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[Cultures de l’Imaginaire] Histoire vraie de l’aventurière qui dama le pion à Phileas Fogg.

Nellie Bly : mieux que Phileas Fogg, un tour du monde en 72 jours

Elle a fait le tour du monde en 72 jours en 1889. Son pari ? Être plus rapide que Phileas Fogg, le célèbre personnage de Jules Verne qui, lui, fit « Le Tour du Monde en 80 jours ». L’intrépide journaliste rencontra même Jules Verne en personne à cette occasion !
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[Cultures de l’Imaginaire] Les jeux de sociétés sont ils tendances en 2017 ?

[Emploi – Mobilité] Industries : dans quelle région chercher du travail selon votre domaine d’activité ?

Industries : dans quelle région chercher du travail selon votre domaine d’activité ?

L’emploi a progressé dans toutes les régions en 2016, une première depuis 10 ans ! Mais où chercher du travail quand on fait carrière dans l’industrie automobile, l’agroalimentaire, la mécanique ou encore le bois ? Dans une enquête très détaillée et riche en informations, l’Apec s’est penchée sur les spécificités géographiques de l’emploi industriel, territoire par territoire.

L’enquête de l’Apec, intitulée « Les opportunités d’emploi pour les cadres : des différences selon les secteurs et les territoires » et publiée début décembre, concerne uniquement le marché du travail des cadres français. Mais les grandes tendances qu’elle révèle permettent également de se faire une idée de l’emploi en région pour les non-cadres. Focus sur les industries et leurs spécificités à travers l’Hexagone.

Les industries ont chacune leur région selon le domaine d’activité

Sans surprise, l’emploi se concentre sur quelques territoires, et notamment dans les métropoles, à commencer par Paris qui compatibilise plus de 30 % des annonces publiées sur l’Apec en 2016. Derrière la capitale, on retrouve ensuite Lyon, Toulouse, Saclay, Lille, Nantes, Marseille-Aubagne, Bordeaux, Grenoble, Strasbourg, Rennes, Montpellier et Roissy-Sud Picardie.

Mais quand on y regarde de plus près, la répartition des emplois et des opportunités professionnelles est très différente selon les domaines d’activité. « Dans certains secteurs, comme l’industrie automobile, l’agroalimentaire ou l’industrie pharmaceutique, des bassins d’emploi de taille modeste tirent leur épingle du jeu et proposent de réelles opportunités » indique l’enquête.

L’industrie agroalimentaire : cap au Nord-Ouest

Les offres d’emploi de l’industrie sont réparties entre différents bassins d’emploi, en fonction des secteurs qui y sont implantés. L’industrie agroalimentaire est particulièrement représentée dans le Nord-Ouest, par exemple. D’après l’Apec, Paris arrive en tête des bassins d’emplois pour les cadres de l’agro, devant Rennes, Lille ou encore Lyon, mais si l’on observe la dynamique de ce secteur de manière plus globale, des bassins d’emplois de tailles plus modestes jouent un vrai rôle. C’est le cas de Béthune-Bruay, où l’agroalimentaire est dynamisé par la présence de grands groupes comme Roquette ou Mc Cain. Toujours dans la région des Hauts-de-France, les territoires de la Thiérache et de Berck-Montreuil sont boostés par l’activité des groupes Materne IndustriesMondelez France Biscuits, Les Fromagers de ThiéracheNestlé Purina Petcare…

En Bretagne, les zones de Saint-Brieuc, Rennes et Lorient se démarquent également, grâce à l’entreprise Bigard notamment. Et la région voisine des Pays de la Loire n’est pas en reste avec LDC et Bel implantés à Sablé-sur-Sarthe. Enfin, les zones de Saverne, Forbach et Reims, dans l’Est, tirent leur épingle du jeu avec des usines de fabrication de boissons, tout comme Dax dans le Sud qui accueille Labeyrie Fine Foods, spécialisé dans la transformation et la conservation de poissons, crustacés et mollusques.

