Aller au contenu principal

[Culture martiale] L’Étiquette, sujet d’un cours.

J’ai rédigé cet article suite à la demande de mes anciens élèves de Reims qui m’ont demandé de les visiter et de leur donner un cours sur le thème de l’étiquette.

Les photos qui l’illustrent ont été prises à cette occasion.

Le lien de téléchargement de l’article en PDF, avec les hyperliens en référence, en bleu dans le texte, est ici.

culture martiale #1_1culture martiale #1_2culture martiale #1_3culture martiale #1_4culture martiale #1_5culture martiale #1_6culture martiale #1_7culture martiale #1_8culture martiale #1_9culture martiale #1_10culture martiale #1_11culture martiale #1_12culture martiale #1_13culture martiale #1_14culture martiale #1_15culture martiale #1_16culture martiale #1_17culture martiale #1_18culture martiale #1_19

Publicités

[Reconstitution historique] Des chercheurs vont traverser les Alpes en armure

Cultures de l'Imaginaire

Il s’agit de revivre et mesurer l’effort de l’Armée française de 1515.
Grenoble : Des chercheurs vont traverser les Alpes en armure pour les besoins d’une expérimentation scientifique.

Les 6 et 7 juillets, des chercheurs grenoblois vont traverser les Alpes en armures de 1515 pour les besoins d'une expérience scientifique.
Les 6 et 7 juillets, des chercheurs grenoblois vont traverser les Alpes en armures de 1515 pour les besoins d’une expérience scientifique. —Thierry Morturier/UGA

  • Au mois de juillet, quatre chercheurs de Grenoble vont traverser les Alpes et franchir la frontière italienne en armures!
  • Ils mèneront ainsi une expérience scientifique pour mesure les efforts fournis par les soldats de l’Armée de 1515, un mois avant qu’ils ne remportent la bataille de Marignan.
  • Un défi qui a demandé une sacrée préparation.

Mille quenouilles, tremblez fripouilles!Le 6juillet, 4 chercheurs deGrenoble, vêtus d’une armure, vont s’élancer de la commune de Maljasset dans lesAlpes-de-Haute-Provenceafin de traverser les Alpes et franchir la frontière italienne. Un périple de deux jours qui les mènera jusqu’à…

Voir l’article original 495 mots de plus

L’enfant du blockhaus

Auteure de polars, polars junior, romans, nouvelles, poésies et essais, ANNE NOBLOT rejoint la maison d’édition MONDES FUTURISTES et sa collection JEUNESSE 8/12 avec son roman régional  ‘L’enfant du blockhaus’ qui sortira à Dunkerque le weekend du 27 avril 2019 à l’occasion du salon du livre de Dunkerque Malo les Bains (27)  et de Coudekerque Village (28). Bienvenue !

9782379400261 RECTO VERSO

L’histoire

Un groupe d’enfants mène sa propre enquête sur la disparition inquiétante d’un jeune garçon du Dunkerquois. Leurs aventures les entraînent jusqu’au blockhaus miroir de Leffrinckoucke…

L’auteure

Anne Noblot est gynéco à Dunkerque, mais aussi auteure, avec à son actif du polar, des nouvelles, de la poésie, un essai et du roman. Son écriture laisse souvent une large place à l’humour.

Couverture

 

9782379400261

Rudyard Kipling : Là où ma MÈRE LOGE

emirosman

Il y avait Rundle, le chef de station,
Beazeley, des voies et travaux,
Ackman, de l’intendance,
Dankin, de la prison,
Et Blake, le sergent instructeur,
Qui fut deux fois notre Vénérable,
Et aussi le vieux Franjee Eduljee
Qui tenait le magasin « Aux denrées Européennes ».

Dehors, on se disait : « Sergent, Monsieur, Salut, Salam ».
Dedans c’était : « Mon frère », et c’était très bien ainsi.
Nous nous réunissions sur le niveau et nous nous quittions sur l’équerre.
Moi, j’étais second diacre dans ma Loge-mère, là-bas !

Il y avait encore Bola Nath, le comptable,
Saül, le juif d’Aden,
Din Mohamed, du bureau du cadastre,
Le sieur Chucherbutty,
Amir Singh le Sikh,
Et Castro, des ateliers de réparation,
Le Catholique romain.

