de-lassemblee-denonce-les-defaillances-structurelles-du-systeme