L’industrie automobile, aéronautique et des transports : dans les métropoles comme en région

L’industrie automobile, aéronautique et des transports,elle, est présente un peu partout en France, dans des bassins d’emplois de tailles diverses. Les grandes villes comme Paris, Toulouse, Lyon et Strasbourg sont en tête des volumes de recrutements, mais les villes ne sont pas les seules à offrir des perspectives de carrière. Grâce aux usines de Renault et PSA, la zone de Saclay affiche un vrai dynamisme dans le secteur automobile, à l’instar de Toulouse dans l’aéronautique. Cherbourg-Octeville, Saint-Nazaire et Lorient sont des zones où ces industries sont également fortement marquées, avec les entreprises DCNS (devenu Naval Group), Airbus, STX France

Dans les Hauts-de-France, Toyota Motor ManufacturingSevelnordPSA Peugeot–Citroën, ainsi que Bombardier Transport font l’attractivité de Valenciennes, tandis qu’Amiens se démarque par la présence d’importants acteurs de l’automobile et de l’aéronautique. Dans le Grand Est, les bassins d’emploi d’Haguenau et de Molsheim-Obernai sont eux aussi reconnus dans le secteur automobile. Enfin, au Sud, à part Toulouse, seule l’aire de Toulon a une spécificité forte en matière d’automobile-aéronautique et autres matériels de transport.

L’industrie des énergies, de l’eau et de la gestion des déchets : des offres très dispersées

Le secteur, qui couvre l’ensemble des activités extractives (minerais, hydrocarbures…), la production et la distribution d’énergie (électricité, gaz, vapeur…), l’enrichissement et le retraitement de matières nucléaires, le traitement et la distribution de l’eau, mais aussi la collecte et le traitement des déchets, propose de nombreuses opportunités à Paris, puis loin derrière, le bassin lyonnais.

Mais en dehors des deux plus grandes métropoles françaises, « le secteur reste très dispersé » explique l’Apec. Mantes-la-Jolie et sa région bénéficient de l’implantation d’une unité de production de France Plastiques Recyclage, qui appartient à PaprecGroup.

Le secteur énergies-eau-gestion des déchets est également très présent dans d’autres bassins d’emploi, en lien avec la présence de sociétés innovantes dans le domaine. C’est le cas par exemple du bassin d’emploi d’Agen où est localisée la société Fonroche Énergies, spécialisée dans les énergies renouvelables. Même dynamisme pour les territoires où EDF a développé ses installations.

L’industrie mécanique et métallurgique : les petits bassins d’emploi très dynamiques

Si l’on n’observe que les métropoles, c’est à Lyon que le volume d’offres est le plus important dans le secteur de la mécanique et de la métallurgie. Fait très rare pour être souligné, la région de Paris n’est donc pas la plus importante source d’emplois

Plus intéressant encore, de nombreux bassins d’emploi de taille plus modeste proposent des opportunités dans ce secteur. Parmi eux, deux se démarquent particulièrement : Ancenis et Figeac, avec leurs usines deToyota Material Handlingde Manitou BF ou encore de Figeac Aero.

On retrouve également Châtellerault (Thales Avionics, Fenwick), Châteauroux (Montupet), la région d’Istres-Martigues (ArcelorMittal) et du Mans (Claas Tractor). L’Est est, lui aussi, historiquement dynamisé par l’industrie mécanique et métallurgique : vallée de l’Arve, Thionville, Forbach, Charleville-Mézières, Colmar, Villefranche-sur-Saône, Besançon…

L’industrie pharmaceutique : très concentrée sur quelques territoires

Là encore, Paris et Lyon font la course en tête en termes d’offres d’emplois, distançant de très loin d’autres villes comme Strasbourg, Rouen ou encore Nice. Mais en parallèle, ce secteur fait le dynamisme de certains petits bassins d’emploi spécialisés. C’est le cas de Saint-Louis par exemple, en Alsace. Un territoire qui regroupe plusieurs groupes tels que Weleda, DSM Nutritional Products, Delpharm ou encore Novartis. Même configuration en Mayenne, ainsi qu’en Normandie, Centre-Val de Loire et Île-de-France qui font partie du cluster Pôlepharma.