Nos décors n’étaient pas riches,
Notre Temple était vieux et dénudé,
Mais nous connaissions les anciens Landmarks
Et les observions scrupuleusement.
Quand je jette un regard en arrière,
Cette pensée, souvent me vient à l’esprit :
« Au fond il n y a pas d’incrédules
Si ce n’est peut-être nous-mêmes !

Car, tous les mois, après la tenue,
Nous nous réunissions pour fumer.
Nous n’osions pas faire de banquets
De peur d’enfreindre la règle de caste de certains frères.
Et nous causions à cœur ouvert de religion et d’autres choses,
Chacun de nous se rapportant
Au Dieu qu’il connaissait le mieux.
L’un après l’autre, les frères prenaient la parole
Et aucun ne s’agitait.
L’on se séparait à l’aurore, quand s’éveillaient les perroquets
Et le maudit oiseau porte-fièvre ;

Comme après tant de paroles
Nous nous en revenions à cheval,
Mahomet, Dieu et Shiva
Jouaient étrangement à cache-cache dans nos têtes.

Bien souvent depuis lors,
Mes pas errant au service du Gouvernement,
Ont porté le salut fraternel
De l’orient à l’Occident,
Comme cela nous est recommandé,
De Kohel à Singapour
Mais combien je voudrais les revoir tous
Ceux de la Loge-Mère, là-bas !

Comme je voudrais les revoir,
Mes frères noirs et bruns,
Et sentir le parfum des cigares indigènes
Pendant que circule l’allumeur,
Et que le vieux limonadier
Ronfle sur le plancher de l’office.
Et me retrouver parfait Maçon
Une fois encore dans ma Loge d’autrefois.

Dehors, on se disait : « Sergent, Monsieur, Salut, Salam ».
Dedans c’était :  » Mon frère « , et c’était très bien ainsi.
Nous nous réunissions sur le niveau et nous nous quittions sur l’équerre.
Moi, j’étais second diacre dans ma Loge-mère, là-bas !

Rudyard KIPLING

Tractalisman light4

hakama

PRIX ROLAND TOPOR 2019 DE L’ÉDITEUR ET POÈTE

Galerie

Les Projections Flottantes de Joanie Lemercier !

A l'Aventure et Au-Delà...

Artiste numérique français, Joanie Lemercier travaille sur des projections de lumière dans l’espace ainsi que leur influence sur notre perception.

Ses œuvres s’inscrivent dans le cadre de festivals, de spectaclesArchitecturaux, d’Installations ou font l’objet de Performances.

Ces œuvres d’art ou expériences interactives jouent avec des structures géométriques et des textures, et sur la manière dont la lumière peut être utilisée pour manipuler la réalité perçue. Une manière d’interroger nos certitudes sur le monde physique et de nouvelles manières de l’appréhender.

Bien que ressemblant des hologrammes, ces projections

Voir l’article original 99 mots de plus

Cultima : Evénements 2019

Cultures de l'Imaginaire

Festival Auxerre fait son Angoulême : les 24h BD- 9-10 Fév – Auxerre

Le festival aura désormais lieu sur 2 week-end, un premier en partie consacré aux 24h de la BD, et un second où vous pourrez rencontrer des auteurs, leur acheter pleins de livres, de dessins, de cartes postales d’affiches … ou encore leur faire dédicacer leurs albums !
Venez en famille, il y aura en plus des conférences, des ateliers de créations et la restauration sur place …
Le programme completICI.

Salon geek multimedia
9 & 10 Fév – Saint-Quentin

Le salon du geek et du multimédia arrive à Saint-Quentin
Un salon dédié à la pop culture, aux nouvelles technologies et aux jeux vidéo va débuter, ce 9 et 10 février, dans le palais de Fervaques.
Article Aisne Nouvelle du 03/02/2019

GN / Huis Clos KATANA
13 Fév. en afterwork à Paris

Katana…

Voir l’article original 301 mots de plus

[Culture martiale] L’étiquette, pourquoi, à quoi ça sert et comment s’en servir ?

La première image qui vient quand on parle d’étiquette est un ensemble de comportements qui relient harmonieusement le pratiquant à sa discipline.

Au pire l’étiquette dans les arts martiaux est devenu un sujet qui coule autant de source que les étiquettes de supermarchés du sport sur les vêtements dédiés à la pratique.