Enfin, la région Auvergne-Rhône-Alpes se démarque avec 3 bassins d’emplois des plus dynamiques : Bourgoin-Jallieu, Genevois français et surtout Lyon. Lyon constitue un berceau historique de l’industrie pharmaceutique, avec notamment la présence du Groupe Sanofi qui y a implanté son siège mondial et a développé plusieurs sites de production. Au global, Sanofi compte environ 6 500 salariés dans la métropole lyonnaise, ce qui en fait le 1er employeur privé du territoire. Les laboratoires Boiron et Bayer y sont aussi implantés, ainsi que le pôle de compétitivité Lyonbiopôle, spécialisé dans la santé.

L’industrie de l’électronique et de l’électrique : de Grenoble, à l’Île-de-France en passant par l’Alsace

Le secteur regroupe différentes activités : la fabrication et la réparation de produits informatiques, électroniques, optiques et d’équipements électriques, ainsi que l’installation d’équipements électriques, de matériels électroniques et optiques. Fin 2016, près de 270 000 salariés y étaient employés.

Premier bassin d’emploi emblématique : Grenoble. De nombreuses grandes entreprises du secteur sont implantées dans la préfecture de l’Isère : ST Microelectronics, Schneider Electric France, Hewlett-Packard… Toujours en Auvergne-Rhône-Alpes, la vallée de l’Arve se démarque elle aussi, avec notamment la présence de Somfy.

En Ile-de-France, Saclay s’érige en pôle majeur de l’électronique grâce aux sites d’Hewlett Packard, Zodiac Data System, Thales… L’Alsace peut également compter sur de nombreuses d’entreprises de fabrication d’équipements électriques : Sew Usocom, Socomec, Osram, ou encore Hager Electro.

En dehors de Grenoble, de l’Île-de-France et de l’Alsace, des opportunités d’emploi dans l’électrique et l’électronique se présentent sur d’autres territoires de France, plus petits. À Cholet, par exemple, on trouve Thales Communications & Security. Toulouse, elle, est la plus grande zone du Sud-Ouest présentant des opportunités dans le secteur (NXP Semiconductors ou TFE). De plus, en 2015, le groupe Siemens y a implanté son activité de métros automatiques.

Source : https://www.regionsjob.com/actualites/industries-dans-quelle-region-chercher-du-travail-selon-votre-domaine-dactivite.html?utm_source=newsletter_candidat&utm_medium=email&utm_campaign=newsletter_candidat

 

[Cultures de l’Imaginaire – Jeunesse] La Malédiction des siècles

Un jeu-enquête pour remonter le temps à la Citadelle 
Jeudi 4 et vendredi 5 janvier 2018, à 14 h, 14 h 20, 14 h 40, 15 h et 15 h 20
Spécial jeunes à partir de 10 ans

Conçu par le Conseil bisontin des jeunes, le jeu-enquête « La Malédiction des siècles » invite à remonter le temps pour aller aider des personnages victimes de malédictions. Dans chacun des siècles (du XVIIIe au XXIe), les joueurs doivent arrêter la malédiction du protagoniste rencontré pour passer au siècle suivant, l’objectif étant de revenir à notre époque.
La partie comporte quatre énigmes indépendantes qui doivent être résolues par groupe de 6 en 66 minutes maximum.

Une animation originale, éducative et ludique pour les jeunes autour de l’histoire du site et des thématiques abordées par ses trois musées.

> Gratuit pour les détenteurs d’un billet ou d’un abonnement Citadelle.
> Réservé prioritairement aux jeunes à partir de 10 ans, sur inscription préalable au 03 81 87 83 33 avec autorisation parentale.

Repenser le code du capital

par Thomas Piketty

Que faut-il penser de la réforme du code du travail défendue par le gouvernement ? La principale mesure, et aussi la plus critiquée, consiste à plafonner les indemnités pour licenciement abusif à un mois de salaire par année d’ancienneté (et un demi-mois au-delà de dix ans). Autrement dit, un employeur pourra librement licencier un salarié présent depuis dix ans dans l’entreprise sans avoir à démontrer la moindre « cause réelle et sérieuse », et sans que le juge ne puisse lui imposer une indemnité supérieure à 10 mois de salaire. Pour un salarié présent depuis trente ans, l’indemnité ne pourra excéder 20 mois.

Le problème est que le coût social du licenciement, en termes d’indemnités chômage et de reclassement, est souvent bien supérieur. Supposé renforcer les incitations à embaucher, ce véritable permis de licencier risque surtout d’accroître le pouvoir arbitraire de l’employeur, de développer un sentiment de défiance peu propice aux investissements à long terme de la part des salariés, et aussi de multiplier les plaintes pour harcèlement ou discrimination (non soumises au plafonnement). Il eût été plus utile d’accélérer les procédures de justice, qui sont scandaleusement lentes en France.

Le plus triste est que le gouvernement n’ait même pas saisi cette occasion pour renforcer l’implication des salariés dans la gouvernance des entreprises. En particulier, la réforme aurait été plus équilibrée si l’on avait décidé dans le même temps d’augmenter fortement le nombre de sièges des salariés dans les conseils d’administration, comme le demandait la CFDT. Cela aurait aussi permis de promouvoir un véritable modèle européen de démocratie économique.

Revenons en arrière. Certains s’imaginent parfois que les règles définissant le pouvoir des actionnaires et des salariés dans les sociétés par actions ont été fixées une bonne fois pour toutes au XIXe siècle : une action, une voix, point final ! En réalité, il n’en est rien. Dès les années 1950, les pays germaniques et nordiques ont mis en place des législations transformant radicalement cet équilibre. L’objectif affiché était de promouvoir la « codétermination », c’est-à-dire un véritable partage du pouvoir entre capital et travail.

Ces règles ont été consolidées au fil des décennies. Actuellement, les représentants des salariés détiennent ainsi la moitié des sièges dans les conseils d’administration des grandes entreprises en Allemagne, et un tiers des sièges en Suède, indépendamment de toute participation au capital. Il existe un très large consensus sur le fait que ces règles ont contribué à une meilleure implication des salariés dans la stratégie des entreprises allemandes et suédoises, et, in fine, à une plus grande efficacité économique et sociale.

Malheureusement, jusque récemment, ce mouvement de démocratisation ne s’est pas étendu à l’étranger autant qu’on aurait pu l’imaginer. En particulier, le rôle des salariés est longtemps resté purement consultatif dans les sociétés françaises, britanniques, américaines. Pour la première fois, une loi française de 2014 a introduit un siège avec voix décisionnelle pour les représentants des salariés dans les conseils d’administration (un siège sur douze, ce qui reste très faible). Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, les actionnaires détiennent toujours la totalité des sièges, même si le débat commence à se faire de plus en plus pressant outre-Manche, poussé par les travaillistes, mais également par certains conservateurs.

Dans un tel contexte, si le gouvernement français décidait d’amplifier le mouvement en introduisant un nombre substantiel de sièges pour les salariés (mettons, entre un tiers et la moitié, de façon à rejoindre l’axe germano-nordique), il s’agirait d’un acte majeur. Cela permettrait de promouvoir une nouvelle norme mondiale en matière de droit des sociétés et, plus généralement, de contribuer à définir une véritable doctrine européenne dans le domaine économique et social, autrement plus intéressante et imaginative que la sacralisation quasi-religieuse du principe de « concurrence libre et non faussée » qui a jusqu’ici caractérisé l’Union européenne.

Des travaux récents de chercheurs européens ont également montré que la réflexion sur la codétermination germano-nordique était loin d’être achevée, et que ce modèle pouvait lui-même être dépassé et amélioré. Pour sortir des jeux de rôle parfois stériles opposant les administrateurs désignés par les actionnaires et les salariés, Ewan McGaughey a ainsi proposé que les membres des conseils d’administration soient élus par des assemblées mixtes actionnaires-salariés. Ils seraient ainsi conduits à défendre des programmes d’action combinant des aspirations multiples.

Isabelle Ferreras a quant à elle défendu l’idée d’un véritable bicaméralisme dans les entreprises, avec obligation pour le conseil des actionnaires et le conseil des salariés de se mettre d’accord et d’adopter les mêmes textes et décisions stratégiques. Julia Cagé a proposé que les droits de vote des actionnaires hégémoniques soient plafonnés et, inversement, que ceux des petits actionnaires et autres « crowdfunders » soient majorés d’autant. Initialement conçu pour les sociétés de médias à but non lucratif, ce modèle basé sur une relation non-proportionnelle entre apports en capital et droits de vote pourrait être étendu à d’autres secteurs.