ILLUS_CIT_MARTINLUTHERK

Avant de dire quel outil de recherche elle peut être pour le pratiquant, explorons déjà ce qu’elle n’est pas. Un code de l’honneur ? Si la pratique traditionnelle se reconnaît effectivement comme art chevaleresque, elle ne nécessite pas de code de l’honneur. Ses enjeux sont avant tout dédiés à une certaine idée du sport individuel comme collectif et du développement personnel. Elle se défini en marge des sports de combat mais au centre de la martialité. Mais il est tellement plus facile de flatter la virilité du mâle qui entend par honneur la nostalgie des duels au premier sang, la loi pectorale…

C’est d’ailleurs tout ce qu’on reproche à la tradition martiale : d’être martiale sans être spectaculaire et/ou sanglante. Alors les techniciens la dévoie, par ce qu’il est plus facile de briller par un geste sportif que par une pédagogie humaniste qui vous fait plus ressembler à un instituteur qu’à un maître d’armes. Le problème est là : le technicien ne sait pas où mettre les mains avec le mot tradition. Soit il la décline comme le décorum, l’écrin de son habilité technique et du respect qu’il lui est donc du à cet égard, soit comme un élément encombrant du cadre de la pratique mais nécessaire. Nécessaire pour quoi ? Posez la question à votre professeur ! Et vous verrez comment il se situe entre la technique et la pédagogie. De la maîtrise technique il ne naît rien. Les pédagogues sont des accoucheurs !

Voyons en quoi l’étiquette devient outil pour évoluer en soi et dans la pratique.

La première question à se poser avant même d’observer comment est appliquée l’étiquette dans le cadre de ce qui nous est enseigné, est :

Pourquoi est-ce que je pratique, quelle est ma finalité recherchée ? Où en étais-je en terme de motivation, de but recherché, la première fois que j’ai poussé la porte d’entrée d’un club et où en suis-je aujourd’hui ?

D’où je viens, qu’est-ce que je cherche ?

L’enseignement est fait de techniques à apprendre. La technique est une forme en mouvement. Le mouvement se fait par la rencontre de deux ou plusieurs individualités. L’étiquette s’applique aux relations du pratiquant avec son espace de travail, le lieu de la pratique, et avec autrui.

Qu’est-ce qui fait qu’une forme est mieux apprise en la reproduisant à travers le vivant d’une situation, qu’en regardant le DVD d’un technicien ?

La seconde question, qui peut faire l’objet d’une vie entière dédiée au geste martial, est :

Qu’est-ce qui différencie un sport de combat d’un art martial traditionnel ?

jacquard-compétition

Beaucoup ont pris l’habitude d’ajouter la nationalité, comme quatrième mot, à art martial traditionnel. Si l’art martial traditionnel est considéré comme un humanisme par son fondateur, donc pacifique et émancipateur, il ne peut qu’être universaliste, sans nationalité, ou portant le particularisme de toutes.

A l’heure où les compétitions de MMA (mixed martial arts) vont être autorisées par le Gouvernement français, la question des valeurs dans le sport en général et les arts martiaux en particulier, est centrale pour définir une pédagogie.

Dans l’aïkido, par exemple, le fondateur a souhaité que sa création permette à l’individu de sortir de lui-même pour aller à la rencontre d’autrui, donc par un humanisme, dans une approche non-violente, non-compétitive, universelle et respectueuse des phénomènes naturels. Oui, tout à fait, c’était un écologiste, shinto, donc animiste, mais aussi très inspiré des sectes bouddhistes. Le seul objectif qu’il ait réussi à atteindre complètement aujourd’hui c’est que sa discipline soit devenue universelle. Elle est représentée honorablement dans tous les pays du monde et son pays d’origine est devenu minoritaire dans les enjeux de sa diffusion et de son expansion. C’est d’ailleurs pourquoi, les îles nippones sont devenu plutôt un guichet permettant d’obtenir des grades, des étiquettes, remplis d’idéogrammes, permettant de devenir professeur habilité à transmettre le modèle de la marque, voire la faire évoluer, en contrepartie d’espèces sonnantes et trébuchantes. Il est bien normal qu’après avoir fait tant d’efforts pour la faire sortir de leurs frontières, les nationaux de l’étape, puisse en tirer quelque profit avant que la marque tombe dans le domaine public.

Que penser d’une pédagogie sans éthique ? 

La force des arts martiaux est leur éthique, pas leurs techniques.

C’est en cela qu’ils sont un puissant levier de développement personnel pour tout individu qui entre dans cette voie. Quels que soient son sexe, son âge, son origine sociale et sa religion.

ILLUS_CIT_EINSTEIN_EXEMPLE.jpg

Ils ont cette force parce qu’ils sont soutenus par une tradition, qui résiste à tous les syncrétismes qui voudraient la réduire à un répertoire de techniques détenues et transcendées par les prouesses physiques d’athlètes constitués en élite.

Ce sont les maîtres qui détiennent la tradition. Jamais les techniciens.

pooinblanc_echec

Pourquoi ? Parce qu’un maître fait de l’élève un sujet, une individualité en devenir, à passer au fer rouge de l’expérience martiale. C’est en cela qu’il est un pédagogue.

Un technicien fait de l’élève l’objet de la reproduction de la technique. Si le corps et l’esprit de l’élève ne sont pas adaptés à la parfaite réalisation de la technique, le technicien se trouve démuni. Il invoque alors la martialité pour dire que tout ce qui n’est pas efficacité dans la technique ne peut être qu’un exercice « éducatif ».

Avez-vous déjà vu avec quel mépris les techniciens parlent des « éducatifs » ?
Les maîtres d’arts martiaux ne parlent pas, ils démontrent. Certes ils démontrent des techniques, mais ils s’adaptent aux réalités humaines qui fondent la communauté des pratiquants.

Il n’y a pas de tradition sans initiation. Le rituel est le plus sure moyen de se préparer à l’initiation. L’étiquette est un comportement rituel, qui donne à être, à réfléchir, harmonise la relation et son environnement.

C’est souvent grâce au rituel que l’on découvre le mieux la sacralité. La sacralité est toujours un moment, une mise en situation, la rencontre de plusieurs choses qui créent soudain l’harmonie, le bien-être, la paix intérieure.

Croire_en_dieu.jpg

C’est ce rapport à la sacralité qui rend les pratiquants d’arts martiaux beaucoup plus sympathiques que le sportif de haut niveau. Pourtant c’est le sportif de haut niveau qui est le plus souvent porté en exemple, sa préparation physique et mentale, son « coaching », son ambition, ses qualités physiques, tout ce qui peut l’amener à de toujours plus grandes performances. Dans la sacralité, il peut y avoir une absence totale de religion ou de spiritualité, c’est alors une sacralité ou spiritualité laïque qui n’enlève en rien à l’intensité et à la profondeur de l’état intérieur et des sentiments qui s’expriment. Dès qu’il y a de l’orthodoxie, voire du fanatisme dans la sacralité, elle s’éteint. Mais ce qu’il y a toujours dans la sacralité, ce sont des valeurs portées par une ferveur mystique. Mystique au sens de  » je mets en oeuvre ma spiritualité en expérimentant par l’effort, dans le monde matériel et la corporalité, seul ou avec autrui « .

hakama

Le rituel du salut est l’exemple le plus parlant dans les arts martiaux de l’application et du rôle de l’étiquette. Le salut est-il une « formalité ? C’est à vous de le dire.
Il est selon moi l’ingrédient indispensable de la pratique, car il met en place un nombre incalculable de choses dans l’état intérieur des pratiquants, l’attitude avant et après l’action, la préparation d’un espace de travail par la bonne proximité qu’il instaure entre chacun.

L’hygiène et la vêture constituent un élément non négligeable de l’étiquette, en cela qu’ils renvoient au pratiquant son niveau d’implication par l’apparence qu’il donne. La propreté du corps et de la vêture avant et après le cours sont des indicateurs pour se sentir à l’aise avec les autres. Des ongles de pieds et de mains ras sont une forme de respect et évitent les griffures et les blessures. Porter la bonne taille de vêtement aussi. Évitez les bijoux. Une bague sur un doigt tordu qui gonfle a déjà plusieurs fois abouti à l’amputation. Ces vêtements ne sont en général pas seulement des vêtements de salle de sport, ils sont aussi des vêtements traditionnels issus d’une culture particulière et ont été conçus pour ou se sont adaptés à la discipline. Le passage au vestiaire devrait être un passage obligé, ne serait que pour faire sas entre le monde profane et le monde traditionnel. Il existe un terme chez les bouddhistes shinto qui se traduit par « purification par les arts martiaux » et qui fait que le cadre du cours, comme la préparation dans le vestiaire s’apparente aux ablutions pratiquées dans différentes religions avant d’entrer dans le temple. Les contraintes de la vie moderne fait que l’on voit désormais partout les enfants descendre de la voiture de leurs parents en basket, vêtus du vêtement traditionnel et repartir de la même façon, sans être passé par la case douche. C’est même à se demander s’ils ne se sont pas changer dans le véhicule entre l’école et le club… Je ne remets pas en cause ces contraintes qui le sont autant du côté des parents que des enseignants bénévoles, mais j’interroge seulement la fonction éducative de la préparation sportive, comme le nettoyage et rangement de la salle avant/après le cours, qui peuvent être profitable en premier lieu aux enfants, en leur donnant des repères structurant. Ainsi le tablier traditionnel a plusieurs fonctions importantes, sinon de ne pas être la marque d’un grade, mais une distinction, comme le serait une médaille, gage et reconnaissance de l’implication de l’élève dans la pratique, qui ne peut être attribuée que par son professeur. Observez comment les pratiquants le plient à la fin des cours ! Cela indique assez fidèlement leur degré d’observance de l’étiquette : entre ceux qui le plient soigneusement, mieux que s’il avait été repassé et ceux qui le roulent en boule…