Tous ces travaux ont un point commun : ils montrent que la réflexion sur le pouvoir et la propriété, que l’on a crue un instant éteinte après le désastre soviétique, ne fait en réalité que commencer. L’Europe et la France doivent y prendre toute leur place.

Source : Repenser le code du capital

[Cultures de l’Imaginaire] Nantes accueillera le Burning Man Europe, en avril

Dans le désert du Nevada, le festival Burning Man rassemble chaque année de drôles de créatures.
Dans le désert du Nevada, le festival Burning Man rassemble chaque année de drôles de créatures. REUTERS archives

Ce séminaire, qui rassemblera les réseaux européens du festival déjanté du Nevada, aux Etats Unis, se déroulera à Nantes, entre les 5 et 8 avril 2018.

Après Barcelone l’an dernier, c’est Nantes qui accueillera les rencontres européennes annuelles du festival Burning Man. Sur son compte Twitter, Les Machines se félicitaient ainsi, samedi, de la nouvelle. « C’est officiel ! Nous accueillerons le @burningman European Leadership Summit du 5 au 8 avril 2018 ».

La nouvelle intervient alors que patron des Machines de l’île de Nantes, Pierre Orefice, avait lui même été invité à Burning Man l’été dernier. Le festival déjanté rassemble chaque année près de 70 000 personnes dans le désert du Nevada, le temps d’une semaine où se mêlent véhicules, costumes et créations artistiques délirantes.

Source : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/nantes-accueillera-le-burning-man-europe-en-avril-5440278

Quand la pauvreté progresse à nouveau en France

Alors qu’elle baissait régulièrement depuis les années 70, la pauvreté progresse de nouveau en France. La crise de 2008 en particulier a fait des ravages. Les chiffres qui suivent témoignent de l’ampleur de retournement de situation.

Pauvreté2017

[Politiques Jeunesse] « La jeunesse a besoin d’une réelle politique transversale et universelle »

Antoine Dulin

Antoine Dulin – Capture d’écran France 2

Antoine Dulin, vice-président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), est co-auteur d’un récent rapport qui préconise « un choc de simplification en faveur de la jeunesse ». Il s’interroge sur l’absence d’un ministère dédié à la jeunesse, et veut y voir l’espoir qu’enfin les politiques jeunesse soient abordées de manière transversale pour une meilleure efficacité.
Dans nos colonnes, Antoine Dulin, co-auteur d’un rapport remarqué sur l’insertion sociale et professionnelle des jeunes dresse les grands travaux auxquels doit s’atteler la présidence Macron et revient sur le bilan contrasté de François Hollande.

Il n’y a pas de ministère dédié à la jeunesse dans le gouvernement d’Edouard Philippe. Est-ce que cela vous inquiète ?

Edouard Philippe, dans sa ville du Havre, a misé sur la politique jeunesse. Il est conscient de son importance. Je ne suis donc pas particulièrement inquiet. Je m’interroge en revanche sur la façon dont sera envisagée la politique jeunesse de ce quinquennat. Est-ce un oubli ? Attend-on le résultat des élections législatives pour structurer une politique jeunesse transversale et universelle ?

Je veux voir dans le fait que la jeunesse ne soit pas rattachée aux sports et à la vie associative, le signe d’une volonté de la considérer de manière transversale et interministérielle, et non plus seulement à travers le prisme du temps libre et de l’accès aux loisirs. L’enseignement, la formation, l’emploi, les affaires sociales, le logement… tout cela concerne aussi les jeunes ! N’oublions pas qu’un jeune sur cinq est en situation de précarité.

Je veux voir dans le fait que la jeunesse ne soit pas rattachée aux sports et à la vie associative, le signe d’une volonté de la considérer de manière transversale et interministérielle.

La jeunesse vit-elle mieux après le quinquennat de François Hollande ?