Les passages de grades sont le lieu privilégié de l’initiation dans les arts martiaux. Mais l’initiation peut intervenir à chaque instant dans la relation maître/élève, ou par une prise de conscience, illumination partielle, au cours de la pratique.
Le grade et l’âge du pratiquant sont des paramètres qu’on ne peut ignorer si l’on veut être rigoureux dans l’application de l’étiquette. Et par âge, on entend non seulement l’âge physique mais aussi l’âge en années de pratique, qui fixe la durée d’implication de l’individu dans la discipline depuis son commencement.

Ainsi je dois une écoute plus attentive à un pratiquant plus avancé.

Chose inconcevable pour le technicien sportif qui ne voit en l’autre qu’un outil pour parvenir à ses fins : l’écoute ne va qu’à celui qui semble le plus efficace ou le plus apte à dominer l’auditoire par le geste et la démonstration.

Cette humilité, propre aux arts martiaux, qui fait la différence avec une pratique purement sportive, ouvre au pratiquant de travailler sur son ego, car il rencontrera forcément un jour un pratiquant plus avancé qui parlera trop ou parlera mal. Le protocole l’emportera alors momentanément sur la continuité de l’apprentissage. Mais qu’importe ? Puisqu’on pratique en communauté pour faire un tout dans la relation. Le concept de non-violence est rarement abordé par les techniciens, parce qu’il les gène aux entournures. Ils l’abordent quand ils sont vraiment acculés. Pourtant les fondateurs de la plupart des arts martiaux traditionnels ont souhaité qu’ils soient transmis selon cette valeur fondamentale.

BRUCe_LEE_ENSEIGNEMENT.jpg

Les techniciens se considèrent comme des artistes martiaux, des enseignants, donc des pédagogues, et parfois des maîtres.

Bruce Lee, qui a était sans doute la quintessence de l’artiste martial en cette période contemporaine n’était pas que cela : c’était un enseignant passionné qui savait transmettre. C’était aussi un maître parce qu’il a bâtit sa propre technique en s’appuyant sur les valeurs qu’il jugeait utiles pour la mettre en oeuvre, en parfaite humilité. Ses films ont été un des vecteurs principaux du développement des arts martiaux en Occident. Sa mort accidentelle a sans doute fait qu’il n’a pas pu structurer sa transmission, même si par ses interviews on peut se faire une idée des valeurs sur lesquelles il comptait la porter. Plusieurs écoles et enseignants se réclament aujourd’hui de sa technique.

L’artiste martial, comme l’artiste en général, est pertinent parce qu’il maîtrise une technique et que cette technique, par l’expression individuelle, transporte un message, son message et sa propre esthétique. Le technicien et le maître n’ont pas toujours du talent, l’artiste en a toujours. Le maître n’attache pas d’importance au talent, comme à son propre talent, de la même façon qu’il ne favorise pas l’élève doué plus que l’élève qui reste pendant des années hermétique aux fondamentaux de la pratique. Il est là pour montrer une direction, pas pour se produire en spectacle.

Cela va faire bientôt plus d’un siècle que les arts martiaux sont transmis en France et nous en sommes encore à parler de ce que nous faisons dans les salles consacrées à sols mous comme d’un sport de combat produisant de véritables athlètes et des techniciens aguerris (cf les dernières vidéos officielles de promotion de la discipline), avec ce regard méprisant de l’occidental sur l’asiatique décrivant une culture exotique et orientaliste, ventant les bienfaits du massage et de la méditation transcendantale. Et ce n’est pas en utilisant les mots de la langue natale d’un fondateur que le prêche professoral serait plus correct. Le terme technicien a toujours fait rire les autochtones de la discipline. Mais bien sure ils ne rient de cela qu’entre eux. Pourtant « technicien » est le seul mot qui définisse actuellement une autorité morale dans la discipline, en tout cas, en France. Même les bénévoles des clubs et des fédérations s’aplatissent à ce culte du technicien. Et la crème du technicien est le professionnel. Les professionnels s’étonnent du déclin du nombre de pratiquants, grave atteinte à leur chiffre d’affaires. Les bénévoles leur répondent qu’il serait peut-etre pertinent de promouvoir une autre image de la pratique, peut être axée sur la culture martiale, l’esthétique de vie, la vie des clubs et le développement personnel ? Les professionnels haussent les épaules et leurs proposent alors des DVDs de démonstration de la technique. Quand ils sont trop vieux ou abîmés pour mettre le genou à terre, ils proposent des cours seniors, mais ! Mais cette nouvelle pratique, inventée par eux, proche, ils ne veulent pas lui faire porter le nom de la discipline ! Comme les cours consacrées aux femmes, aux jeunes, aux enfants, aux personnes handicapées, ils considèrent cela comme de l’à côté. Bref, la discipline est une science guerrière que seule une élite d’athlètes aguerris, sélectionnés et grandis en enclos, de préférence par eux, peut incarner. Bien sure, quand ils parlent à la presse ou au débutant qui s’assoit au bord du tapis, le discours n’est pas celui-là. Il faut bien composer avec les instances dirigeantes qui leur donne accès au cheptel de licenciés.

Cette vidéo est éloquente, à propos de ce qui vient d’être exposé :

Pas un sourire, d’abord l’émotion, et la confiance en moi, plutôt que la confiance en soi.
Un débutant aperçu une demi-seconde, en train de subir une technique, pas de la réaliser. Tous les autres sont des pratiquants expérimentés (ils portent le tablier traditionnel). Cela indique immédiatement quel type de licencié donne le ton dans cette institution.

La seule discipline qui, en France, a réussi à concilier au niveau fédéral le développement sportif comme de la compétition, jusqu’à l’accès aux Jeux olympiques, avec une vraie dynamique de clubs incluant tous les attributs de la tradition, est le Kung-fu. Il est entré, comme beaucoup d’autres, par le portail d’attente de la FFKAMA (Fédération de Karaté) et est parvenu, sans doute soutenu par ses instances internationales à réussir ce grand écart, qu’un pratiquant en club peut aujourd’hui accéder aux arcanes les plus secrètes de la tradition tout en étant un athlète de haut-niveau, reconnu par l’Olympisme.

Dans certains pays nordiques, une ceinture noire ou un pratiquant de haut niveau est obligé par l’Etat de porter une insigne sur le revers de sa veste de ville indiquant sa condition, car on considère qu’à mains nues, il est aussi dangereux que s’il portait une arme. Cela pour indiquer que l’altercation n’est peut-être pas le bon mode relationnel pour engager le dialogue avec lui. En France, nous en sommes encore à judiciariser la légitime défense, parce que le législateur n’a pas pris la peine d’intégrer à la loi la dimension éthique des arts martiaux.

L’étiquette n’est-elle pas la simple manifestation de l’éthique ?

La métaphore est souvent utilisée dans les arts martiaux, comme le langage symbolique.

Pour ma part j’ai toujours utilisé trois concepts pour orienter ma pratique et mon enseignement. Ils m’ont été transmis a un moment donné de mon parcours et comme souvent quand il s’agit de tradition, ces concepts recouvrent plusieurs niveaux de lecture qui peuvent donner du grain à moudre à l’élève pendant des décennies. Un élève doué ne mettra que quelques années à les intégrer, voire à les transcender, mais qu’importe, ils sont là. Alors servons-nous en. Le fait qu’ils soient au nombre de trois est déjà une information en soi, pleine de sens puisque qu’un maître disait : « Dans trois, il y a trois et il y a trois ». La loi du triangle est universelle et cela signifie, en partie, que chaque pointe n’a de sens que si elle est reliée aux deux autres. Donc plusieurs niveaux d’interprétations, et où j’en suis de ma pratique j’en vois au moins deux, faciles à mettre directement en pratique dans une optique de travail sur l’étiquette : un niveau d’interprétation axé sur la réalisation de la technique et l’autre plus ontologique, lié aux relations entre individus, immédiates ou s’échelonnant dans le temps. Il y est donc question d’étiquette. 