François Hollande a certes placé dès le départ une priorité sur la jeunesse. La vraie question est de savoir comment il est passé du discours aux actes. Des choses ont évoluée depuis cinq ans. Il y a eu plusieurs comités interministériels à la jeunesse, un délégué interministériel à la jeunesse a été nommé, et on a vu émerger un très bon dispositif : la garantie jeunes expérimentée pendant 3 ans à partir de 2013 et qui est devenu un droit généralisé à l’ensemble des jeunes ni en emploi ni en formation. Il y a aussi eu une revalorisation des bourses…

Mais il a manqué un véritable récit, une stratégie, un cap sur la jeunesse. Il a fallu cinq ans pour que naisse le Conseil d’orientation des politiques jeunesse. François Hollande avait dit : « les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 », mais cela ne fait pas pour moi une politique. Ce que l’on peut attendre du nouveau quinquennat, c’est une vraie politique qui prenne en compte la jeunesse comme un nouvel âge de la vie, que nous soyons capable de revoir notre modèle de protection sociale, notre système de solidarité intergénérationnelle et notre façon d’appréhender la jeunesse dans les politiques publiques.

François Hollande avait dit : « les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 », mais cela ne fait pas pour moi une politique.

Le premier ministre Manuel Valls vous a confié en mai 2016 une mission sur les simplifications des politiques de jeunesse. Quelles préconisations faites-vous dans votre rapport publié en mars 2017 ?

Nous avons dénombré 438 critères d’âge entre 16 et 30 ans dans la réglementation nationale avec des choses totalement farfelues ! Il faut ainsi avoir 23 ans pour être candidat au diplôme professionnel de « meilleur ouvrier de France », 24 ans pour devenir sénateur ! La majorité civile est à 18 ans. Le contrat jeune majeur cesse à 21 ans pour les jeunes sortant de l’aide sociale à l’enfance . Ils n’accèdent à leur premier emploi stable qu’à 27 ans. La jeunesse, c’est un parcours d’acquisition progressif vers l’autonomie et l’insertion sociale et professionnelle. Les politiques publiques n’y sont pas adaptées. Il faut parvenir à moduler cet accompagnement en fonction des besoins des jeunes — affectif, social, éducatif…— et non selon des critères d’âge et de statuts.

Que proposez-vous concrètement dans votre rapport ?

Ce que nous proposons dans notre rapport est de garantir aux jeunes un revenu minimum à partir de leur majorité,  ouvert sous conditions de ressources. La garantie jeune pourrait constituer le socle de ce revenu garanti, équivalent au montant du revenu de solidarité active (RSA), avec à la clé un suivi intensif et collectif et un contrat qui engage le jeune et ceux qui le suivent. Cette allocation n’est pas de l’argent de poche, mais permet au jeune d’être indépendant, dans une logique d’accompagnement global, à la fois social et professionnel.

Dans l’état de nos finances publiques, en a-t-on les moyens ?

Pour les jeunes ni en emploi ni en formation, il s’agit d’un investissement de la collectivité publique. Plus un jeune est accompagné tôt, plus vite il regagne son estime de soi, nécessaire pour trouver un emploi. Une étude menée dans l’ancienne région Rhône-Alpes a montré qu’il fallait près de 28 mois à un jeune sorti du système scolaire pour parvenir jusqu’à une mission locale ! Entre-temps, il est laissé sans réponse.

C’est aussi une question de survie pour notre solidarité intergénérationnelle. Pourquoi les jeunes payeraient-ils volontiers des impôts et cotiseraient-ils pour les retraités s’ils n’ont pas été soutenus au moment charnière de leur parcours vers l’indépendance ? Investir dans la jeunesse, c’est une façon de dire aux jeunes les moins qualifiés et qui se sentent exclus : « nous avons confiance en vous et nous misons sur vous pour l’avenir de notre pays » !

Pourquoi les jeunes payeraient-ils volontiers des impôts et cotiseraient-ils pour les retraités s’ils n’ont pas été soutenus au moment charnière de leur parcours vers l’indépendance ?

En cinq ans, on ne peut pas dire que le mille-feuille des politiques jeunesse se soit beaucoup réduit. Que proposez-vous en matière de gouvernance ?