Voici une petite explication non exhaustive des trois concepts :

La vigilance : elle permet de rester en « éveil » du moment où j’entre dans l’espace de travail, jusqu’à ce que le cours cesse. Elle évite les accidents, me permet d’être prévenant, de cerner l’intention, sinon l’amorce d’une attaque. Elle me sert donc autant en termes d’attitude générale, qui va de l’application dans les saluts, les postures d’écoute adoptées, la serviabilité. Mais aussi d’ingrédient consistant de la martialité de mon geste : parce que je suis vigilant, j’absorbe l’agressivité et l’intensité qui m’est destinée au travers de l’attaque sans me faire surprendre ou débordé. Au début, la maintenir tout le temps du cours demande de la concentration, et donc accentue ma fatigue psychique. Après une expérimentation soutenue elle devient une seconde nature et ne demande plus d’effort pour être mise en oeuvre. Le bavardage est l’ennemi de la vigilance.

La distance : chaque instant du geste reprogramme la distance entre les partenaires. Le fait qu’on appelle l’interlocuteur de la technique le partenaire et non l’adversaire, induit un mode relationnel qu’il est nécessaire de codifier, sinon de baliser. Il s’agit d’établir martialement la bonne proximité. Trop loin le mouvement est faux, la distance, donc la faisabilité de la technique, est rompue. Trop prêt, l’un ou l’autre des partenaires, voire les deux, sont en danger de recevoir un coup ou une contre-technique. C’est ici que l’on découvre que la distance relationnelle, si elle nous sert dans le quotidien pour réguler nos relations avec autrui, prend une toute autre consistance dans la martialité. L’intensité perçue du regard, la vitesse de la main qui attaque, la tension des muscles de l’un ou l’autre, tous ces facteurs me font me rapprocher ou m’éloigner du partenaire. A chaque instant, mais aussi dans les préliminaires comme dans la conclusion de la technique. Le fameux moment de l' »immobilisation », qui est sujet à nombres d’interprétations et recommandations sur le placement des mains, la bonne forme, la bonne attitude à adopter, même si le mouvement est terminé, reste une mise à distance du danger provoqué par l’attaquant. Souvent la force de l’immobilisation est proportionnelle à la force corporelle et d’intention du partenaire. Pourquoi ? La distance est physique, concrète, observable, mais elle est aussi psychologique. Ce qui fait toute la difficulté de ce concept c’est qu’il peut-être changeant à chaque instant. Donc, je pratique la distance quand je m’applique à me positionner correctement avant l’attaque, mais je la pratique aussi quand je réfléchis à la bonne forme (debout, assis), distance et fréquence de saluts avec mes partenaires, l’enseignant. A quels moments peut-on souffler, se relâcher, se taper sur l’épaule et à quels autres ils faut remettre dans l’entre-soi une distance « respectable » ? La pratique des armes blanches est un outil formidable pour appréhender la distance, notamment de sécurité, car en l’espèce, tous les temps s’accélèrent, la longueur de l’arme faisant.

1385380_930627963631503_8874568005697484520_n

L’esprit de décision : C’est la capacité à agir au moment opportun. Dans la martialité, il y est question de vie ou de mort, puisque l’économie des mouvements, quand ils sont vraiment martiaux, veut qu’ils soient, si possible, définitifs. Les techniciens appellent cela, avec un sourire carnassier, l’efficacité. Cet esprit est excessivement difficile à développer si on a pas acquis une bonne maîtrise de la vigilance et de la distance, qui sont un peu les préalables pour « mettre un peu de soi » dans la relation qui s’instaure avec le partenaire. On ne décide pas partiellement ou à moitié. La décision est un absolu où tout l’Etre se projette. Et -souvent- le mental ne suit pas : on décide et on s’éloigne, on est alors « plus dedans ». On ne décide pas et c’est alors l’autre, l’altérité, qui décide à notre place. Ne pas décider reste une décision. Le coup s’abat et l’on est pas sorti de la ligne d’attaque. Décider au bon moment n’est pas suffisant. Il faut l’intensité et la présence, la détermination dirons-nous, qui permettra d’avoir suffisamment d’inertie pour transformer le mouvement en ce que l’autre n’a pas prévu. Dans le quotidien du relationnel, dans le cadre de la pratique ou dans la rue, la difficulté est la même : regretterons-nous de ne pas avoir salué au moment précis où cela était pertinent, au risque d’altérer la relation par manque d’expression de ce qui fait notre intention ? Ici les armes sont aussi un accélérateur d’apprentissage, car ne pas décider de se protéger sur un coup de sabre qui s’abat sur notre crâne est toujours lourd de conséquences. Surtout quand vous avez un doute sur le fait que votre partenaire va avoir suffisamment de maîtrise pour arrêter son geste.

Ces concepts sont donc des jauges, des outils qui permettent d’être centré sur ce que l’on peut attendre d’un élève qui applique et intègre complètement l’étiquette dans sa pratique. Cependant ils ne la définissent pas. C’est pourquoi, pour conclure, je me risquerais à vous donner ma définition de l’étiquette. Celle qui me guide dans le quotidien de ma pratique.

L’étiquette, c’est être à sa place. Quelles que soient les circonstances.

Talleyrand

Et rien n’est aussi difficile, dans une société où l’espace vitale des individus se réduit sans cesse, que de prendre conscience, choisir sa place, la conquérir si nécessaire et d’y rester. C’est parfois tout autant difficile de quitter sa place, quand les autres ne vous voient pas dans une autre place que celle-ci. Si l’on ne choisit pas sa place, une place nous sera de toute façon attribuée, comme on colle… une étiquette.

Cela demande en premier lieu de savoir qui l’on est, ce que l’on peut attendre de l’institution où l’on souhaite prendre sa place, ses qualités et ses limites, comme on connait celles qui nous sont propres. Cela demande du lâcher-prise, car il reste toujours des facteurs d’incertitude, de l’imprévu.

L’étiquette n’est donc pas l’application aveugle de rituels exotiques qui mettent de la distance entre les individus, renforce le pouvoir des uns au détriment des autres, c’est un loi humaniste et émancipatrice où le libre-choix est le maître-mot.

Quand elle est appliquée par un collectif, une communauté, elle génère du progrès, de l’harmonie et de l’élévation spirituelle.

 

Adolescents : les sept besoins capitaux

Featured Image -- 1881

Je souhaitais partager avec vous un extrait du livre de Michel Fize « Antimanuel d’adolescence ».

Nous y trouvons la description des 7 besoins capitaux des adolescents. Leur insatisfaction conduit à des comportements agressifs, colériques et même violents.

Lorsque ces besoins sont remplis, les adolescents sont plus aptes à collaborer et à s’épanouir.

Les voici :

Besoin de confiance 

La confiance est inconditionnelle et ne se marchande pas. Celui qui reçoit la confiance peut ensuite la donner aux autres. La confiance ramène l’estime de soi et donne l’envie d’agir.

Besoin de sécurité

Le sentiment de sécurité passe par des repères, des références, des convictions parentales, en aucun cas par l’imposition de limites ou d’interdits, ou par l’autorité, qui ne sont que les expressions du pouvoir. Elle implique de réassurer, de soutenir constamment l’adolescent.

Besoin de responsabilité

L’adolescent a moins besoin d’être responsabilisé que d’assumer des responsabilités à la fois personnelle et sociales. La responsabilité ramène le sentiment d’utilité.

Besoin d’espoir

Ce qui manque le plus aux adolescents dans un monde très exigeant : réussir en classe, réussir en amour, choisir le bon métier.

Besoin de dialogue

Le dialogue est de l’échange d’idées donc de désaccords : penser par soi-même, c’est penser différemment d’autrui. Le dialogue suppose qu’on soit d’égal à égal avec l’autre. Le dialogue est une réponse préventive à la violence.

Besoin d’autonomie

L’autonomie est le pouvoir de choisir soi-même ses règles de conduite, l’orientation de ses actes et les risques que l’on est prêt à courir. L’adolescent doit expérimenter pour grandir : il a donc le droit de se tromper.

Besoin d’affection

L’affection (amour et amitié) est ce qui importe le plus à l’adolescent qui a besoin d’aimer et d’être aimé.

L’adolescent a besoin qu’on lui dise combien il est important pour les autres, pour ses parents surtout. On n’aime jamais assez ni trop.

CHRD Lyon – Expo Génération 40