Effectivement, la garantie jeune rajoute un droit et un dispositif mais n’a pas permis de mieux coordonner les multiples acteurs. Tout d’abord, il faut un changement culturel sur l’animation interministérielle. Nous plaidons pour un secrétaire d’Etat placé auprès du premier ministre ou pour un haut commissaire. Au niveau des territoires, si l’occasion n’a pas été saisie au moment de la loi Notre de confier à la région la coordination des politiques jeunesse, c’est maintenant chose faite avec la loi Egalité et citoyenneté du 27 janvier 2017 qui pose la région comme chef de file de l’animation des collectivités territoriales en matière de jeunesse.

Elles sont déjà en charge du développement économique, de l’orientation, de la formation professionnelle, de l’apprentissage, du bâti des lycées. Structurellement, ce sont bien elles qui peuvent imaginer un schéma stratégique concerté en matière de jeunesse. C’est à elle de donner une ambition régionale pour les jeunes.

Ne pensez-vous pas qu’un échelon plus proche des jeunes pourrait mieux parvenir à impulser ces logiques ?

Il faudrait ensuite en effet une troisième couche, au plus près des territoires : un bassin de vie, un bassin d’emploi, voire un département, pour coordonner cette politique jeunesse. Les missions locales pourraient se charger de la coordination des acteurs. A l’image des « carrefour jeunesse emploi » du Québec, nous pourrions expérimenter des pôles jeunesse qui rassemblent les réseaux info jeunesse, les missions locales, les Centre d’information et d’orientation (CIO), et tous les autres réseaux à destination de la jeunesse… tout en gardant un objectif d’insertion sociale et professionnelle pour les plus éloignés de l’emploi.Et pour faciliter l’accès aux droits, nous proposons de mettre en place un « rendez-vous des droits », sur le modèle de celui qui est proposé aux allocataires du RSA, qui permettra à tout jeune de faire le point sur ses droits sociaux (aides au logement, allocations familiales, aides attribuées par les collectivités territoriales…) au moment de sa majorité.

Source : http://www.lagazettedescommunes.com/507076/la-jeunesse-a-besoin-dune-reelle-politique-transversale-et-universelle/

[Economie sociale] Editorial de l’association Ressources Solidaires du 25/05/2017

illusMEp2Le Gouvernement a pris ses marques maintenant, le premier conseil des Ministres a eu lieu. On connaît les noms des Ministres, des Ministères, mais pas toujours le périmètre d’intervention. Par exemple, le Ministre de la jeunesse n’existe plus (Auparavant, souvent lié aux sports). Il semblerait qu’il soit rattaché à l’éducation nationale. Mais il n’apparaît pas en tant que tel. Et l’ESS ? Plus de Ministre délégué, plus de secrétaire d’Etat. Pourtant, le programme d’E. Macron pour l’ESS existe, il y avait des conseillers fort expérimentés dans son entourage, on peut donc penser qu’il y aura une politique sur le secteur. Probablement plus encore que ces dernières années, tournée vers l’entrepreneuriat social et l’économie de la réparation. Soit. De toute façon, comme nous le disions la semaine prochaine, la France mérite que les volontés s’agrègent pour la sortir de ce marasme.

Le CJDES anime depuis plusieurs années des groupes de travail sur différents sujets liés à l’ESS. Le sujet de la gouvernance dans notre secteur est essentiel pour le renouvellement, la mise en conformité des pratiques et des discours et le renforcement de nos spécificités. Le rapport de ce club « Gouvernance » a été présenté récemment.
A propos de gouvernance, celle de Coop Europe a changé il y a peu. On va parler français à la présidence puisque Jean-Louis Bancel en a pris le mandat. Doit on présenter Jean-Louis Bancel ? Diplômé d’HEC et de l’ENA, il a travaillé à la Direction des Assurances du Ministère de l’Economie, des Finances et du Budget, a été directeur de cabinet de Véronique Neiertz secrétaire d’Etat chargé de la Consommation. Ancien directeur général de la Mutualité Française, secrétaire général du GEMA, il est actuellement président du Crédit Coopératif depuis 2009, de l’Association internationale des banques coopératives depuis 2007 et de Coop Fr.

Le candidat Macron avait parlé de permettre de toucher l’indemnisation chômage en cas de démission dans la limite d’une fois tous les 5 ans. L’objectif était de faciliter la mobilité. Capital a étudié la proposition de « droit au chômage après démission » et met en avant que le gagnant ne serait pas celui qu’on pourrait croire !

Comment les pratiques du secteur social et de la santé peuvent servir au développement des entreprises ?

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De par les multiples définitions qui peuvent en découler, il semble important d’expliciter ce qui est entendu par « milieu social » : il s’agit d’un milieu où l’argent n’est pas le moteur, l’engagement et la motivation faisant davantage avancer les choses. Si ce milieu peut à première vue apparaître éloigné des préoccupations des entreprises (chiffre d’affaires, rentabilité, management etc), il est pourtant riche d’enseignements pour le développement des entreprises.

L’importance de l’analyse des pratiques pour avancer ensemble

Dans le milieu social, le travail d’explicitation des problèmes mais aussi des compétences au sein d’un groupe de travail s’avère essentiel. Identifier une difficulté n’est pas chose aisée : le problème n’est pas toujours celui qui apparaît comme une évidence, donc la solution proposée ne sera pas forcément la plus simple ! Une question posée de la bonne manière a toutes les chances de trouver une réponse adéquate. Bien souvent, c’est ce défaut d’explicitation qui fait que l’on tourne en rond sans trouver ou même chercher vraiment de solution. Une fois les atouts ou difficultés identifiés, des outils sont mis en place dans le but de résoudre ces problèmes mais également de renforcer la cohésion d’un groupe ou encore de développer les compétences.

Dans cette compréhension des forces et des faiblesses d’une organisation, les émotions ont toute leur place. Au lieu d’ignorer des émotions (colère, angoisse, peur…) qui peuvent se traduire par des blocages (repli sur soi, agressivité, démotivation…), mieux vaut les prendre en compte pour en faire des atouts. En effet, les émotions apparemment négatives qui traversent les salariés interrogent le collectif, traduisant souvent l’attachement et la motivation au travail déçu. Le travail d’explicitation de ces émotions permet dans de nombreuses situations de retrouver le goût des compétences mises en œuvre dans la fonction et le plaisir des interactions dans le travail.

Par ailleurs, la prise en compte des compétences, encore plus leur valorisation, est primordiale. Les compétences sociales sont ainsi renforcées, de par la considération qui lui est accordée. L’explicitation des compétences techniques peut en effet souvent permettre la mise en lumière de la réalité du travail effectué, valorisant « le tour de main », c’est-à-dire l’expertise développée au fil du temps ou des expériences. Or il n’est pas rare que la personne elle-même n’en ait pas réellement conscience. Cela lui permet alors de mesurer sa marge de progression par un effet réflexif d’une part (l’autoanalyse) et symétrique d’autre part (le regard des autres). C’est également essentiel dans la transmission des compétences (tutorat par exemple…)

Quels enjeux pour la transposition dans l’entreprise ?

Dans le cadre des startups, le développement parfois rapide du collectif peut entraîner des obstacles car l’organisation doit faire face sur tous les fronts, que cela concerne le développement clientèle, technique ou encore matériel. Toutes ces tâches concomitantes évacuent les temps de repositionnement ou ne permettent pas de prendre la juste mesure des enjeux. Des blocages peuvent alors apparaître par la non prise en compte du vécu de chacun et du collectif. La culture initiale entrepreneuriale peut donc être mise à mal alors que la culture d’entreprise reste encore à construire. L’accélération dans laquelle se vit parfois le succès peut paradoxalement devenir pénalisante pour le développement.

Les « organisations gagnantes » jouent sur la juste place de chacun, sur des interactions permettant fluidité et innovation, sur la construction des compétences collectives, en capitalisant sur une communication positive des salariés. Ce constat est d’autant plus fort avec l’importance croissante des réseaux sociaux qui peuvent faire de chaque membre du collectif un ambassadeur de l’organisation.

Conclusion : Le collectif, valeur ajoutée des compétences individuelles

Dans la société actuelle traversée par des doutes et des émotions fortes, l’attachement à la compétence et à un collectif serein constitue une vraie force de frappe pour l’organisation. Cela est d’autant plus important que le travail doit être considéré comme une occasion pour développer des compétences, des interactions sociales ou des innovations, atouts de taille dans la société française aujourd’hui confrontée au scepticisme sur son avenir.

Anne-Marie Boyer — Consultante Ingénierie sociale